‹ Les zodiaques de Denderah: mémoire où l'on établit que ce sont des calendriers commémoratifs deChapitre 8 sur 26 · FIGURES EMBLÉMATIQUES ET GROUPES PHONÉTIQUES DES · texte numérisé non relu

FIGURES EMBLÉMATIQUES ET GROUPES PHONÉTIQUES DES

DOUZE MOIS ÉGYPTIENS, (pi. I, IV, V, VU).

La littérature égyptologique est assez riche en ouvrages qui prétendent récon-

^) Verbalement: jjfilU de la terré^. Cette étrange orthographe rappelle le passage de la Genèse III, 14: y^repens in solo pulverem comedito!'' Quant à cette dënotation ou sjmbolisation du rajeanissement; le grec: 6 oyiç (Tii^/joAoV i(JTt tov dy^pw nous la garantit.

struire la chronologie des premiers âges. Je ne ferai aucun usage de ces tentatives, vu qu'elles reposent sur de pures Jijrpothèses. A l'exemple de l'égyptologue distingué, M. le Vicomte de Rougé, je ne crois à la justesse d'aucun des systèmes qui ont paru jusqu'ici* Ce doute ne m'est inspiré ni par le désir d'ajouter un nouvel essai à ceux que je voudrais combattre , ni par le désaccord qui règne dans les résultats des différents auteurs. Mais il faut trouver, avant tout, la base sur laquelle doit s'élever l'édifice chronologique, c'est-à-dire, la vraie nature de l'année égyptienne, élément indispensable à tout essai tendant à rétablir la chronologie ancienne. C'est ce qui n'a pas été fait jusqu'ici. Tous les systèmes négligeant cette conditio sine qua non, on ne saurait s'y fier dans la recherche de la vérité au moyen d'une critique sévère.

Cependant, je commence à croire que la réconstruction de la chronologie égyptienne deviendra un jour possible. C'est ma découverte des, emblèmes et des phonétiques concernant les mois égyptiens, qui m'inspire cette espérance.

Je n'entrerai point dans une discussion détaillée des tentatives de mes devanciers, faites pour expliquer les noms des mois égyptiens. Il vaudra mieux les mentionner chemin faisant. Quelques-uns de leurs résultats entreront dans le cadre de mon explication, et cette circonstance plaide hautement en faveur de mon hypothèse. Car ce sont précisément les seuls résultats positifs qu'on ait obtenus à l'aide des monuments, tandisque les autres n'étaient fondés que sur des analogies coptes.

ChampoUion-le- Jeune , dans son important mémoire sur les signes de notation, montra le premier , d'après les monuments du Ramesséum et d'Edfou , que quelquesuns des noms s'expliquent par les divinités qui sont censées présider à tel ou tel mois. C'est ainsi qu'il réussit à établir l'identité entre le nom du mois Athyr et celui de la déesse éponyme ; et celle du motPachons avec le nom de Chons. Mais son identification du nom du premier mois T h ô t avec celui du dieu T h 6 1 est tout-

à - fait gratuite. M. Lepsius découvi-^t la légende K a h i k a pour C h o i a h k , sans l'expliquer; mais son hypothèse très -ingénieuse, que Epiphi est la rédupli-

cation du nom de la déesse Ap (Ap-ap), sera confirmée par ma déduction. L'idée de Champollion: „que la suite des trois saisons répond à une année agricole, pourrait

être mainteiiue, même après la correction fondamentale que 'M. Bmgscli en a faîte. Car les trois sections: inondation, hiver, été contiennent les mêmes éléments que la végétation, la récolte et l'inondation. Mais ces dénominations ne conviennent qu'à une année fixe, tandis qu'elles ont été appliquées, des la plus haute antiquité, à l'année vague qui parcourt toutes les saisons de l'année naturelle en 1461 ans. De l'autre côté, l'inscription de Bosette nous prouve, du moins pour le temps des Ptolémées, qu'on a prononcé, non: „premter mots de Tinondatton^' , mais bien: „0(e)t)â^ =r ThôyihJ* L'exemple donné par les saisons m'a fait supposer un procédé analogue pour les mois. Leurs noms nous révéleront des travaux liés à un temps fixe, quoique ces mois aient parcouru, avec l'année vague, toutes lés saisons.

S'il en est ainsi, les mois ^égyptiens durent partir des points fixes ^) deTannée^ c'est-à-dire: du solstice d'été, de l'équinoxe automnal, du solstice d'hiver,, de l'équinoxe vernaL En effet, le zodiaque circulaire, pour le 1=, nous offre l'épervier solaire^) sur une colonne (Thot); le dieu salaire, dans la Balance, pour le deuxième; un bouc décapité^) marchant en sens inverse, pour le troisième; un cynocéphale assis pour le quatrième. Un oryx lui est adossé. Celui-ci désigne ailleurs l'équinoxe automnal, comme j'espère le démontrer;

Je prouverai tout à l'heure que le commencement des mois coïncide avec ces sections. Jci je me borne à dresser une liste des mois égyptiens, comparés aux mk^is zodiacaux de Denys et Géminus, ainsi qu'aux dénominations de la république de 1792. 1. Thoth. 2. PhaophL 3. Athyr. 4. Choiak. 5. Tybi. 6. Méchir. Intercalation. Kapnivùiv — JeovreSv — UapS^evisip — XrfXoiv — Znopnmv — TbÊcor — Messidor — Thermidor — Fructidor — Vendémiaire — Brumaire — Frimaire.

7. Fhaménoth. S.Pharmouti. 9. Fâchons. lO.Faynî. ll.Epiphi. 12, Mésori. Epagomènes. Alyiùv — *Tbp<6p — ^IxS^viiv — Kpidp — Tàvpoiv — ^ibvjuoip — Nivôse — Fluviôse — Ventôse — Germinal — Floréal — FrairiaL

La Genèse VIII, v. 22 nous a conserve des désiji^nations qui présentent assez d'analogie avec les saisons de I^Egypte. ') Voir plus haut § 1 et plus bas §. 9.

') Le zod. rectang. présente un SvStpùûjzoç dni^aXoç qui désigne, d'après HorapoIIon I, 58* t6 àSvvarov, Ce mot a quelquefois la signification de aKiv^rofs j^immobilef^ p. oppos. à ivpajtiinij.

Page 1