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d'expansion singulièrement diminuée au regard de sa rivale, Hambourg port franc « Freihafen » semble en effet avoir sur Brême simple dépôt entrepôt franc « Freibezirk », un avantage certain.
Quoi qu’il en soit, ces deux ports jouissent d’une prospérité commerciale dont les chiffres seuls peuvent donner une idée. Hambourg, dont la flotte en 1856 comptait 458 navires jaugeant 130.000 tonnes, passait en 1903 à 793 navires pour 988.454 tonnes et atteignait, en 1908, 1.087 bateaux de mer avec 1.362.000 tonneaux de jauge. Le mouvement d’entrée
et de sortie suivait la progression suivante :
1870 Nombre de navires 4.144 tonneaux 1.389.789 1902 — — 13.297 — 8.730.000 1905 — NH 5027 — 20.800.000
Cette progression étonnante correspondait en 1905 à une valeur de 11 milliards de francs. La même année les ports de Marseilie, Le Havre, Dunkerque et Bordeaux réunis n’arrivaient qu’à 12.300.000 tonnes pour 6 milliards de francs.
Les chiffres moins gros pour Brême ne laissent pas cependant que d’être instructifs. Le mouvement des importations et des exportations accuse un progrès sensible et continu. Les exportations qui étaient de 386 millions en 1870 sont passées à 1.255 en 1901 et à 1.273 en 1905. Pendant le même stade les im-
ot portations s’élevaient successivement de 387 millions à 1.333 et enfin à 1.342. Les progrès de Brème, encore que constants, sont donc inférieurs à ceux de Hambourg. Peut-être faut-il y voir un résultat de la concurrence très vive que se font les deux grands ports allemands. Il faut aussi noter l’infériorité où se trouve Brème dont le port est ensablé fréquemment par la Weser.
Enfin Brême n’a pas,comme Hambourg, cet avantage précieux d’être placé sur le bord d’un fleuve navigable jusque très loin dans l’intérieur des terres.
Nous ne voudrions pas terminer sans citer au sujet de la zone franche de Hambourg l’opinion de M. Jules Huret, qui dans un livre très étudié (1) nous donne sur ce port des renseignements précieux où nous avons largement puisé. Répondant à la question très discutée de la part qui doit revenir à la zone franche dans la prospérité de Hambourg : « Certainement, « dit-il, le port franc seul n’a pas suffit à décupler « en vingt ans le commerce de Hambourg. Mais il « fut d’un secours puissant à cetle prospérité mira- « culeuse. Le nombre des voyages de la flotte de « commerce hambourgeoïise — comme celle de tout port franc — est double de ceux des ports ordi-
naires où les formalités douanières absorbent pres-
1. De Hambourg aux marches de Pologne. J. Huret, Paris, 1908.