EMBLEME DU MOIS THOT
n y a sur Le zodiaque circulaire douze groupes (entremêles aux douze signes zodiacaux bien connus) qui ont rësistë jusqu'ici à toute explication. On conviendra que ce nombre donne une assez puissante présomption en faveur de ma thèse: que
ces douase grroapes représentent les douze mois ëiryptlens* Un
treizième personnage, immédiatement avant l'oiseau phénix, a été reconnu par M. Brugsch, être Osiris-Orion, sans que ce savant en ait expliqué la présence à Tendroit où il se trouve. Je démontrerai que c'est ici le représentant des Cinq JOUrS épag^O* mènes. Après le sixième emblème, celui du mois Méchir, nous rencontrerons une cuisse de boeuf, liée parfois à un grand hippopotame femelle: je prouverai que c'est le (f|aart du) Jour interCSaialre^ lié au commencement du mois Phaménoth, c'est-à-dire, au milieu de l'année égyptienne fixe.
En général, les emblèmes des quatre mois de la première tétraménie se trouvent près de la bande équatoriale, entre les décans et les signes du zodiaque grec. Ceux de la deuxième tétraménie sont rapprochés du centre de la représentation, pour indiquer leur place au milieu de l'année. Enfin ceux de la troisième tétraménie participent de l'une et de l'autre position, de sorte que Pachons, Epiphi et les cinq Épagomènes se rapprochent des décans, tandisque Payni et Mésori sont placés près du centre. Le quart du jour intercalaire est établi au milieu.
Dans l'axe du monument, sur la ligne dont l'extrémité est marquée 0" par M. Biot^), on aperçoit une COlonne^ surmontée d'un épervier avec le Pschenfc C'est le dieu solaire Horus au plus haut point de sa course annuelle, c'est-à-dire, au solstice d'été. On me dispensera de produire les preuves nombreuses de l'assertion:
^) ChampoUioD : Monuments pi. 349 (bisK M. Biot croyiût que la colonne était le symbole de Sirius. On voit qu'il a pris Tannée sothiaque pour la tropique. Comp. §. 1 p. 6.
que le dieu Horus correspond au soleil*). Quant au Pschent, réunion de la couronne supérieure et de la couronne inférieure, il peut indiquer ou le plein développement de sa force, ou la position du soleil à midi entre le lever et le coucher, ^es anciens^) nous ont transmis le fait remarquable qu'il 7 avait à Syène, située sous le tropique du Cancer^), un puits, dans lequel les rayons du Soleil tombaient d'aplomb le jour du solstice d'été, à l'heure 4© midi. M. Brugsch , dans ses recherches approfondies sur la Géographie de l'ancienne Eg3rpte, n'a pas passé sous silence cette particularité intéressante. Il fait ressortir qu'un des n(»ms de la ville Sount (Syène): Chech, déterminé par la sonde attachée à un fil qui descend d'une équerre de maçon (pi. n, 7), rappelle le mot copte shôsh^ shêsh aequalis, adaequare. C'est d'après le méridien de Syène qu' Eratosthène plaça le premier degré et calcula la circonférence de la terre.
„Horus sur sa colonne'^*', est mentionné dans le RitueL Le chapître 112, col. 8, après avoir rapporté un dialogue intéressant entre Ra et Horus sur la grande truie noire, poursuit ainsi: „Heureuse la personne qui éteint les malheurs; elle acquiert le nom de „jBorus sur sa colonne''^) (pi. Il, 8). C'est aussi le nom du dieu tutélaire qui préside à l'éponymie du 175f jour du mois (voir: Brugsch Matériaux pi. IV). On avait cru d'abord et l'on admet encore généralement, que le nom du premier mois devait être en connexion avec celui du dieu ibiocéphale T h o t h , d'autant plus que la grande panégyrie du dieu Thoth se célébrait le 19= jour du mois Thoth^), et que ce dieu, dans les listes de fêtes, se trouve toujours au commencement de l'année. Malgré cette apparence séduisante, il faut chercher une nouvelle explication du nom de mois
Thoth. lia colonne du xodiaqae de Denderah et le dieu so-
Horapollo I, 6: lipaE . . . lïbnùXov ijXiov . , I, 17: ijXioç Se 6 ^Slpoç . . .
Strabon: Géogr. p. 817. Brugsch: Géographie I, 155 PI. XXXII, Nro. 625.
^) On remarquera qu'ici encore la colonne se trouve près du Cancer. Ce signe zodiacal est mis à part, pour faire ressortir le plus distinctement possible l'époque du monument (Juillet).
^) Bituel cbap. 159 et 160 cette colonne est du genre masculin.
^) Plutarque Is. Osir. c. 68; De Bougé: Notice sur les fouilles de M. Greene; Brugsch: Z. d. DMG. X, 669 — 670. Le dieu Thôth se rapporte aux phases de la Lune.
lalre Tonton ^ fils de la dëesse Nëith, me la fournissent. En copte thoott signifie columna: voilà l'énigme résolu d'un seul coup! Mais les monuments égyptiens eux-mêmes ne me font pas défaut. On se souvient du roi Hermonthite Toutanch-Âmon (pL II, 9). Ces mêmes groupes d'hiéroglyphes, comme surnom de Ptqlémée-Epiphane, sont rendus dans le texte grec de l'inscription de Bosette par linovo^ t(ù(5i)^ rov ^losj et le cartouche de ce roi présente, au lieu du groupe phonétique tout, seulement la figure d'une colonne *) (pL II, 10). ,^e plies ancien livre du mondef* , comme M. Chabas a intitulé avec raison le papyrus Prisse, contient pag. XVI, L 1 le groupe „t(mV* (pi. Il, 11) dans la phrase: „les oreiUes sont tout (dressées) pour écouter/* On voit qu'ici la voyelle est omise, sans doute parce qu'elle était censée inhérente à la coùsonne t zz: t o u. Ailleurs on écrivait les deux voyelles ou , par exemple, dans le nom du dieu solaire Toutou') (pi. H, 12) représenté aussi sous la forme énigmatique (pL H, 13) „le dieu V'*^)j sans doute pour faire allusion à la forme delà colonne (pi. EL, 14). C'est le copte tett^ comme je le prouverai en parlant des cinq Epagomènes. Je douterais moi-même de la justesse de mon hypothèse, si les monuments astronomiques ne m'en fournissaient pas la preuve la plus convaincante.
Au Ramesséum, on voit un groupe phonétique (pi. H, 15) en correspondance directe i^vec „fe premier mois de ïirumdaUçm**. Ce n'est pas Techi, comme on l'a cru jusqu'ici. Car le deuxième signe, s'il doit être prononcé, se lit sep {soi) =i vices, et le nombre || indique qu'il faut lire deux fois le signe phonétique <, ce qui donne T t et, avec les voyelles inhérentes, Tooton ou Touout. (PI. IV, a).
Voilà le prototype du nom copte thôoyt et du 0<ùv3^ de la transscription grecque, n n'y a pas de doute que ce mot ne soit identique au mot ri^^rr columna, d'autant moins que j'ai montré le groupe Toutou, où le même mot appartient au dieu solaire,
^) Brngsch: Sammlung demot. Urkunden pi. III lîn. 2, pi. IV A col. 2.
') Dans le Calendrier d'Ësneli (voir Brugsch: Matériaux pi. X) ce dieu Toutou est appelé; deux fois, j^ils de Niith*^. On se rappelle le passage célèbre sur Néîth: „«^ le fruit que f ai enfanté^ c'est le SoleiV'. Donc Toutou équivaut à Ra ou à Horus. Dans le pap. Leid. I, 347, ce dieu Toutou est identique à Ba et Horus appelé: ^maître du commencement de Vannée*^.
^) Brugsch: Oéogr. I^ 174 Nro. 750; n'a pas donné la prononciation de ce groupe énigmatique.
c'est-à-dire^ à la (Mllonne^ perSOIlDiAée* n 7 a plus; la reprësentation astronomique d'Edfou oflfre le même groupe immédiatement au-dessus de: „le premier mois de V inondation J' (PL IV, b).
Enfin im passage remarquable de St Clément nous a conserve une précieuse notice à l'égard de la symbolisation du solstice d'été. Il dit: „Ohez les Egyptiens, les cynocéphales désignent les équinoxes; mais Vépervier indiqite le tropique, lequel est élevé et hrûlanV^^) Ce passage est confirmé par HorapoUon (I, 6, 16), qui établit un rapport entre le cynocéphale etl'équinoxe et donne àl'épervier, entr'autres^ la signification de v^o^ ou vTtepoxij „élévation^*.
Le dieu solaire ^^Horus sur sa colonne!'^ est donc la dénomination la plus complète du solstice d'été et du premier mois de l'année tropique. On sait que beaucoup de peuples ont célébré et célèbrent encore ce phénomène naturel par une fête spéciale, soit en allumant de grands feux sur les sommets des montagnes, soit en portant, vers le soir du solstice d'été, de grands flambeaux, lorsqu'on revient de la fête du tropique solaire. Le nom du premier mois égyptien n'a donc rien de commun avec celtd du dieu Thoth, écrit Taaud (pi. Il, 16), Taautesetc., ce que j'ai soupçonné déjà être d'origine sémitique: "iTi Thad (Thaddaeus zzLebbaeus) coeur, napbia z=zllii^*\^).