‹ Les zodiaques de Denderah: mémoire où l'on établit que ce sont des calendriers commémoratifs deChapitre 5 sur 26 · INSCRIPTION CIRCULAIRE. (PI. I · texte numérisé non relu

INSCRIPTION CIRCULAIRE. (PI. I

Autour du zodiaque circulaire se trouve une inscription hiéroglyphique que les huit groupes des caryatides (mâles et femelles) divisent en autant de sections. On

*) Comp. la momie de Pétémenopbis où le signe du Capricorne a été retiré de la série des autres signes zodiacaux, dans un but astrologique (Letronne: Analyse p. 58).

') Ibidem. M. Wescher (Revue arch. Juin 1864 p. 421 et Septembre p. 220) a trouvé une inscription grecque, datée de Tan 19 == 4 de Cléopâtre sur un monument dédié à Antoine.

') Voyez Plut in Anton, où il dit: Cléopâtre = "Icftr, ses fils = "HXios naï 21iXijvr) \ Antoine = "Oaipiç. Mais il se peut aussi, qu'on ait voulu désigner Jules-César^ mort depuis l'an 44, sous le nom d'Osiris; car il était censé être le père de Césarion.

y distingue trois fois la même expres^on commençant ime phrase : „le ciel <for". D faut se garder de considérer cette répétition de la même formule comme une puérilité^

puisqu'elle nous ofllre trois commencements de dliTérentes

années. En voici la traduction:

,,Le ciel doré; le !| ciel doré d'Isis Ij la grande, la divine mère, la dame |j de Tentyra, la principale d'Ane (Qené?); le ciel doré |j des grands dieux des étoiles: Horus fils d'Isis |j de Tétoile divine du matin; Sokar (le dieu) de l'étoile solaire; || Ahi, de rétoile de Sotep-an(?); Osiris de l'étoile Aali (Lunus); || Sahou (Orion) de l'étoile du dieu; la divine Sothis de l'étoile d'Isis, laquelle les fait entrer et sortir; laquelle est honorée dans la vallée (?)"

Suivons la marche de l'inscription, pour en saisir le sens et pour en expliquer les particularités.

D'abord „le ciel doré'^ ne peut désigner autre chose sinon le plafond et le zodiaque lui-même. En diverses parties on distingue encore des étoiles peintes en or sur fond bleu.*) Donc mon opinion se recommande k plusieurs titres. Nous savons que la chambre sépulcrale, ornée pour la plupart de peintures et de sculptures, porte constamment le nom à'à „mais(yn dorée'* '^) (pi. Il, 3).

Les sections que ce ^^ciel dor&' répété trois fois, constitue dans l'inscription^ circulaire, sont de la plus haute importance. Car ce passage du texte doit représenter, avant tout, le commencement de la légende entière^). C'est quelque Chose pour l'intelligence des groupes; mais beaucoup plus pour la connaissance du vrai caractère de la représentation.

Première section. Le lecteur attentif remarquera, au - dessus de ce commencement du texte, auprès de la main gauche de la Caryatide du Sud, un grand disque ou plutôt un globe,' au milieu duquel sont accroupis huit hommes, les bras liés sur le dos.

') LetroDne: Analyse critique p. 23 et 33.

') Le rhéteur Aristide rapporte que le nom identique de la ville Kâv(sùfios se traduit par Xpvdovv \baq>o$ ^yseuil dor^^ et n'a rien de commun avec le pilole deMénélalis. „CAenf-Aa-wow J*' est le titre d'Osiris; dieu de la région funéfaire par excellence.

') M. Brugseh commence par „fc« grands dieux^^, tout en avouant qu'il est difficile de trouver le point de départ. Z. d. DMG. X. 667.

— là —

La scène se trouve immédiatement au-dessous du dëoan ^/xî), précisément entre le Capricorne et le Verseau. Sur le zodiaque d'Esné '), k la place correspondante, on voit neuf personnages du même genre, placés au milieu de6-(-6-(-9-j-9==^30 couteaux. Il s'agit évidemment, des 30 jours du mois, dans lequel s'opëre le SOlstIce d^hlver^ représente parle bOllC d^ApIté^ s'arrêtant en sens inverse le long de la ligne qui s'étend du centre au point où se trouve la Caryatide du Sud. Le soleil dans sa marche victorieuse surmonte tous les obstacles, réprésentés tantôt par la figure du grand serpent Apophis, tantôt par un homme vaincu, qui le remplace. Ainsi on voit à Edfou f,le dieu Horus {le soleil) tuant avec un épieu un homme barbu, les bras liés par derrière, étendu la face contre la , terre/' '^) Ce fait-là, répété 8 ou 9 fois, indique autant de jours. Or, les deux monuments dont je viens de parler, sont évidemment de répoque romaine, et les Romains, du moins selon le calendrier de Jules -César, plaçaient leur bruma (brevissuma dies), c'est-à-dire, leur solstice d'hiver, précisément huit jours avant les Calendae Jaùuariae. ^) La première section de Tinscription circulaire nous donne donc, à coup sûr, le COinilieilCenieilt de Taoïlde ronialne. Il faut se rappeler aussi, que la région du Sud où cette précieuse indication se trouve, forme pour les Egyptiens le point de départ, quand ils énumèrent les 4 points cardinaux. C'est donc par une sorte de déférence envers les maîtres du pays qu'on a donné à l'année romaine la place principale dans le calendrier.

Deuxième section. La deuxième fois, la légonlj „le ciel doré'' est entrecoupée entre l'article et le substantif. Cela indique qu'il faut mener la ligne vers le centre à partir du point où les bras étendus des personnages accroupis se croisent. C'est le point de l'E s t à l'égard du monument. La ligne touche le B é 1 i e r et l'oeil A n i ;

elle coupe en deux le cynocéphale assis^ symbole de réf|aluoxe Ternai"^)*

Letronne: Analyse crit d. repr. zod. pi. IV. *) Sur le zod. rectangulaire c'est VàvS'iJwjtoç aKf'- ^aAof (Horapollon l,b8) qui indique que le soleil est station naire. ^Brugech: Monuraenspl. XII pag. 18.

*) Servius in VIL Aenéid. V. 720: y,Proprie Sol navus est octavo Kalendas Januarias, id est^ die XXV. Decembris, * Eodem die celebratur Bomae Natalis Solis invidtt^\

*) Horapollon I, 16: Uat^juep iaç bvo jzdXiv ^i^uaii^oiTeç, Kvvoni^ aXov na^t^juevov i<M)ypafovOiv^ Je reviendrai plus tard sur cet important témoignage.

Voilà un alignement très rigoureux pour marquer le COmmeiieeilieilt de Vtkmnïée

astronomique. Je me dispense de produire les preuves de l'assertion que les astronomes d'Alexandrie commençaient l'année par le Bélier (k/jioç); ce serait oflFenser le lecteur instruit. Mais est -il présumable que les astronomes du pays y soient étrangers? A quels autres auteurs et dessinateurs faudrait -il l'attribuer? Eu projetant le plan du zodiaque, les astronomes n'auront pas oublié de marquer le commencement de leur année scientifique.

Troisième section. Pour la troisième fois nous rencontrons le passage „le ciel doré'' aux pieds du décan Kvovuij^. C'est l'extrémité supérieure de la ligne du IVord VPai« Comme cette ligne passe par l'étoile de la Tache Sothls^ couchée dan$ sa barque, il n'y a point de doute que nous n'ayons ici le COIIinieilCenient de rann^e SOthlaqne^ ^insi que je l'ai déjà indiqué plus haut. En outre, les légendes des Caryatides du Nord et du Sud étant plus complètes que celles des deux autres, cela me semble indiquer que l' année sothiaque qui est désignée par la ligne correspondante, doit être regardée comme la principale. Le zodiaque rectangulaire nous oflfrira la même particularité distinctive.

Mais en prenant le point milieu des deux personnages accroupis qui soutiennent le point du Nord à l'égard de l'orientation du plafond, et en menant de -là une ligne vers le centre, cette ligne longe le Cancer, traverse la colonne surmontée d'un épervier avec le Pschent — ce que je prouverai être l'emblème du premier mois égyptien Thôt —

et nous fournit ainsi le comiiiencenieiit de Tannée fropif|ne.') En effet,

la distance entre Thôt et Sothis répond assez rigoureusement à la différence entre le 21 Juin, jour du solstice d'été, et le 20 Juillet, jour fixe pour le commencement de l'année sothiaque.

*) Porphyr. de antro Nyraph. : AiyvKtioi^ 6i àpx^ ïrovs ov>x 'Tbpoxôos , ws 'Pw/Liaiois (comparez plus haut), dXXà Kapnivou TIpos yàp rce) FlapKivw if £wSif, jfv icvi^of dxiripa "EX- Xi^vff q)Q^iv. ]SovfLir)via Si avrols i) 2^oûSicos àvaroXif etc. Cf. Vettfus Valeus: . , . in r^f vov-^ fni)vias xov 0(tt>S . . . h'Siv yàp rt)v âpxf}v toi? irovs inoii)^avro (Alyvnriot) ' ^vainwTfpov 8i Kai iKKvvôçdi^aroX^ç» m

Voilk donc quatre commencements de différentes années, projetés géométriquement par les auteurs du zodiaque et nettement définis.

Un cinquième COmmeilCenieilt nous est présenté par la figure assise du dieu solaire au«dessus du lion zodiacal, précisément au milieu du dos. Gomme cette figure répond à l'emblème du mois Phaophi, (voir plus bas) et que sa position est diamétralement opposée k celle des autres figures — «lie regarde le quart de bœuf, symbole de Tintercalation et par conséquent de l'année fixe — il faut y voir le représentant de VBMknéc aieSLandrlne fixc^ laquelle commence le 29 Août julien, c'est-à-dire, le 11. Phaophi de l'annëe sothiaqae.

Beste k savoir, si le coiBiiieiiceiiient de Tannée niacédonlenne

a été indiqué aussi. La présomption plaide en faveur de cette hypothëse. Car sur les monuments de la période ptolémaïque, par exemple, au préambule de l'inscription de Rosette, la date macédonienne se trouve immédiatement avant la date égyptienne, n est donc k présumer, que Tannée macédonienne n'a pas été oubliée sur un monument de la reine Cléopâtre, dernier rejeton de la souche ptolémaïque.

Si nous menons, k travers le milieu de la Caryatide de l'Ouest, une ligne vers le centre, elle tombe sur le milieu de la Balance, signe zodiacal de F^qul*

Boxe aatomnal oife les Macéiloiilens commençaient leur année.

Maintenant, il faut faire attention au chacal qui semble marcher sur le disque de la Balance. Cet animal est partout rendu par Ximo^ et Ton sait que Xvnà&a;^^ synonyme de Iroç (année), est précisément d'origine macédonienne.*) Au-dessus de ce chacal marchant, on voit un jeune enfant assis, le doigt à la bouche; au-dessous de lui, au milieu du disque qui plane sur la Balance, est un autre petit enfant, dans la même attitude. Je prouverai tout à l'heure, que le premier de ces deux enfants répond à

la légende Ahi (pi. H, 4) de l'inscription circulaire, et appartient, comme héritier

du trône sur lequel il est assis, à la famille régnante. L'autre au milieu du disque, est le Soleil de l'équinoxe automnal, figuré ici dans Tâge tendre, pour faire allusion au commen*cement de Tannée macédonienne.

Sturz: de dialecto Macedonicâ p. 153.

Mais de la même manière, que dans l'inscription de Rosette, la date égyptienne (Mex^ip) est placée après la date macédonienne (SavbiKov)^ nous voyons ici, après la fialance sur le fléau de laquelle est posé le soleil de Téquînoxe automnal, une barque qui , contient le dieu Soleil à tête d'épervier surmontée d'un disque. ') C'est le symbole ou l'emblème de rauilée Vag^ne des Egyptiens. En effet, le premier Thôt vague coïncidait pour la deuxième fois,'^) l'an 36 avant Jésus - Christ , avec le premier Septembre du calendrier fixe. Cela expliquera distance du dieu hiéracocéphale de la Balance.

Voilà donc sept différentes années: romaine^ astronoiufqne^

tropique^ sotliiaque, alexanilrine, macédonienne , Tagne, indiquées par leurs commencements sur le précieux zodiaque de Denderah.

Quant à la légende Ahî, déterminée par un jeune homme avec les attributs du pouvoir royal, je la rapporte à l'héritier du trône, parce que, dans le zodiaque rectangulaire, le même A h i , d'ailleurs connu comme fils d'Hathor, dame de Tentyra, remplace le décan Kvovjutf^^ c'est-k-dire, le premier de la série. Les jeunes princes romains étant pour l'ordinaire, ,/prtnctpes juventtUis^'^ on conçoit, comment Cajus Caesar (Caligula) put entrer dans un monument, qui était destiné à représenter le thème généthlîaque (17. Novembre) de Tibère.

C'est sans doute d'une manière analogue qu'on a voulu représenter ici Césarion sous la figure d'Ahi; car les autres personnages nommés dans l'inscription circulaire, correspondent parfaitement avec Cléopâtre, Antoine -et leurs enfants. Cléopâtre, c'estlsis, l'alpha et l'oméga du texte. Osiris-Sokar-Orion, c'est Antoine et (ou) Jules- César. Ahi, c'est Césarion. Harsiésis et Aah (Lunus) font allusion aux deux enfants aînés d'Antoine et de Cléopâtre: 'HXio^ nai 2léXijvrf. Le plus jeune de tous: Ptolémée, auquel on avait destiné l'Arménie,^) nous apparaîtra bientôt sur les bras de la déesse Hathor.

*) D'après le dessin de M. Denon. D'après les autres, ce seraient deux cornes.

*) Voir: Junker: Untersucbungen liber die Sothisperioden. Le calcul peut être fait indépendamment.

Champollion-Figeac: Annales des Lagides II, 352 sqq. D'après ce même auteur, Cléopâtre avait de son frère aîné un fils plus âgé ; mais il ne régna jamais et mourut sans, honneurs (p. 340).

Quant à la marche de rînBcrîptîon., je crois quW a voulu imiter le j o u r égyptien. C'est pourquoi „le dieu du matin*^ (la planète Vénus) ouvre la série; Se hou, le soleil rayonnant et brûlant du midi, se trouve au milieu, sous la tutèle de Sokar qui forme aussi le milieu de la triade Ptah-Sokar-Osiris; enfin la lune, Orion et Sothis désignant la nuit, terminent la procession.

§. 5. DÉCAKS*) ET PLANÈTES. (pL UI, h; VI, a, b, e.)

J'ai déjà parlé du décan PC"Sloa"Oa& ^J! étoile unique'* ^ comme formant précisément le milieu de la circonférence, parce qu'il faut partir du décan Kvovjuij^ qui est le premier dans toutes les listes. Or. les déCADS figurent, sur les zodiaques, principalement dans leur rôle secondaire, c'est-à-dire, comme représentants des 36 drf- Cades de l'année égyptienne. Donc ce „Pe-stoU'Oua'' doit ici représenter le (quart du) Jour IntePCalalre. Je démontrerai plus loin que l'intercalation dans l'année fixe se faisait précisément entre les mois de Méchir et de Phaménoth, c'est-à-dire, au milieu de l'année. A partir du l?!! Thoth

dans le calendrier el¥li (= 99 Aoât)^ on compte 6 x 80 =z 180 Jours Jusqn^au Jour intercalaire. liC même Intervalle se trouve entre le 99 Août et le 94 Février^ Jour bissextile ches les Romains et même dans nos calendriers! Cela me conduit aux

cinq Cipagomènes. Eux aussi doivent avoir leur décan, quoiqu'ils ne constituent qu'une demi-décade. En eflfet , le dessin de M. Denon présente, entre les Décans TdjuL et OvéarCj un autre décan appelé Toum-cher, que les autres copies n'ont pas reproduit. Avec celui-ci le nombre s'élève à 38 , dont 36 appartiennent aux 36 décades, un à la demi-décade des 5 jours épagomènes, et un au (quart du) jour intercalaire. Ce qui me confirme dans cette vue, c'est le fait que, sur le zodiaque rectangulaire, il y a un 39= décan') tout petit, représenté dans une petite nacelle par un serpent sortant d'une fleur. 11 est en face de l'empereur Tibère coiffé du Pschent et se trouve au-dessous de la date emblématique 17/11, c'est-à-dire: le 17 Novembre,

*) Voir Lepsias Chronologie p. 68, 69, V. ') J'y montrerai même la trace d'un 40^.

jour natal de ce prince. Je crois que c'est le serpent sit et le dëcan -2/r qui figure à la tête de la liste dHéphaestion et qu'il représente Tlieure natale.

Quant aux CioQ planètes ^ elles occupent, sur le zodiaque circulaire, les positions suivantes:

M. Lepsius^) qui prit la planète de Saturne, laquelle est entre la Vierge et la Balance, pour celle de Jupiter placée entre, les Gémeaux et le Cancer, la trouva, d'après le calepin astronomique, répondant à Tan 46 avant notre ère. Or, la vraie position de Jupiter^) étant en arrière de dix signes zodiacaux et cette planète parcourant un signe par an, on conviendra qiie Ce CalCUl astrODOIlliqtie COn-

Arme moii époque de Tan 36 avant Jésus -Cbrist.

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