‹ Lésions des Artères de la JambeChapitre 16 sur 54 · QUI OBSERVATION XLII*S · texte numérisé non relu

QUI OBSERVATION XLII*S

Il y a dans la Thèse de Grémaud, « Anév. art. vei. spont., » P., 4866, une Observation de Perry, extraite des Med. Chir. Trans., 1837. IL s'agissait d’un nommé Jonathan, âgé de quarante-septans, qui présentaitun anévrysme artérioveineux du haut du mollet. On fit la compression directe pendant neuf mois, puis la tumeur menaçant dese crever, on lia la fémorale ; le malade fut emporté le sixième jour par une hémorrhagie de la plaie opératoire. A l’autopsie, on trouva les artères athéromateuses, et l’anévrysme siégeant à la partie inférieure de la poplitée, à sa bifurcation. Le siège de la lésion écarte ce fait de mon sujet.

Réflexions. — Les signes, tant caractéristiques que secondaires, des anévrysmes artérlo-veineux, se trouvent presque tous indiqués dans les observations ci-dessus; ils ont done la même valeur à la jambe qu'ailleurs. Tous les faits, sauf un (Israel), portent sur la tibiale postérieure, et sont d'origine traumatique.

RERO

Pronostic. À l'encontre des anévrysmes ordinaires, qui tendent sans cesse à s’accroitre, la phlébartérie a une marche lente, presque un état stationnaire, sans doute parce que le sang, pour sortir de la poche, trouve deux portes ouvertes devant lui: De plus, le pronostic n’est pas ordinairement grave, en ce sens que la mort est une terminaison rare de la lésion elle-même, attribuable plutôt au traitement, quand elle survient; il est sérieux, en ce sens qu’on obtient très rarement la guérison complète, surtout au membre inférieur. De même dans les six faits ci-dessus, il y a à peine deux guérisons (Annandale, Chassaignac), et encore furent-elles entières, durables? Israel ne sauva sa malade que par l’amputation; celui de M. Denucé a gardé sa maladie, et Dorsey a perdu le sien par la ligature de la fémorale.

Traitement. Cest ainsi qu'on a souvent essayé tous les moyens de traitement dirigés contre l’anévrysme en général, et l’on a presque toujours échoué. Les deux méthodes principales, la ligature d’Anel et la compression à distance, sont ici complètement inefficaces ; la première même offre de grands dangers, puisque, d’après Follin, sur dix anévrysmes variqueux des membres inférieurs où on l’appliqua cinq fois, il y eut cinq décès, c’est qu'après la suspension du cours du sang artériel entre le cœur et la tumeur, le sang veineux peut, dit-on, s'engager dans le bout inférieur de l’artère, et de là dans les capillaires, causant le sphacèle des membres. Aussi, la gangrène s’est-elle déclarée dans les deux cas où l’on avait lié la fémorale : Dorsey perdant sa malade, et [Israel ne sauvant le sien qu’en sacrifiant la jambe. Donc, la ligature à distance doit être absolument rejetée.

La compression directe risquerait d’avoir le même effet, si l’effacement du calibre artériel était absolu. Elle a pourtant, faite avec les doigts et à intervalles assez éloignés, amélioré l’état du malade de M. Denucé. La compression directe, faite par un bas lacé, a réussi à Chassaignac; elle agit peut-être en oblitérant d'abord l’orifice veineux; elle a eu des succès plus marqués au pli du coude. Il serait possible de la combiner avec la compression à distance.

La ligature double, au-dessus et au-dessous du sac, avec où sans ouverture de ce sac, est préconisée comme le moyen le plus rationnel et le plus efficace, parce qu’elle ferme à la fois les portes d'entrée et de sortie. Elle à échoué pour M. Denucé, mais a réussi à Annandale.

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