CONCLUSION
Arrivé au terme de mon travail, je ne m'en dissimule ni les imperfections sous le rapport du style ^) et sous celui de la typographie,') ni les lacunes considérables qu'il présente. Mais le lecteur bienveillant, et aussi le critique impartial n'oublieront pas que mon but a été d'ouvrir une carrière nouvelle à la science égyptologique et de poser les fondements de l'édifice chronologique. Les premiers pas sur ce terrain inconnu jusqu'ici peuvent trahir parfois quelque incertitude, sans que le résultat se trouve compromis. Ce résultat, c'est ma découverte des emblèmes des douze mois égyptiens, des cinq jours épagomènes et du (quart du) jour intercalaire. J'ose espérer qu'on admettra mes vues k l'égard de l'année fixe, la quelle remonte, d'après mes recherches, au moins jusqu'au règne de
Séthosis r^
On s'attendra à ce que je fasse mention ici de l'ouvrage de M. Brugsch: ^^Matériaux pour servir h la réconstruction du calendrier des anciens Egyptiens^^ Je n'en ai cité que quelques notes, non pas parce que je n'admets pas ses résultats, mais seulement pour laisser intact le fond de mon travail, composé avant la publication de celui de M. Brugsch. On verra par là que nous sommes arrivés aux mêmes conclusions, quoique la voie et même la base de nos recherches soient tout-à-fait diflférentes. Cette coïncidence de résultats se borne, il est vrai, aux deux années fixes: Tannée sothiaque et l'année civile, et à l'année vague; mais comme ce sont là les formes proprement égyptiennes de l'année, on conviendra que ces résultats méritent quelque attention. J'attache moins d'importance à ma découverte de la phonétique des mois; toutefois, je n'ai pas abordé cette question épineuse sans avoir réuni les moyens de preuves indispensables, desquels il résulte que l'année égyptienne a eu, dès le principe, un caractère agricole.
Plût à Dieu que le cercle des connaisseurs de l'égyptologie s'élargisse davantage,
et que cette science ait toujours d'aussi bons critiques que M. Chabas (Mélanges I et
II), pour être sur ses gardes contre les systèmes arbitraires.
') L'ouvrage a été composé en français dans Tespoir d'y pouvoir employer les beaux caractères hiérogl. de Paris. ') L'imprimerie n'ayant pas à sa disposition des types hiérogl. ni des caractères coptes, il a fallu rec(»urir aux transscrip tiens.