SCÈNE II
Les Mima, CHARLOTTE.
CHARLOTTE, fcaoltsl.
Ils ont perdu ma trace... plus rien... je suis sauvée!...
LOUISItTS.
Mon Dieu, qu’avex-vous, Madame T
HERMANN
Asseyez-vous.
CHARLOTTE
Merci... ce n’est rien!... (a part.) Qui donc me suivait ainsi? (Haut.) Je suis un iv u... hors d baleine, j’ai couru... vous savez... la uuit on a des frayeur» ridiculre... i,a lmUcuc.) Mon fils?...
LOUISETTE, dwijiuol le berenu.
Le voici. Madame... il dort.
CHARLOTTE, peselwe ur le btrteii».
Cher... cher trésor de ms vie!... Ah! lu ne sauras jamais combien de pleurs ont baigné ton jeune et frais visage!... (s“«*njiat i«* ym.) Folle que je suis!... voila une grosse larme qui vient de tomber sur sa joue... il va te réveiller!... Ah! je veux la sécher sous me* baisers!...
LOUISETTE
Madame, ocs émotions vous tueront!
Cl A SLOT! B.
C'est ma vie au contraire, c'est ma force, c’est mon soutien! il y a longtemps que je serais raot-ie, si je n’avais pas mon enfant!.. Tu ne comprends pas oela, Louisette, mais tu seras mère, en jour, et tu sauras alors ce qu'il y a de félicités enivrantes dans l’amour maternel!... Quand le passé revient à mon souvenir avec son cortège de douleurs et de regrets, quand le présent m’étouffe sous sud étreinte de fer. al ors j'accours dans cette chaumière où vibre et palpite tout ce qui reste de vivant en moi ! Je contemple avec ivresse ce front charmant que n’ont point encore elfleun: tes soucis de la vie, ces lèvres vermeilles où se dessine un caressant sourire, ces yeux azuré* où se reflète le ciel, et je me dis : Qu’importe le passé l qu'importe le présent! je suis mère, et voici mon enfant 1
HERMANJI.
Du sang!... vous êtes blessée?...
CHARLOTTE
Non... je ne sais...
HERMANN
C’est la trace d’une balle, j’en suis sûr! quelques lignes plus prés, et vous étiez morte. Madame!...
CHARLOTTE
Eh bien! oui... oo a tiré sur moi...
LOUISETTE
Oh! mon Dieu! comment cela est-il arrivé?
charlotte.
Je suivais le* bords de la nviere, comme d’habitude, pour atteindre plus rapidement ce village, lorsque de loin, j’aperçus dans l’ombre une colonne russe qui se dirigeait silencieusement de mon côté, je lis un détour pour l’éviter... je franchis imprudemment la rivière sur un pont à demi ruiné, et je me trouvai tout à coup au milieu des lignes ennemies... Une vive fusillade retentit à peu de distance... et bientôt les Français furent maîtres du pool, mon unique pacage |H)ur rejoindre ce village. Que faire? quel parti prendre? Je me cachai dans un ravin et j’attendis Les voix des soldats arrivaient jusqu’à moi; la sonorité de la nuit devint même si grande, à un certain moment, que de l’endroit ou j’étais cachée, je pus entendre l'histoire de ce fantôme qui, au dire de* Français, revient toutes les nuits dans leur camp ; alors, poussée par une de ces impulsions auxquelles on •'abandonne aveuglément, sûre d’ailleurs d’être protégée par...
LOUISETTE
Par qui. Madame ?... „
CHARLOTTE, m rtpremnl.
Par la Providence!.., oui... par la Providence... Je me montrai tout à coup aux zouaves étonnés, et, profitant de la stupeur causée par mon apparition inattendue, je gravis le pont sans obstacle... Mai* les Français firent un mouvement en avant, sans doute, car derrière moi la fusillade éclata de nouveau... et une balle perdue vint m'atteindre.
HERMANN, prenant LoaUctU par 1a mais.
Madame, nous sommes deux pauvres orphelins que vous avez G&nvés, nous ne vous demandons pas à connaître vos secrets ; mais nous vous disons : Tandis que 1 a sœur veillera sur votre enfant, permettez au frère de veiller sur vous. Laissez-U* vous accompagner aussi dans votre périlleux voyage... le dévouement est aveugle, la reconnaissance est discrète... Je ne verrai rien, Madame, je ne dirai rien... mais j’aurai peut-être le bonheur de mourir pour vous!
CHARLOTTE, émue.
Cher* amis! c’est la main de Dieu qui vous a placés sur mon chemin au moment où je cherchais ce qu’il est si difficile de trouver ici-bas : la discrétion, le dévouement !... Vous avez depuis six mois vu mes craintes, mes joies, mes angoisses, sans jamais m’adresser une question... sans oser même m’interroger du regard... vous avez veillé sur ce petit être avec une sollicitude de tous les instants, de toutes les minutes, vous l’avez entouré de plus de soins que je ne l’eusse fait moi-même... la femme vous remercie, la mère vous bénit, Dieu seul vous récompensera!
LOUISETTE
Oh! Madame! Madame! que vous êtes bonne! et que vous méritez d'être aimée de tous ceux qui vous connaissent!
CRARLOTTt, à put.
Aimée!... j’ai cru l’être autrefois...
LOUISETTE
Mais , Madame, vous avez la fièvre , votre main est bnllante. Au nom du ciel ! prenez quelques instants de repos !...
CHARLOTTE
Je me reposerai , Louisette , quand mon fils sera en sûreté... Demain, aujourd’hui peut-être, les boulets peuvent renverser ces murs, les bombes peuvent incendier cette chaumière... il faut fuir!., (a h ir. même. ) Pardon uez-raoi , mon Dieu ! dans mon amour égoïste ,je ne voulais pas me priver du seul bonheur qui me restât... j’éloignais sous mille prétextes l'instant de la séparation. . mais cet instant est venu... je n’aurai plus U joie suprême d’embrasser mon enfant, mais il vivra !.. loin de moi... perdu à jamais |>eul-ètrc... mais il vivra ! .. C’est pour le sauver que je suis venue... Mes amis... un serviteur fluèle et dévoué vous conduira loin de ces lieux... Voyons, voyons , qu’allonsnous faire?., où allez-vous emporter cotte âme de mon âme?., où allez-vous cacher ce trésor?.. Tenez!., voici de l'or, prenez... dites-moi ce que vous en ferez !.. vous voyez bien que cette neuaée de le quitter me rend folle ! vous voyez bien que mes larmes m’étouffent et que je n’ai plus ni force ni courage !
LOUISETTE
Madame , nous prendrons l'enfant dans nos bras , nous partirons... et, lorsque nous aurons trouvé un asile plus sûr que ce village, Hermann reviendra vous instruire du lieu de notre retraite.
CHARLOTTE
Bonne Louisette ! n’allez pas trop loin... laissez-moi encore une espérance... Peu à peu , je m’habituerai à cette séparation... et puis, je saurai l’enfant avec vous deux, je serai tranquille... v< us en aurex bien soin, n’est-ce pas?.. Louisette, lu le couvriras de ta mante... tu l'envelopperas bien... les nuiis sont si froides!.. (s*|*aau.i!ani pr*» du t*rt**u.j Pauvre cher enfant!., lu es né dans les larmes, lu dors au bruit des batailles (a part.) et tu mourras peut-être sans avo irreçu un baiser de ton père !.. (éMotani.) Ah! du bruit!... c’est Yvan, sans doute... (Rcealui é pou* ad tcc.) Mon père !