‹ LesageChapitre 16 sur 28 · SON « THEATRE DE LA FOIRE · texte numérisé non relu

SON « THEATRE DE LA FOIRE

santé postérité des moralités allégoriques et des sotties de notre vieux théâtre. Ce n*est pas une farce médiocrement plaisante qu'Arlequin Huila. En tout cas, les Trois Sultanes de Favart éclipseront seules le succès durable d'Ac/imet et Almanzine, le chefd'œuvre de ces ingénieuses orientales de Topéracomique dont Lesage est bien l'inventeur authentique. Et n'y a-t-il pas aussi çà et là, dans l'École des amants, par exemple, une finesse de psychologie qui annonce l'approche de Marivaux? Lesage a eu tort sans doute de nous donner dans la Force de l'amour une occasion de le mesurer avec l'auteur d'Arlequin poli par l'amour, mais il s'aperçut bien vite qu'il avait trouvé son maître dans la comédie sentimentale, et il laissa la scène italienne à son jeune rival pour revenir à ses tréteaux. Toutefois la Reine du Barostan reste assez piquante à rapprocher du Jeu de l'amour et du hasard, au moins pour l'identité du scénario qui est fort curieuse, même quand on sait que Lesage et Marivaux avaient un commun modèle dans l'Épreuve réciproque de Legrand et surtout dans son Galant coifreur.

Pour voir que tôut^lHntérêt littéraire de ces parodies et satires littéraire^ n'est pas encore émoussé, on relira les Comédiens corsaires. Les rares hardiesses de Lesage, dans la satire politique, devaient être vite dépassées, mais elles ne sont pas sans intérêt, dans le Temple de Mémoire, lorsqu'il persifle les conquérants, « ces fendeurs de naseaux » ; ou lorsque, dans la Boite de Pandore, il met en scène ce M. de

Page 1