‹ Les zodiaques de Denderah: mémoire où l'on établit que ce sont des calendriers commémoratifs deChapitre 7 sur 26 · PAR LE RITUEL · texte numérisé non relu

PAR LE RITUEL

Les chapitres 83 — 86 du Todtenbuch *) appartiennent à la série des transformations ou métamorphoses. Le titre du chap. 83 porte: „Ghapître de la transformation en Bennou/^ Le groupe phonétique, déterminé par un héron, nous garantit l'identité de cet oiseau avec le phénix. Si l'on en doutait, la vignette qui répète le même oiseau sur une plus grande échelle , ferait cesser toute hésitation ; car la huppe caractéristique s'y trouve encore plus distinctement

Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans une analyse détaillée du texte : il suffit de constater qu'il se rapporte à la régénération que le défunt est censé subir après la mort.

*) J'espère que ma découverte aidera à en mieux comprendre le contenu.

Le chapître suivant est intitulé: „Porte (chapitre) de la transformation en chen-uy M. le Vicomte de Eougé'), dans son excellent travail sur le Rituel, tran^^ scrit le nom de cet oiseau par schenschen et le range dans la famille des é chaisiers. Voici les raisons de mon opinion que c'est le cygne.

Le signe initial du groupe est d'une fréquente occurrence, principalement dans les mots chent „ffr enter'' et chennou „arbre'^. Or ces deux mots répondant exactement aux coptes sheynj horreum et shêk arbor, on est porté à croire que le signe initial est égal à sh (sch). Mais la seule notice de Plutarque^): x^i/-o(Ti/)if =:: (pvTop'Ofripibo^ nous avertit que, du temps de cet écrivain, le x (cli) n'était pas encore devenu la sifflante sh. Quant à la syllabe ti qui indique la réduplication, il faut remarquer que ce n'est pas toujours la syllabe entière qu'on répète, mais seulement la 2^ radicale. Appliquons cela au mot en question et nous aurons c h en en, ce qui répond exactement au copte curyoN cygnus. En effet, les exemplaires coloriés présentent constamment le plumage blanc et les pieds noirs, qui sont caractéristiques pour le cygne.

Le chapître 85 porte le titre: ^Chapitre de la transformation en ha^ Il est reconnu depuis longtemps que c'est le mot j8aï rapporté par HorapoUon ^) , pour désigner l'âme. La vignette fait voir distinctement la tête humaine et le corps d'un ibis dont la légende hib termine le texte qui s'y rapporte. Il va sans dire que ce chapître a trait à la longue migration de l'âme (à travers les 3000 ans).

Enfin, le chapître 86 est intitulé: „Chapître de la transformation en menV^ La queue caractéristique montre clairement que c'est l'hirondelle. La vignette qui la reproduit sur une plus grande échelle, fait ressortir encore plus distinctement cette particularité. De plus, elle y est perchée sur un oeuf ou sur un nid*). Quant à la légende phonétique men't, elle se retrouve dans le mot copte bèt^e hirundo, xiXihiiw.^')

') Etude sur le Rituel funéraire (Revue arch.); il y en a aussi un tirage à part.

') De laide et Osiride cap. 37. ^) Hieroglypbica 1, 7: fcrri yop rd ix\v &al •=. >^vxv* ^^ hi ï)^ •=• Ka^hla. *) Todt. 85, 9 il est dit expressément: ,,Invi8ible est mon nid y non est caasi Hoeuf,^*' *) Jérémie VIII, 7 les Rabbins expliquent le C^D par grue; mais les LXX par x^^*8cJi/; le copte BÊNE se prête aux deux acceptions. Le passage du m hiérogl. au b copte est constaté.*

Le Bituel Cadet nous donne tous les traits caractéristiques de l'hirondelle: la queue, le plumage blanc du ventre et les ailes noires, v

Maintenant examinons un peu plus attentivement l'ordre dans lequel se suivent les trois oiseaux: le phénix^ le cygne, l'hirondelle (dans le Todt.). Il n'est pas le même que dans les trois saisons. Mais si l'on en voulait déduire une objection contre la justesse de mon hypothèse, je ferais remarquer que, dans le Rituel Cadet, la succession est celle-ci: l'âme à corps blanc, puis l'hirondelle et à la fin le phénix, de sorte que le cygne y manque totalement, s'il n'e^t pas compris dans le corps blanc de l'âme. Cette seule diversité entre leTôdtenbuch de Turin et le Rituel Cadet nous autoriserait déjà à supposer qu'il y en a d'autres qui suivent strictement le même ordre que celui que j'ai découvert dans la succession des trois saisons égyptiennes. Et quand même cette hypothèse ne serait pas confirmée, la grande période de 3000 ans, pendant laquelle la migration de l'âme s'effectuait, nous donnerait le moyen d'expliquer la diversité des rédactions. Tous les textes mettent la migration de l'âme en rapport avec 'les trois oiseaux symboliques des 3 saisons, ce qui produit la grande période de 3 x 500 z:i 1500 ans, qui porte le nom de période-phénix. Le réduplication de ces 1500 ans, comparable au flux et reflux^ de la mer, constitue par son double mouvement les 3000 ans bien connus, et ce double mouvement nous explique les transpositions des trois oiseaux symboliques dans les divers exemplaires ou rédactions du Rituel.

Le chapitre 87 du Todtenbuch, intitulé: „Chapître de la transformation en sit*), fSrr)'', est en connexion intime avec les 4. précédents, parce qu'il traite de l'étemelle renaissance, du renouvellement et du rajeunissement des défunts après la mort.

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