‹ Les zouaves drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 68 sur 101 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, YVAN.

ma, prêmlaal u oc letlr» k de Brackioc.

Pour vous, Monseigneur, (u sort.)

DE BRUCKINE, «laminant U lettre.

Ce cachot noir... celte lettre!.. Ah ! mes pressentiments ! (u

liL — Son »imj* et prime la plu» protondc douleur. (I chancelle un mitant } mai» il «c remet auiailM, «t. rcpouiant l'appui qua lui «Brait Charlotte, il lui te*d la lettre une prononcer une parole. — Charlotte IU « tou tour, aaa geboua flùbiueat. Ella tombe ea pleurant aux pieds de tua père.)

DK BRUCE1NE, sourdement.

Lises!

CHARLOTTE, d’uaa voie brisée, lisant.

• Père... Nous allons mourir... si le déshonneur est entré dans notre maison, il s'arrêtera peut-être devant nos deux tombes... nous y descendrons sans avoir eu à rougir! Écoutez notre dernier vœu... ne soyez pas inflexible... rappelez-vous que la coupable est votre fille et que nous l’aimions ardemment et saintement !..» (Baiaant utattro.) Ouïes frères! mes frères !

DE BRUCKINE.

Continuez !

CHARLOTTE, litanl.

« Quand vous recevrez cette lettre... nous aurons cessé de vivre... adieu! père!., pardonnez-nous aussi, à nous, qui n’avons pas eu la force de lutter contre le déshonneur ! »

DE BRUCKINE, lonrdement.

Et ils sont morts ! ils ont été chercher sur le champ de bataille une mort glorieuse... (aii.ui a Mikhaïl «t î.i donnant u i*u».) mais volontaire... et je suis maintenant seul au monde... (ACkiHam.) car vous comprenez bien, n'est-cc pas, que vous ne pouvez vivre couverte du sang de vos deux frères!..

CHARLOTTE, »e rainant.

Mon père... vous êtes plus malheureux que moi... vous m’avez condamnée... Je ne me plains pas... je ne pleure plus... voyez, mes yeux sont secs, ma main ne tremble pas... Je dois

mourir... soit!— Mais si vous ôtes inflexible pour la coupable,

du moins soyez juste pour l’innocent!..

DE HRUCKtM:.

Que voulez-vous dire?

CHARLOTTE, aluni à U porte de droite qu'elle ouvre.

Il y a là , dans ce licrceau , une pauvre petite créature qui ne connaîtra jamais les caresses de sa mère... qui ne verra jamais ; le vinge de son père... quand je ne serai plu*, là. Qu’une main j généreuse écarte <lc son berceau les dangers et la misère... que celte main soit la vôtre, mon pere ! I

DK BHl'OUNK.

La mienne?

CHABLOTTE.

Oh ! promettez-moi... que vous ne lui direz jamais que sa mère fut coupable... promettez-moi , si vous prononcez mon nom devant lut. de ne pas lui apprendre à maudire ce nom... qu'il puisse le balbutier sans rougir de honte... qu’il parde mon souvenir comme celui d’une pauvre femme qui entoura son berceau d'affection et d’amour et qui est morte avant d’avoir reçu son premier baiser!., ce n’est pas ma vie que je vous demande... c’est un peu de pitié pour un pauvre petit orphelin!..

DE OaUCKINE.

Non!., ie ne puis... vos frères sont morts... c’est leur voix qui me crie d'ôlre sans pitié I

NIXBAÎL, cumul U lrtlre (I liust t«* d«*ai*rM U|n«*.

Leur voix, écoutez-là... voici ce qu’elle vous dit : (limui.)

« Ne sovex pas inflexible... rappelez-vous que la coupable est votre Bile et que nous l’aimions ardemment et saintement ! »

DR BRl'CKTSE, M UkMOl tomber lui I* faut rail.

C'est vrai ! c’est vrai !

MIKHAÏL, alliât à U porte de droite.

Regardez cct enfant ! regardcz-le, et, en le voyant vous sourire, vous pardonnerez à sa mère !...

Mon père... je suis coupable, moi... mais lui, quel mal a-t-il fait? regardcz-le, mon père!., ce visage innocent et pur ne déarmera-t-il pas votre colère?., ce regard candide ne fcra-t-il pas descendre la miséricorde dans votre cœur?., c’est un ange du Seigneur!... voyez! ses petits bras qui si? tendent instinctivement vers vous semblent vous demander protection et pardon !.. je puis fnourir sans regret 4 , sms larmes, sans désespoir !.. si vous pardonnez à mon enfant! Ah! vous êtes attendri... vous

pleurez ! (Mikhaïl 11 Klêie et 1» praue duocemcai »er» de Bnjckiue.)

DE BRL'CKINE, lui teadaal le» bref.

Ma fille t

CHARLOTTE, l'y précipitent.

Ah !... ainsi vous me pardonnez?

DK BRtrCKIKE.

Oui... lu m’as vaincu...

CHARLOTTE, avec joie.

Je vais porter à mon enfant le pardon ut le baiser de mon père! 1,811e «ire » droite.)

NlKRAÏl., I de Brackinc qui prend ion ép*<-

Où allez-vous?

DE BMJCKISE , I M.khaïl.

Où je vais... vous l’avez voulu, prince... mais vous, vous ne savez pas ce que vous avez fait...

MIKHAÏL

Que voulez-vous dire ?

DE Blll'f KIME.

Qu’il fallait immoler la coupable à mon honneur, ou bien immoler cet honneur lui-mème en la laissant vivre.

MIKHAÏL

Eh bien?

DE BRUCK1KE, d'une voit lourd*.

Eh bien... Charlotte vivra.

MIKHAÏL

Mais vous?

DE BRUCKIKB.

Elle vivra.

CHARLOTTE, l'élin^anl sur U Mène.

Ah ! je vous comprends, mon père!., vous voulez mourir!

DE BRICKICAK, dttouraut U Ut«.

J'ai pardonné !...

CHARLOTTE

Reprenez voire pardon, mon père, si je dois l'acheter à ce prix!... Mikhaïl, joignez-vous à moi, vous voyez bien que mon père ne m’écoute pas, qu’il détourne la tète !...

DE BRUCKISE, à Mikhaïl.

Mon fils!... ah! lui*scz-moi vous donner ce nom... laissez- moi S croire un instant que mes deux fils ne sont pas morts tout entiers et qu’une parcelle de leur âme revit en vuiis! mon fils!... je vous confie la sainte mission de soutenir dans le chemin de lu \u- cette pauvre âme égarée... de protéger l’orphelin... de veiller sur tous les deux ’

mikchaTl.

OIi ! je le jure!... mais...

Mon père, vous me déchirez le cœur!... mieux vaut mille fois votre colère, vos meuares, votre malédiction, que cette douloureuse tendresse!... ne sortez pas ainsi, car si vous franchissez le seuil de cette porte... oh! j'en suis sûre, je ne vous reverrai

plus!... (Oa «ntrad l« canon.] *

DE BRUCKISE.

Ecoute ! cette voix de hronze, plus inflexible çncore que celle de ma conscience, me dit que l'heure est venue de songer à ta patrie... la pairie! famille plus grande, lilas sacrée que celle du foyer !... Devant cette douleur immense ne notre mire commune qui voit scs membres déchirés, son sang couler à flots , ses fils frappés jusque dans scs bras, nos misérables douleurs privées disparaissent, comme disparaît la nuit devant la splendeur du soleil... Notre cœur épuré parla douleur, grandit a la hauteur de notre tâche!... nous succomberons peut-être, mais nous succomberons glorieusement! (N«i*a*in e»aj» de Oui... je t’eutends! je t’entends! O patrie ! et je vais mourir pour toi I

CHARLOTTE , pouattal an cfL

Mon père!

DE RRl’CKIXE, lar U Mail.

J'ai pardonné... adieu ! (il ton.)

outtorn.

Siiivez-le, prince... veillez... Oht veillez sur lui !.j*

MIKHAÏL

Je ne puis vous promettre qu’uue chose... c’est de mourir en le défendant.... adieu, adieu! (iiMrt.j

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