‹ LesageChapitre 29 sur 32 · CHAPITRE XllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XllI

Le duc d'Olivarès dit à Gil Blas dont il vient de lire le style : « Sais-tu bien que tu viens de faire un morceau digne d'un secrétaire d'Etat? Je ne m'étonne plus si le duc de Lerme exerçait ta plume. Ton style est concis et même élégant; mais je le trouve un peu trop naturel. » Le compliment rejaillit, par delà Gil Blas, sur Lesage qui est, avant Gil Blas, l'auteur de ses Mémoires. 11 fut rarement mieux mérité. Chez lui, aucune recherche, nulle excentricité de langage, aucune acrobatie de plume. Il a la haine des néologismes et du précieux. Dans la Valise trouvée^ il s'égaie des nouveaux mots à la mode pour les railler ; quelques-uns cependant ont fait fortune, comme les termes inculpation^ inconsolablement. Les phrases enchevêtrées sont rares, et on les compte. Pour l'ordinaire, elles sont lestes, alertes, courtes. C'est déjà le style du xviii^ siècle, la phrase de Voltaire. Lesage est au point de partage des deux siècles. Il tient des deux. Il donne une main à Molière, l'autre à Beaumarchais. Il a beaucoup pratiqué le siècle de Louis XIV: il y paraît à nombre de réminiscences du Cid^ de Hajazct^ de Molière surtout, dont il cite inconsciemment bien des traits et des termes. Vadius, Tartufe, Alceste, M. Loyal, Mascarille, Jodelet, le Maître à danser, tous ces personnages reparaissent à travers les récits de Lesage qui semble remercier Molière de ses prêts par l'éclatant

hommage qu'il lui a rendu : « Malheureux acteurs comiques ! Vous qui, nourris de la lecture de Piaute et de Térence, vous flattez de faire revivre ces grands Maîtres en les imitant, vous êtes dans l'erreur. C'est vainement que Molière, leur disciple et leur rival, vous offre des leçons : vous ne réussirez point. » (Valise trouvée,)

Mais si Lesage procède du siècle classique, il ne tourne pourtant pas le dos au siècle qui s'ouvre. Une parenté, une filiation étroite le rattache à Beaumarchais, par exemple, et le petit barbier d'Olmédo a déjà bien la mine d'un Figaro. La langue même est déjà celle du Barbier de Séville. Ecoutez le prisonnier du petit Goave dans Beauchêne : « Il semble que je sois né pour faire connaître au monde toute la bizarrerie du sort. Après avoir été, depuis mon enfance jusqu'à présent, comme enseveli dans l'étude des belles-lettres, me voilà réduit à courir les mers, non en curieux naturaliste, mais en qualité de flibustier. Quelle étrange métamorphose I » On croirait hre du Beaumarchais.

Une facture que Lesage affectionne et qui donne au développement de l'idée un balancement assez gracieux, c'est la répartition de la phrase en deux portions qui se répondent et sur lesquelles elle pose comme sur deux piliers. J'en cite un exemple : « 11 ne lui échappa aucun trait fanfaron, quoique je lui eusse volontiers pardonné de — vanter la moitié de ce qui lui restait de lui-même, — pour le dédommager de la perte de l'autre. » {Gil Blas, Vil, xu.)

En général, le style est soigné, sans négligences. Celles-ci sont rares, et quand il écrit : « elle finit enfin sa narration », la répétition est assurément plus volontaire, pour produire l'effet, que dans Boileau : a et pour finir enfin par un trait de satire ». Par exemple, il admet volontiers quelques trivialités, formules banales ou populaires, dictons et proverbes qui donnent de la familiarité et de l'entrain au récit. Les dictons sont bien à leur place dans l'a bouche des

valets et gens du peuple, dont le vocabulaire est pauvre, et qui s'empressent d'accepter toute faite l'expression de leur pensée quand ils la trouvent : ils sont paresseux pour chercher les mots. Ces trivialités chez Lesage sont un trait de vérité. Gil Blas, se voyant à la cour en passe de faire fortune, dit qu'il est a sons la gouttière ». Un autre personnage, dans une bonne place, « fait ses orges à merveille ». Des métaphores sont empruntées au vocabulaire des jeux, aux quilles, aux échecs : « Tenez pied à boule î, ou bien les Maures, cherchant un roi évadé, ne trouvèrent « ni roi ni roc » ; le roc est la pièce que nous appelons la Tour. Youlez-vous que la trivialité s'accentue ? Gil Blas demande à se mettre en relation avec quelqu'un : <K l^^au filez-nous ensemble d, dit-il. Ailleurs un jeune seigneur se vante de ne jamais « rater » ce qu'il fait. Un personnage en presse un autre de questions, et celui-ci réplique : « Vous me pressez furieusement le bouton î » Faut-il accentue^ plus encore, et voulezvous que le romancier vous rappelle qu'il écrit beaucoup pour le théâtre de la Foire? Scipion entre chez l'archevêque de Séville parmi les « fouille-au-pot » de la cuisine. Rafaël s'écrie : « La mèche est découverte! » Des convives « bien conditionnés » s'occupent à « s'empiffrer » et à « fesser les vins de Monsieur le comte ».

Par quel bizarre contraste cet argot s'encadre-t-il par endroits du style le plus pur, le plus savant même? Quand ils ne parlent pas comme des portefaix, tous ces héros s'expriment comme des guerriers d'Homère on comme des académiciens. Ils sont tous fort érudits; les moindres valets sont des bacheliers, ou des licenciés manques ; ils possèdent à fond leurs humanités et humilient notre ignorance. Des livres de Lesage on extrairait aisément une histoire universelle depuis la plus haute antiquité, à commencer par la mylho logie. La cour a la vertu du fleuve Lélhé pour nous faire oublier nos parents ; Ilarpocrate, la triple Hécate,

la déesse Cotys, tous les dieux de l'Olympe circulent avec aisance et grâce à travers le récit. Homère y fournit mainte imag^e et maint héros; le roi Priam, la belle Hélène, Nestor, le festin des Lapilhes, le siège de Troie, Pénélope, Télémaque, Ulysse, Enée. Que si l'on quitte la légende pour entrer dans l'histoire, voici venir en un imposant cortège Pythagore et Isocrate, Denys. de Syracuse et Alexandre, Platon et Epictète. Les Romains ne le cèdent pas aux Grecs et se font représenter par le roi Numa, iVomenlanus le gastronome, Novius le crieur^ Virgile, Horace, Caligula, Messaline, Sénèque, Galba, Plante, Lucilius : la littérature et l'histoire antiques sont les sujets familiers des plus humbles parmi ces valets et ces picaros. Us tiennent de l'érudition paternelle, je veux dire celle de Lesage. Elle était fort étendue, ainsi qu'on peut s^en rendre compte par les citations et les allusions savantes qu'il fait dans* les 'deux seules lettres qui constituent toute sa correspondance, l'une à Pontchartrain, l'autre àFuzeher : elles sont d'un homme à qui l'archevêque de Grenade eût dit comme à Gil Blas : <i: Je vois que vous êtes ferré sur les humanités, d

Faut-il observer que sa prose renferme des hispanismes, soit qu'il ait intercalé des mots espagnols, soit qu'il les ait francisés? C'était trop naturel chez un écrivain qui fréquentait beaucoup les livres espagnols et dont les romans se passent tous en Espagne. Mais ce qu'il faut noter, c'est le caractère particulier de ce style si mouvementé, si animé, auquel les personnages doivent tant de vie et de vérité. H est fort dramatique en ce sens qu'on le sent écrit par un homme de théâtre ; les dialogues y sont tout découpés, il suffirait de les porter à la scène. Les monologues aussi sont scéniques, avec les alternances et les hésitations qui semblent dédoubler le personnage, et qui sont la première condition de leur intérêt. Lesage joint même au texte le geste, qui est le plus comique du monde, et des mieux observés. Ici un jeune médecin dicte son ordon-

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nance « en se regardant dans un miroir et en rajustant ses cheveux ». Il fait des exclamalions un emploi des plus ingénieux: elles donnent bpaucoup de naturel aux discours. « Gomment diable ! voilà bien de l'ars^ent! » Quand Gil Blas relève de maladie: « Miséricorde! que de volaille achetée pendant que j'étais sans connaissance » ! Et ailleurs : Vive Dieu! s'écria le lieutenant, nous avons bien de l'obligation au seigneur Gil Blas ! — ou : « Vive Dieu! vous nous enseignez là de bonnes conditions l j> et un peu après : « Halte-là ! seigneur Arias de Londona !. »

Si les personnages de Lesage accusent une vie si intense, c'est eu pai tie grâce à la vivacité du style, c'est aussi peut-être parce que Lesage les nourrit bien. Il fait dans ses développements une grosse part à la gastronomie ; ses personnages ont le teint fleuri, la bouche bien fendue; on nous les montre à table, on nous communique leurs menus ; ils prennent une réalité expressive et pleine de santé, comme si tous ces gens venaient nous dire, la bouche pleine : « Je mange, donc je suis ! »

Nous comprenons autrement aujourd'hui l'expo* sition d'un sujet et des personnages, qu'on ne faisait autrefois. Nous avons perfectionné, complété ce qu'on appelle le réalisme, que le xvn® siècle soupçonna surtout par ses auteurs les plus médiocres, comme Saint- Amand ou Chapelain, que l'époque de La Bruyère et de Lesa^-e démêla beaucoup mieux, et que Balzac et Flaubert ont amené à son plus complet état. L'art de représenter la vie comporte plusieurs degrés que notre littérature a atteints par des progrès successifs. Les grands écrivains du xvn^ siècle méprisent les descriptions extérinures, et préfèrent les peintures morales. Corneille, Bacine se passent de décorateurs et de costumiers. Il faut, pour jouer Nicodème, un palais à volonté et une bague ; il faut un palais et une chaise pour jouer Phèdre. Lesage fait entrer dans son œuvre à plein bord la vie large et plantureuse ; à ses personnages

il donne la vie végétative, la physionomie, le costume, le geste, l'attitude : il lui manque encore de nuancer le langage qu'il leur prête à tous, et surtout de les mettre dans leur décor. Ces deux points sont les manques capitaux de son roman pour ressembler tout à fait aux nôtres. Les personnages parlent tous la même langue et se servent des mêmes formes de style. Ouvrez le roman à quelle page vous voulez : il vous est impossible de reconnaître par la phrase seule si c'est Gil Blas, son valet ou son ministre qui a la parole Ce fut une des conquêtes du réalisme en notre siècle, d'exprimer les différences des conditions par le seul langage , sans être cependant obligé de recourir au jargon, au patois, à l'argot dont se servait en pareil cas Molière. Ceux de nos écrivains qui introduisent datis leurs œuvres, par souci de la couleur locale, le jargon des paysans, le langage spécial des ouvriers, sous prétexte de progrès, ils retardent de deux cents ans et veulent nous ramener aux paysans de Molière qui admirent les « biaux messieurs avec du dor dessus. » L^ talent est de rendre l'expression de ce jargon en respectant la forme littéraire.

C'est surtout le décor qui manque chez Lesage. Ses héros, très vivaces, s'agitent devant un fond gris, que marquent par-ci par-là quelques traits en couleur. Les intérieurs de chambre, les maisons, l'aspect des rues, les descriptions de villes, le soleil de l'Espagne, la nature, les Sierras rocheuses, les forêts d'oliviers, les haies d'aloès, les mœurs des citadins ou des paysans, tout cela est demeuré dans l'ombre. L'Espagne de Lesage est celle d'un homme qui ne la connaît pas, qui n'y a jamais été, et qui n'a nul souci d'en faire des descriptions pittoresques. Son ignorance est telle qu'il parle des jardins de l'Escurial : à l'Escurial, on ne trouve qu'une bibliothèque et des tombeaux.

Le sens même de la nature lui manque. Allons aux champs avec lui, et arrêtons-nous devant cet ermitage qu'il va, par extraordinaire, décrire : « C'était une

grande et profonde grotte que le temps avait percée, dans la montagne, et la main des hommes y avait ajouté un avant-corps de logis bâti de rocailles et de coquillages et tout couvert de gazon. Les environs étaient parsemés de mille sortes de fleurs qui parfumaient l'air : et l'on voyait auprès de la grolle une petite ouverture dans la montagne, par où sortait avec bruit une source d'eau qui courait se répandre dans une prairie. Il y avait à l'entrée de cette maison solitaire un bon ermite qui paraissait accablé de vieillesse. Il s'appuyait d'une main sur un bâton et dé l'autre il tenait un rosaire à gros grains, de vingt dizaines pour le moins. Il avait la tête enfoncée dans un bonnet de laine brune à longues oreilles, et sa barbe, plus blanche que la neige, lui descendait jusqu'à la ceinture. y> Combien la figure est plus précise, d'un trait plus ferme et plus arrêté, que le paysage : encore celui-ci est-il parmi les plus poussés.

Ces figures animées sur un fond en grisaille rappellent celles de La Bruyère, avec qui Lcsage a plus d'un trait commun, entre autres le goût des sentences, des maximes, des pensées : sortes de formules qui résument lesexpériences passées à la façon des formules de la science. On ferait un recueil de pensées morales que l'on peut extraire des livres de Lesage. Il n'oublie pas sa promesse du prologue : « Si tu me lis avec attention, suivant le précepte d'Horace, tu y trouveras l'utile mêlé avec l'agréable. »

Comme ses pensées se mêlent au récit, elles affectent toutes les formes, dialogues, scènes, apostrophes : et c'est encore pour cette raison qu'on pourrait tirer de Gii Bias, par exemple, un pendant aux Caractères.

Il ne reste plus, pour déterminer la physionomie de Lesage écrivain, qu'à dire quelques mots de ses procédés de composition, qui sont fort particuliers, et toujours fort naïfs. Lesage cherche avant tout un cadre souple, élastique, qui se prête à sa fantaisie et à ses ressources. Le plan est toujours complaisant, il peut à volonté s'étendre ou se resserrer; le récit s'arrête quand il plaît

à l'auteur ou quand il n'a plus rien à dire ; ses conclusions ressemblent à des désertions.

Il n'a pas l'art de composer. Dans le Diable Boiteux, il a fait, comme La Bruyère, un défilé de types et d'anecdotes oii les personnages ne se voient, ni ne se connaissent, ni ne se rencontrent. Nous avons vu qu'au théâtre, ce n'est pas par la composition qu'il brille. Ses romans sont tous construits sur le même modèle : un jeune homme entre dans la vie par une porte basse, se faufile à travers les dernières classes de la société, qu'il traverse en recueillant çà et là les leçons de l'expérience. Il rencontre sur sa route des aventuriers qui lui ressemblent et qui content chacun son histoire : voilà le canevas, lâche et élastique, aux mailles complaisantes entre lesquelles l'auteur insérera plus ou moins de matière, au gré de son humeur et à la mesure de ses provisions. C'est le roman à tiroirs, fait de fonds de tiroirs. Mais c'est la vie, cela ! La question est de savoir si la vie est assez logique, assez bien arrangée, pour servir de modèle et de plan à une œuvre d'art. La vie n'est pas artistique.

Aussi les héros de Lesage ont-ils l'air plutôt d'assister aux événements que de s'y mêler, et encore moins de les dominer. C'est un tissu, non, une mosaïque d'épisodes. Il fallait les réunir, les cimenter, de peur que tout ne se disloquât. Le seul fil du récit est trop ténu pour retenir ce chapelet, et l'empêcher de s'éparpiller. Lesage eut recours à quelques procédés faciles et factices pour conglutiner l'œuvre et éviter qu'elle ne s'émiettât. Ce fut d'abord de faire comme des annonces de ce qu'on lira plus loin, de jeter comme un jalon sur le chapitre suivant, pour l'entamer et le réunir à ce qui précède. C^estle procédé de Vd suite au prochain numéro. Il a soin encore d'user amplement des reconnaissances. Une rencontre fortuite remet sous nos yeux et devant les pas du principal héros une figure déjà vue : et cette réapparition est une liaison entre deux parties du récit. Quelquefois ce n'est pas le personnage lui-même qui

reparaît, c'est son nom que l'on prononce, c'est une simple allusion à un fait antérieur : et ce souvenir éclaire comme d'une lueur furtive le passé de ces héros qu'il relie au présent.

Lesage imite l'habitude des nouvellistes espagnols, qui est d'intercaler des récits secondaires au milieu du récit principal. Les gens que rencontrent Gil Blas ou Chérubin leur racontent leur vie avec une complaisance souvent prolixe ; tous échangent leurs souvenirs depuis l'âge le plus tendre ; ils vont, leur biographie sous le bras, et le héros principal a de fréquentes occasions de se reposer, les bras croisés; l'action se repose avec lui, et quelquefois cette pause est longue. Car il arrive que le récit intercalaire introduite son tour des personnages qui eux aussi ont leur vie à se raconter : c'est alors une cascade de narrations emboîtées les unes dans les autres, comme les petites caisses en bambou des casse-têtes chinois. Parfois, les gens qui nous ont narré leur vie disparaissent ensuite, laissant dans le vide l'amorce qu'ils avaient jetée sur le récit général. Parfois aussi on les perd de vue quelque temps, puis ils reparaissent au moment où on les a un peu oubliés.

Le roman a depuis accompli de grands progrès. Les limites sont moins larges, et il gagne en précision, en observation. On ne conte plus la vie entière d'un homme, — encore faut-il noter que les événements par où passent les héros de Lesage suffiraient à remplir proprement deux existences humaines, — on découpe dans la vie une époque restreinte, un cas spécial, une crise : c'est lace qui permet au psychologue d'aiguiser et d'exercer sa pénétration. Le roman de caractères a succédé au roman d intrigue, qui faisait les délices de l'Espagne. Mais ce qu'il faut noter, c'est la part considérable qu'a prise Lesage au mouvement, à l'évolution de ces genres. Il ne l'a voulu ni idéal ni boullon : il l'a vu et fait exact dans toute sa vérité humaine, non pas exact de ce réalisme spécial qui remue plus volontiers

les bas-fonds, mais il a cherché la représentation adéquate des mœurs et des aspects de la société moderne ^ tout en respectant les droits de l'art et en répudiant l'imitation servile et mécanique. « Le réaliste, s'il est un artiste, a écrit Guy de Maupassant avec raison, cherchera non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d'incidents insignifiants qui emplissent notre existence. Un choix s'impose donc, ce qui est une première atteinte à la théorie de toute la vérité. » On ne saurait mieux penser.

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