‹ LesageChapitre 6 sur 32 · M. ORONTE · texte numérisé non relu

M. ORONTE

Tu te troubles, je vois qu'on m'a dit vrai ; tu es un fripon.

Mais Oronte a compté sans son hôte, qui en sait plus d'un, et qui a plus d'un tour dans son sac.

Pour démontrer à Oronte que celte fable du mariage de Damis est une invention de Valère, qui veut servir à son rival un plat à sa façon, il ne faut à Labranche que le temps de l'expliquer.

Voilà donc l'accident réparé, et maintenant, en avant, gens de la noce !

CRISPIN

As-tu des chevaux pour cette nuit?

LABRA>'CHE, regardant de loin.

Oui.

CRISPIX.

Bon, je suisd'avis que nous prenions le chemin de Flandre.

LABRANCUE, regardant toujours.

Le chemin de Flandre ; oui, c'est fort bien raisonné. J'opine aussi pour le chemin de Flandre,

CRISPIiN.

Que r-egardes-tu avec tant d'attention?

LABRANCHE

Je regarde... oui... non... Yentrebleu! serait-ce lui?

CRISPIN

Qui, lui?

LABRANCHE

Hélas î voilà toute sa figure.

CRISPIN

La figure de qui ?

LABRANCUE.

Crispin, mon pauvre Crispin, c'est M. Orgon. Ouf ! contretemps imprévu et funeste ! Ah çà, mais il ne faut pas au moins qu'Orgon rencontre Oronte et qu'il lui découvre tout?

Il faut l'écarter. C'est Labranche qui se charge de lui crier : Casse-cou î n'entrez pas, M. Orgon. Oronle et sa femme sont outrés que vous retiriez votre parole.

LABRANCUE.

Vous ne sauriez croire jusqu'à quel point la fureur s'est emparée de ses sens... Elle a les yeux dans la tète... Elle ne connaît personne... Elle m'a pris la gorge, et j'ai eu toutes les peines du monde à me tirer de ses griffes.

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