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CHAPITRE IV

Le Règne Végétal.

Nous avons dit que notre pays est divisé en trois zones climatériques délimitées par les différences d'altitude au-dessus du niveau de la mer, et non par la latitude.

Beaucoup de naturalistes adoptent cette division et établissent trois grandes lignes touchant la géographie botanique; cependant quelques-uns, parmi lesquels Monsier E. Fournier, croient qu'il y a au Mexique plus de trois régions botaniques mais que ces régions se croisent, se coupent de telle manière que l'on confond fréquemment dans le même district leurs végétaux caractéristiques.

Cette division subordonnée à l'altitude, peut se considérer comme longitudinale, car les zones s'étendent, en règle générale, du Nord au Sud, concurremment à l'orographie du pays.

Néamoins, il faut tenir compte d'une autre division que nous appellerons latitudinale et qui sépare le pays en deux régions que nous nomn^erons Bégion du Nord

et Région du Sud; la première va se fondre avec le Texas et la Californie et la seconde avec TAmérique Centrale.

Conformément à la première division, il existerait trois régions distinctes: la terre chaude, la terre tempérée et la terre froide. Nous allons les étudier succintement:

RÉGION CHAUDE. — Cette région se subdivise en trois zones:

V Zone du littoral. 2^ Zone des forêts tropicales. 3^ Zone des ravins et des bois humides.

La zone du littoral forme une bande étroite et commence aux récifs qui bordent la côte; elle est malsaine. Après les récifs, s'étend un cordon de dunes et entre les dunes une bande herbeuse contenant un grand nombre de groupes d'arbres.

Cette zone comprend les côtes de tous les Etats du Golfe du Mexique; elle est plus caractérisée dans l'Etat de Veracruz.

Son importance au point de vue de la botanique est insignifiante; elle l'est encore plus au point de vue de l'agriculture.

La zone des forêts tropicales^ à quelque point de vue qu'on la considère, offre plus d'intérêt que la précédente, car la flore y est plus riche et plus variée; elle produit le Cacao, les Bananes, la Vanille, la Gomme, le Maïs, le Haricot, etc., et surtout les essences forestières que nous exportons pour l'ébénisterie, la construction et la teinturerie; on en compte plus de 213 espèces connues.

Sur la côte orientale, cette zone commence à qua-

tre kilomètres environ du rivage de la mer. Dans l'Etat de Veracruz, la forêt est très bien caractérisée, mais elle n'acquiert tont son développement que dans le Sud de l'Etat et dans ceux de Tabasco, Campeche et Chiapas; elle se joint plus bas aux forêts de l'Amérique Centrale et se prolonge sans doute en passant par l'isthme de Panama, jusqu'à la Colombie et le Vé- . nézuela, pour aller^se confondre avec les vastes forêts encore inexplorées du Brésil.

La zone des ravins et des lois humides est beaucoup plus exubérante que les antérieures, les bois y ayant toute leur forcé et toute leur splendeur; c'est la plus appropriée à la culture de la canne à sucre, du riz, du coton, du tabac, etc. Cette zone est comprise entre 420 et 840 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, limite de la zone tempérée.

Elle est, sans contredit, la région la plus fertile et, au point de vue agricole, la plus rémunératrice de notre pays, comme aussi l'une des plus favorisées du globe.

RÉGION TEMPÉRÉE. — On pout la diviser, comme la précédente, en diverses zones. Dans la partie orientale, elle commence près de Cordoba (Etat de Veracruz) à 800 ou 900 mètres d'altitude et s'élève jusqu'à 1800 mètres environ, de sorte que son extension en hauteur est d'environ 1000 mètres, avec une pente assez douce. Sur la côte occidentale, elle s'étend sur un plan moins incliné et s'élève un peu plus que sur la côte orientale.

La flore de cette région est celle qui se trouve la mieux représentée dans les herbiers européens et, en

vérité, c'est aussi la plus riche en familles végétales, dont la plus grande partie s'y montre sous une variété «tonnante d'espèces.

Les cultures les plus importantes de cette région sont celle de l'oranger qui est cultivé aussi dans la partie inférieure; celles du café, de la canne à sucre et du tabac qui sont exploités jusqu'à l'altitude moyenne de cette zone; les légumes et quelques fruits d'Europe sont cultivés aussi avec succès dans la partie supérieure de la région.

Notre éminent naturaliste, M. Alfonso Herrera, divise cette zone de la manière suivante:

A. Versant océanique de la Cordillère orientale.

B. Versant océanique de la Cordillère occidentale.

C. Régions des versants du centre et des plaines. Les versants océaniques de la Cordillère orientale forment une région très étendue, fertile et riche et sont caractérisés par un printemps perpétuel et beaucoup d'humidité; le sol est généralement basaltique dans l'Etat de Veracruz; calcaire-schisteux dans l'Etat d'Oaxaca; c'est là que l'on rencontre les fougères arborescentes et les liquidambars.

Les versants de la Cordillère occidentale sont aussi très étendus; ils comprennent une grande partie des Etats d'Oaxaca, de Michoacan, de Colima, de Jalisco, de Sinaloa et de Sonora. Les limites supérieures arrivent à 1,800 mètres environ. La température moyenne est de 15^ à 20° centigrades. Le sol est basaltique dans l'Etat de Jalisco et dans une partie de l'Etat de Michoacan; calcaire et argileux dans le Sud de ce même Etat; dans l'Etat d'Oaxaca, il contient du calcaire cristalline, du gneiss, du granit et de la siénite.

Dans cette région abondent les palmiers les rouvres ou robres, les orchidées, etc.

Bégiœi des versants du centre et des plaines. — I. Les versants de quelques plateaux du Mexique, tous ceux qui font face à TOccident, et les plaines centrales qui se trouvent entre 975 et 1675 mètres d'altitude appartiennent à cette région. La température moyenne est de 15^ dans quelques endroits de l'Etat d'Oaxaca, et do 20° dans les alentours de Guadalajara, TepicetMextitlan. Le sol est de nature très variable: calcaire, basaltique, trachytique, porphyrique, gneissique. Les cactus, les broméliacées terrestres et les mimosas abondent.

II. La région au-dessus des plaines a une température moyenne de 18*^ à 20°; le sol est généralement aride et calcaire, il est caractérisé par des plantes épineuses: Mimosées ou Sensitives, Agaves, et toute la famille des Cactées, etc.

RÉGION FROIDE. — D'après E. Fournier, c'est la cinquième région; il la désigne sous le nom de "Région des Agaves." Elle s'étendrait, d'après lui, de 1400 à 1950 mètres au-dessus du niveau de la mer, entre Mexico et Puebla, au centre; entre Tehuacan et Oaxaca, au Sud; entre San Luis Potosi et le Texas, au Nord.

Le caractère général de sa végétation est l'uniformité, nous dirons même la monotonie, tout au moins sur le plateau qui s'élève légèrement entre Mexico et Puebla. Si l'on avance plus avant vers le nord, le plateau se trouve coupé irrégulièrement par de profondes vallées ou sillonné par des ravins qui en al-

tarent le caractère général et en modifient la végétation.

Les cultures les plus importantes sont celle des agaves, du maïs, du blé, de l'orge, du seigle et de quelques légumes. /

RÉGION SUPÉRIEURE. — M. Herrera comprend dans la région froide tout ce qui s'étend depuis les limitessupérieures de la région tempérée, jusqu'aux limites de la végétation.

M. E. Fournier considère comme sixième région ou région supérieure, les montagnes qui entourent les hauts plateaux mexicains et où la végétation, arborescente d'abord, dégénère en herbe et disparait complètement ensuite, à 4800 mètres environ, comme sur le pic d'Orizaba. Le Nevado de Toluca, le Zempoaltepec,. le Popocatepetl, etc., appartiennent à cette région.

Les forêts sont formées principalement par un grand nombre de chênes et par des conifères. La végétation herbacée présente un caractère curieux: à mesure que l'on monte, on remarque qu'elle ressemble de plus en plus à la végétation européenne; on y rencontre presque les mêmes espèces (au moins quant aux phanérogames), mais elles n'ont pas toujours les mêmes caractères.

Division la^titudinale. — Deux régions botaniques divisent le pays latitudinalement; on peut les designer sous les noms de Région Septentrionale et Région. Méridionale.

La Région Septentrionale est la plus grande, sans que nous puissions fixer exactement ses limites australes. Au Nord, nous indiquerons comme confins géo-

graphiques plutôt que confins botaniques, le Rio Bra- To, ou plutôt les limites du Mexique avec les Etats Unis. Au Sud, on peut adopter les limites entre les Etats de Sinaloa et de Tepic; en allant vers TOrient, la ligne de démarcation passera au Sud des Etats de Durango, Zacatecas, San Luis Potosi et Tamaulipas, presque parallèlement au tropique; la limite serait peut-être mieux marquée par la ligne qui sépare la ligne boréale de la végétation épiphytale-phanérogamique, quoiqu'elle descende un peu plus au Sud, au dernier tiers de sa longitude.

Les deux extrêmes sont Mazatlan, sur le Pacifique, et Tampico, sur le Golfe du Mexique.

Dans cette région la flore n'obéit pas seulement à l'influence de l'altitude, mais aussi aux conditions climatériques qui dépendent de la position géographique.

La Région du Sied est la mieux exploitée et c'est incontestablement, la plus riche et la plus intéressante; c'est en effet, la partie la plus accidentée du pays, et par cela même sa flore présente des aspects très variés.

Cultures utiles. — On voit, par ce que nous avons exposé, que dans notre pays se trouvent tous les climats, depuis le soleil ardent de l'Afrique Centrale, en différents points de la côte et dans quelques vallées intérieures, jusqu'au froid glacial des régions arctiques, sur les sommets des hautes montagnes et que, par suite, notre sol est susceptible de produire presque tous, sinon tous les fruits du monde entier.

Depuis quelques années, l'agriculture s'est singu-

lièrement développée au Mexique bien que pas encore autant qu'on pourrait. le désirer et que le sol et le climat le permettent; cela est dû à beaucoup de circonstances que nous ne pouvons pas examiner dans ce livre; les principales sont, peut-être, la longue période de révolutions intestines, le manque de bras, de capitaux, et de voies de communication rapides et à bon marché.

Le maïs se produit dans toutes les zones, presque sans culture; on en obtient dans certaines régions jusqu'à trois récoltes par an. C'est la céréale la plus importante du Mexique car elle forme la base de l'alimentation du peuple et son abondance influe directement sur la situation économique du pays. Cependant, aujourd'hui encore, le Mexique en produit à peine la quantité nécessaire à sa consommation intérieure aussi ne reste-t'il pas d'une année pour l'autre, suffisamment d'existences dans les greniers pour mettre le peuple à couvert des risques de voir manquer son principal aliment par suite d'une mauvaise récolte. Cela est d'autant plus déplorable que les Etats de Guerrero, Michoacan, Jalisco et le Territoire de Tepic pourraient produire à eux seuls le maïs suffisant pour approvisionner toute la République et pourraient même en exporter.

Dans l'Etat de Chiapas, les épis de cette céréale atteignent un développement fabuleux: quelques-uns mesurent un mètre de long.

A Jala (Tepic) nous avons vu quelques épis de cette dimension, avec des grains d'un énorme développement.

Le blé est la seconde céréale en importance, relativement à la production.

La culture en est confinée dans la région froide; dans quelques endroits, il se produit d'excellente qualité et dans des conditions très rémunératrices, bien que l'on soit très en retard pour les méthodes de culture.

L'orge est la troisième céréale en importance; on peut lui appliquer ce que nous avons dit pour le blé.

Le haricot est cultivé sur une grande échelle; c'est après le maïs, l'aliment principal des populations mexicaines. On connaît plusieurs variétés de cette légumineuse cultivée dans presque dans tout le pays.

Le riz est également activement cultivé; il est de très bonne qualité; d'immenses régions sont propos à sa culture, de telle sorte que l'on peut le convertir en article d'exportation dans des conditions rémunératrices.

Le pois chiche est de première qualité; il est obtenu à peu de frais et exporté principalement à l'île de Cuba et en Espagne, où il est très estimé.

Nous croyons comme Mr. E. J. Howell {Mexico: Us progress and commercial posibilities) que si la République mettait en exploitation les 99,000 kilomètres carrés de terres cultivables qu'elle possède, la production pourrait s'estimer ainsi: blé, 40.000,000 de hectolitres; maïs, 160.000,000 de hectolitres; quantité non seulement suffisante par la consommation intérieure, mais encore pour l'exportation. Mais pour cela il faudrait une beaucoup plus grande densité de population.

Plantes textiles. — Le Mexique est le pays par excellence pour la production des plantes textiles; on les

y trouve partout et en grande variété; les principales sont le hennequen, la ramie, la pita {hromelia silvestris), l'ixtle, la lechuguilla {agave heterocantha)^ V agave mexicana, le cierge, le jute, le lin et le coton.

Le hennequen est la plante qui a donné jusqu'à présent les meilleurs résultats; son exploitation a fait la richesse de l'Etat de Yucatan dont elle est originaire, et où l'on apporte le plus grand soin à sa culture et à son exploitation.

Le hennequen produit une fibre très fine plus flexible que le chanvre; elle ne durcit pas, ne pourrit pas à l'humidité, ne se gèle point aux températures les plus basses; aussi, la cordonnerie le prefère-t'elle au lin et au chanvre.

Tous les magueys (agaves) quel que soit leur nom: Suprême, doux, vert, maguey à mezcal, ixtle, blanc, cendré ou rustique {meco), donnent une fibre et sont susceptibles d'être exploités par l'industrie. A une certaine période de leur croissance, quand ils se trouvent en pleine maturité, on peut en extraire une matière textile, plus ou moins blanche, fine et douce, rude et résistante, longue ou courte suivant les espèces et qui peut servir à beaucoup d'usages industriels.

La ramie est une autre des plantes textiles qui promettent le plus, à en juger par les conditions favorables dans lesquelles elle se produit au Mexique et bien que les essais d'exploitation n'aient pas été heureux jusqu'à ce jour. Nos terres, riches en humus, particulièrement dans la terre chaude, sont très favorables à la culture de cette plante.

Le coton est cultivé au Mexique depuis un temps

immémorial et il est incroyable qu'un pays qui en produisait tant autrefois, avant la Conquête espagnole, un pays dont les terrains propres à cette culture sont si abondants; qu'un pays, disons-nous, qui pourrait produire non pas autant, mais beaucoup plus de coton que les Etats Unis, au lieu d'en exporter par quantités immenses, soit tributaire de l'étranger pour satisfaire à ses besoins croissants, aux nécessités de son industrie!

Le coton vient à merveille sur les versants des deux (Cordillères, des hauteurs moyennes à la mer, ainsi que dans l'intérieur du pays. •

Dans la zone du Golfe, l'Etat de Veracruz vient en première ligne par son rendement; les Cantons les plus producteurs sont ceux de Cosamaloapam, les Tuxtlas, Tuxpam, Tantoyuca et Veracruz. Cependant, depuis quelques années, dans ces régions, on a un peu délaissé cette culture parce que l'on a eu à lutter contre de grands inconvénients: vents salés, insectes, pluies inopportunes, et l'on s'est adonné à la culture d'autres plantes tropicales.

On peut dire que sur le littoral du Pacifique, le coton est cultivable presque partout, depuis la Sonora jusqu'au Chiapas. Citons plus particulièrement les Vallées des rivières Yaqui et Mayo, dans l'Etat de Sonora; dans le Sinaloa, la Vallée de Fuerte; dans le Territoire de Tepic, Tepic et Santiago, extraordinairement fertiles. Dans les Etats de Jalisco, Michoacan, Guerrero, Oaxaca et Chiapas, la production du coton est importante et si la routine y faisait place aux procédés que recommande la science moderne, cette cul-

ture deviendrait une source abondante de richesses et de bien-être.

Au centre, les Etats de Chihuahua, Coahuila, Durango et Nuevo Léon sont les principaux pays producteurs de coton: on considère comme les meilleurs terrains pour la production de cette fibre, ceux qui se trouvent dans la vallée de la rivière Nazas (Etats de Coahuila, Chihuahua et Durango).

La café mexicain est de qualité supérieure; celui qui est récolté à XJruapam et à Colima a été classifié comme égal au Moka; le café d'Oaxaca, de Cordoba, de Huatûsco, de Coatepec, d'Orizaba, de Jalapa, etc., est fort apprécié à l'étranger; le café de Tepic est excellent. La production en est susceptible de s'accroître au point que le Mexique pourrait exporter sur les marchés étrangers, autant de café que tous les autres pays du monde réunis, à l'exception du Brésil. Il suffit de savoir que le café se produit également dans la terre tempérée et dans la terre chaude, pour se faire une idée de l'immense terrain dont nous pouvons disposer pour cette culture.

Le tabac est une plante autochtone cultivée depuis des temps très reculés par les aborigènes. Malgré cela le tabac du Mexique ne fut guère exploité durant la période coloniale ni pendant la première moitié de ce siècle; Cuba et les Etats Unis accaparaient en effet les marchés étrangers. En 1868, lors de l'insurrection cubaine qui obligea un grand nombre de colons à émigrer de l'Ile, des cultivateurs et des manufacturiers de tabac vinrent au Mexique, et de cette époque datent la culture et l'industrie du tabac mexicain, les-

quelles progressèrent notablement et très vite. Il n'y a peut-être pas aujourd'hui de culture qui offre une perspective plus brillante: notre tabac et de plus en plus apprécié dans le monde entier, grâce à l'appauvrissement des terres de Cuba et de Manille réservées spécialement à cette culture depuis un trop grand nombre d'années.

Les meilleurs terrains pour le tabac se trouvent dans les Etats de Veracruz,. Oaxaca, Tabasco, Chiapas, Tamaulipas, Guerrero, Michoacan, Colima et le Territoire de Tepic, le long des cours d'eau; on peut assurer qu'il y a des millions d'hectaies, propres à cette culture et qui sont actuellement submergés, pour ainsi dire, sous les vagues de l'exubérante végétation tropicale.

Le caoutchouc abonde au Mexique à l'état spontané dans les forêts tropicales. Il y a très peu de temps qu'on a commencé à le cultiver soigneusement; longtemps, on s'était contenté d'en extraire la gomme; mais on le faisait, sans ordre ni méthode, et en détruisant souvent les plantes. Cet arbre est très répandu dans les régions chaudes des Etats de Veracruz, Tamaulipas, Tabasco, Guerrero, Oaxaca, Campeche, Chiapas, Tepic, Colima et Michoacan.

Le climat qui lui convient le mieux est celui de nos côtes, là où la température est très élevée, et où le sol et l'atmosphère sont humides. Cette plante croit spontanément, quoique en moindre abondance que sur la côte, jusqu'à une altitude de 700 mètres au-dessus du niveau de la mer. On assure qu'elle aime mieux que tout autre les terrains humides, mais non bourbeux;

les terres contenant de l'argile et du sable, les sols humif uges, enfin, qui ont la propriété de conserver l'humidité et d'être friables.

La culture de l'arbre à caoutchouc est très rémunératrice, elle constituera certainement et avant longtemps, une des principales sources de la richesse nationale.

Le cacao est au Mexique une plante autochtone, comme le café et le tabac; on la cultive dans le pays depuis des temps très reculés et, cependant, sa culture se trouve dans un état notable de prostration, confinée qu'elle est dans seulement deux Etats, Chiapas et Tabasco.

Le manque de bras dans ces régions est, peut-être, la cause principale du peu de développement de cette culture et c'est très regrettable, car le cacao de Soconusco (Chiapas) est considéré comme le premier du monde.

Le cacao requiert un climat chaud et humide, sans excès, une température qui ne descende pas au-dessous de 24° centigrades et qui ne subisse pas de trop grands écarts.

Les terres les plus appropriées à la culture du cacao sont celles d'alluvion, les terrains récemment défrichés, les sols humifuges, dans les bois et sur les flancs des collines; on doit craindre et éviter les terrains bourbeux.

La canne à sucre. — Toutes nos côtes, toute la terre chaude et une grande partie de la terre tempérée sont propices à la culture de la canne à sucre; on la cultive un peu dans ces vastes régions, mais pas avec le ca-

pîtal nécessaire, ni en suivant rigoureusement les méthodes modernes.

L'analyse démontre que la richesse saccharine de nos cannes à sucre, atteint la gradation la plus haute; ceux qui travaillent dans les industries rurales, reçoivent un salaire excessivement bas; les terres sont très fertiles, et une cannaie bien soignée peut donner plusieurs années de récolte; celle-ci n'a rien d'aléatoire dans des endroits où il n'y a pas de gelées, et où l'eau ne manque pas; il n'y a donc aucune raison pour que l'industrie sucrière n'atteigne pas au Mexique le développement qu' elle présente à Cuba, puisque tant d'avantages sont en notre faveur.

La vanille est une autre production autochtone; les Aztèques s'en servaient principalement pour aromatiser le chocolat. Peu après la conquête, elle commença à être un fruit d'exportation: la province de Veracruz approvisionnait à elle seule le monde entier, avant que les îles Bourbon et Java ne lui fissent la concurrence. Cependant, ces îles n'ont pu lutter contre la vanille veracruzaine. Malheureusement, l'avenir de ce fruit est très problématique, car on lui a trouvé dans l'industrie un succédané, de la série des phénols, lequel est beaucoup moins coûteux.

La vigne. L'industrie vinicole est encore en enfance dans notre pays, malgré les efforts qui ont été faits pour l'y implanter. Le gouvernement a réparti tous les sarments de vigne qui lui ont été demandé par les agriculteurs d'Aguascalientes, de Coahuila, Colima, Chiapas, Chihuahua, Durango, Guanajuato, Hidalgo, Jalisco, Mexico, Michoacan, Morelos, Oaxaca,

Les Etats Unis Mex.— 5

Puebla, Queretaro, San Luis Potôsî, Tlaxcala, Veracruz, Zacatecas et District Fédéral. Les sarments ont été importés d'Europe et de la Btaute Californie. Les vins produits à Parras, à Aguascalientes et à la propriété de Roque (Guanajuato) sont les plus appréciés. Cette industrie est susceptible d'un grand développement, si toutefois les capitalistes voulaient prêter leur concours pécuniaire à des cultivateurs expérimentés dans la matière.

Le mûrier. L'industriel français, Monsieur H. Chambon, avec l'appui du Général Pacheco, alors Ministre de *'Fomento," a beaucoup fait pour propager la culture du mûrier et l'élevage des vers à soie au Mexique; il a obtenu, d'ailleurs, des résultats excellents. Le Mexique consomme de 25 à 30,000 livres de soie par an qu'il importe de l'étranger; donc, la consommation intérieure seule, et elle augmente tous les jours, de-^ vrait suffire à stimuler nos industriels.

Zacaton. Le zacaton, que les français appellent chiendent et les anglais broomcornj est une plante complètement sauvage, que l'on trouve à profusion dans l'immense et haute plaine comprise entre Huamantla, San Andrés Chalchicomula, Perote et San Felipe del Obrage, ainsi que dans d'autres endroits présentant d'égales ou à peu près égales conditions. Sa racine est utilisée en Europe et aux Etats-Unis pour la fabrication des brosses, balais, etc.

Bien que cette plante ne se cultive pas, nous l'avons mentionnée dans ce livre, à cause de l'importance qu'elle a comme article d'exportation.

U indigotier est exploité avec profit quoique le prix

de rindigo ou anil ait baissé beaucoup, depuis qu'on a pu le substituer dans l'industrie par d'autres matières de prix moindre. On le cultive principalement dans les Etats d'Oaxaca et de Guerrero.

Le chicle est une gomme extraite du chico zapote {Achras sapote^ Miïl.) petite zapote ou zapotille, arbre qui à l'état sauvage abonde dans les forêts de Veracruz, Tabasco et Campeche. C'est un bon article d'exportation, comme on le verra d'autre part.

La purge de Jalapa^ est la racine d'une plante qui croît à l'état sauvage dans l'Etat de Veracruz, de même que la salsepareille qui pousse spontanément dans les Etats du Sud de la République et du littoral du Golfe.

Fruits. La situation de notre pays et la fertilité de son sol le placent dans des conditions exceptionnelles pour la production et le commerce des fruits, principalement des espèces tropicales.

Le Mexique possède à sa porte l'un des marchés du monde qui consomment le plus de fruits: les Etats- Unis, pays auquel il est relié par des voies de communication très rapides.

Nos fruits tropicaux les pluslestimés sont l'ananas, l'orange, la lime ou citron doux, les citrons, les bananes, les mangues, les avocats ou aguacates, les annonés, les chirimoyes, les mameys, les zapotilles, etc.

Plantes oléagineuses. Nous possédons une grande variété de plantes produisant des huiles industrielles ou comestibles: différents palmiers figurent en premier lieu comme le cocotier et celui qui donne le coco à huile. L'olivier croit et prospère en différentes ré-

gions tout aussi bien que dans le midi de l'Europe, et donne une huile excellente.

Le pignon donne 16 p3 d'huile émetîco-cathartique très violente et qui peut être employée aussi dans l'industrie.

L'amande du Palmier Coyol produit 16 p3 d'une huile comestible qui a des propriétés semblables à celles de l'huile d'amandes.

La graine du ricin ou pahnachristi donne jusqu'à 40 p3 d'une huile médicinale, qui est utilisée dans l'industrie, au même titre que l'huile de lin. Cette huile, une fois solidifiée, sert à fabriquer des bougies semblables à celles que l'on fait avec le blanc de baleine, car elle contient beaucoup de stéarine. La plante qui la produit croît spontanément et avec profusion dans la zone chaude et dans la zone tempérée inférieure.

La sésame donne 33 p3 d'huile très douce et agréable, de même que le cacahuate ou pistache de terre qui rend aussi 33 p3 d'huile.

La graine du coton contient également en grande proportion une huile qui est utilisée dans l'industrie.

Autres productions agricoles. Parmi les légumineuses qui se produisent avec tant d'abondance au Mexique, nous mentionnerons le haricot et le pois chiche qui sont d'importants articles d'exportation.

Les racines et tubercules amylacés forment une liste importante, et l'on peut dire que l'on cultive avec succès presque tous ceux qui sont connus.

Parmi les plantes fourragères, les principales sont le Para ou Herbe de Guinée, la luzerne et beaucoup

de graminées qui croissent dans de vastes prairies. La *'ramée" qui abonde dans la Péninsule du Yucatan, V "ojite," etc.

Bois. La richesse forestière du Mexique est incalculable, et peut être considérée comme inépuisable, puisque malgré les mauvaises méthodes d'exploitation qui ont été employées depuis tant de siècles, cette richesse s'est conservée.

Les bois fins pour Tébénisterie et les bois tinctoriaux abondent sur les côtes des deux océans. Le peu d'extension de ce livre nous empêche de donner une liste complète des essences utiles qui se produisent au Mexique et pourtant, beaucoup d'entre elles sont encore inconnues en Europe. Nos citerons parmi les plus appréciées les cèdres et les acajous utilisés dans l'ébénisterie, le bois de Campêche, du Brésil et le bois "Moral" employés dans la teinturerie. De grandes fortunes ont été réalisées dans cette exploitation.

Industries dérivant de V agriculture. — U élevage. — Notre pays se prête à l'élevage, autant que la République Argentine. L'élevage du gros bétail a pris dans les dernières années une grande extension dans les Etats du Nord et dans ceux du Golfe du Mexique.

Les premiers ont à leur avantage le climat, les immenses plaines, le voisinage des Etats-Unis, le principal marché consommateur, mais l'eau y est peu abondante, comme dans presque tout le plateau central.

Par contre, les Etats côtiers possèdent assez d'eau, de grandes prairies naturelles et des bois étendus.

L'élevage s'est amélioré notablement, grâce au croisement de notre bétail dégénéré avec les meilleures

races d'Europe et des Etats-Unis (Durham, Jersey, Suisse, Holstein, etc.).

L'engraissage laisse de beaux bénéficeà.

Les Etats de Durango, Souora, Coahuila, Chihuahua, Nuevo-Leon, Guanajuato, Tamaulipas et Veracruz sont les plus favorisés pour l'élevage.

Le bétail à laine prospère dans les régions froides et tempérées. Les laines que produit notre pays sont de bonne qualité, elles s'améliorent de jour en jour grâce à l'introduction des meilleures races étrangères»

L'exportation de peaux et de cuirs a une grande importance au Mexique par la valeur qu'elle représente; ces cuirs sont consommés presque en totalité par les marchés américains.

V apiculture prend chaque jour un plus grand développement. Le Mexique, étant un pays sans hiver, au moins dans une grande partie de son territoire, possède des fleurs en tout temps; il est donc facile à comprendre qu'il offre des avantages exceptionnels pour l'apiculture; cette industrie était il y a peu de temps complètement délaissée; aujourd'hui, elle progresse grâce à l'application des règles dictées par l'expérience.

CHAPITEE V.

Superficie.— Division politique.— Densité de la population.

La superficie totale des Etats Unis mexicains est environ de 1.987,324 myriares ou kilomètres carrési suivant les calculs planimétriques les plus récents faits par le Département de Cartographie du Ministère compétent. Dans ce chiffre est comprise la superficie des îles que possède le Mexique dans le Pacifique, le Golfe de Californie, le Golfe du Mexique et la mer des Antilles.

Si on compare la superficie du Mexique avec celle des principales nations du monde, il résulte qu'elle égale environ 2,66 fois la Suède et la Norwège, 3,19 fois l'Autriche, 3,67 fois l'Empire d'Allemagne, 3,75 fois la France, 3,94 fois l'Espagne, 6,32 fois les Iles Britanniques, 6,71 fois l'Italie, 12 fois la Turquie, 21,31 fois le Portugal, 31 fois la Grèce, 48,50 fois la Suisse, 51,93 fois le Danemark, 62,09 fois la Hollande, et 70,91 fois la Belgique. En Europe, il n'y a que la Russie qui ait une étendue supérieure à celle du Mexique.

En Amérique, les seuls pays qui surpassent le Mexique en étendue sont les Etats-Unis du Nord, T Amérique anglaise (Canada, etc.) le Brésil et la République Argentine.

La nation se divise en 27 Etats libres et souverains en tout ce qui concerne leur régime intérieur; il y a, en outre, deux territoires dépendant du Gouvernement fédéral, qui sont celui de la Basse-Californie et celui de Tepic et un District fédéral, résidence des pouvoirs de rUnion.

4 de ces Etats appartiennent à la région du N(yrd: Sonora, Chihualiua, Coahuila et Nuevo-Leon.

5, à la région du Golfe du Mexique^ ou région orientale: Tamaulipas, Veracruz, Tabasco, Cam pêche et Yucatan.

Wyàla région du Centre: Durango, Zacatecas, Aguascalientes, San Luis Potosi, Guanajuato, Queretaro, Mexico, Hidalgo, Tlaxcala, Puebla, Morelos et, en outre, le District fédéral.

4:^ à la région du Pacijigue ou région occidentale: Sinaloa, Jalisco, Colima, Michoacan, avec les Territoires de la Basse-Californie et do Tepic.

3, à Za région du Sud: Guerrero, Oaxaca et Chiapas.

La superficie de chaque Etat et des Territoires est la suivante:

Myriares,

Chihuahua 227,468

Sonora 199,224

Coahuila 161,550

Myriare$,

Basse-Californie 151,109

Durango 98,470

Oaxaca 91,664

Yucatan 91,201

Sinaloa 87,231

Tamaulipas 84,394

Jalisco 82,503

Veracruz 75,651

Chiapas 70,524

San LuisPotosi 65,586

Guerrero 64,756

Zacatecas 64,138

Nuevo Léon 62,998

Michoacan 59,261

Campêche 46,855

Puebla 31,616

Guanajuato 29,458

Tepîc 29,211

Tabasco 26,094

Mexico 23,957

Hidalgo 23,101

Queretaro 9,215

Aguascalientes 7,644

Morelos 7,184

Colima 5,887

Tlaxcala 4,132

District fédéral 1,200

Superficie des lies 4,042

D'après le recensement opéré le 20 Octobre 1895, la population de la République s'élève à 12.578,861 habitants, ce qui donne une moyenne de 6,32 par kilomètre carré. Comparant notre population avec celle des nations du Sud, il résulte que le Mexique est le second, en ordre absolu, et le troisième, en ordre relatif, c'est à dire au point de vue, de la densité de sa population.

Etendue en BabitanUpar

Nation»: kUomitrea earrit: Population: kilomètre earrtt

Mexique 1.983,282 92.578,861 6.32

Argentine 2.798,400 4.086,492 1.46

Bolivie 1.334,200 2.300,000 1.72

Brésil 8.380,000 18.000,000 2.14

Chili 776,007 3.600,000 4.50

Colombie 1.330,875 4.403,532 3.30

Costa-Rica 55,893 238.782 4.31

Equateur 343,280 1.270,000 3.69

Guatemala 125,100 1.452,003 11.60

Honduras 381i938 431,917 1.13

Nicaragua 159,650 282,845 1.77

Paraguay 253,100 476,000 1.87

Pérou 1.137,000 2.980,000 2.61

Salvador 21,070 816,000 38.72

Uruguay 186,920 850,000 4.54

Venezuela 1.043,900 2.323,527 2.22

La population mexicaine est distribuée par Etata de la façon-suivante:

MaU du Centre.— District fédéral 484,608

Aguascalientes 103,645

Etats du Centre:— San Luis Potosi 570,814

Guanajuato 1.047,238

Queretaro 227,233

Hidalgo 548,039

Mexico 837,368

Morelos 159,800

TJaxcala 166,803

Puebla 979,723

Durango 294,366

Zacatecas 452,720

Etais du JVord— Sonora 191,281

Chihuahua 266,831

Coahuila 235,638

Nuevo Léon 309,252

Etais du Go{/ê;— TamauHpas 208,102

Veracruz 855,975

Tabasco 134,794

Campêche 88,121

Yucatan 298,039

Mais du Pacifique: — Michoacan 889,795

Colima.. 55,677

Guerrero 417,621

Jalisco 1.107,863

Sinaloa 258,845

Chiapas 315,120

Oaxaca 882,529

Tepic 148,776

Basse-Californie 42.245

Relativement aux sexes, il y a une légère proportion en faveur des femmes.

D'après M. Antonio Garcia Cubas, la population se

divise en trois groupes, au point de vue ethnographique, à savoir:

19 Groupe européen ou hispano-américain 19 p§

29 Groupe métis 43 pg

39 Groupe indigène 38 pS

Nous ignorons sur quoi M. Garcia Cubas se base pour établir cette proportion, mais nous sommes d'opinion que, au moins pour ce qui se note à la simple vue, le groupe indigène est le plus important des trois, et il serait plus exact de lui assigner le 43 p3 j chiffre sous lequel figurent les métis, et attribuer à ceux-ci la seconde place avec le 38 p3 .

Le premier groupe et une grande partie du second constituent le noyau le plus important de la population par leur intelligence aussi dévelopée que celle de n'importe quelle nation européenne, et par leur position sociale; ils cultivent en effet les arts, les sciences et l'industrie; on n'entend point par cela exclure les hommes de la race indigène pure dont quelques-uns figurent avantageusement dans la nation par le capital, le talent ou l'intelligence.

Le métis ou la race résultant du croisement de l'européen et de l'indigène, a plus les goûts du premier que du second. Il préfère la ville à la campagne, il se consacre de préférence aux petites industries et donne le meilleur contingent comme ouvrier et artisan; il démontre de notables aptitudes pour les arts et pour l'industrie et possède des qualités qui se développent de jour en jour, grâce à la diffusion de l'instruction publique.

Le groupe indigène peut se diviser en deux sections: 1^, les indigènes qui vivent dans les villes ou dans leurs alentours et 2^, les indigènes qui vivent dans les champs et dans les montagnes.

Les premiers ont subi plus directement l'influence de la civilisation et diffèrent notablement des seconds par leurs habitudes. Les seconds sont ceux qui donnent le plus grand contingent, pour ne pas dire tout le contingent à l'agriculture, comme bergers, cultivateurs, etc. Ils sont très arrières et conservent généralement leur langue primitive, ceux qui vivent dans les montagnes, surtout. Les uns et les autres sont astucieux, dissimulés, têtus, valeureux, sobres, adonnés à l'ivrognerie, mais doués d'une grande résistance physique.

Les tribus sauvages ont à peu près complètement disparu; c'est à peine si on en trouve quelques restes disséminés dans le nord du territoire national, et dans l'Etat de Yucatan, près du Honduras britannique.

Sur les côtes, on rencontre, bien qu'en petite proportion, la race nègre et les résultats de son croisement avec la race blanche (mulâtres) et avec l'indienne (lobos). Par ses tendances et ses coutumes, nous devons l'assimiler aux métis.

La race indigène fut détruite en grande partie par les premiers colonisateurs européens; la peste et la misère pendant la domination espagnole contribuèrent aussi à sa destruction; les guerres civiles et étrangères, les mariages précoces, le peu de soin donnés aux enfants, le manque d'hygiène, la mauvaise alimentation et d'autres causes du même genre ont contribué au dépérisement d'une race digne d'un meilleur sort.

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