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CHAPITRE IV Anévrysmes cirsoides

La dilatation des artères sans solution de continuité de leurs membranes, sans sac véritable, sans caillots fibrineux stratifiés, présente deux variétés : 1° dilatation simple dans laquelle l’ampliation du vaisseau ne se complique pas de flexuosités; elle ne s’observe que sur les grosses artères du tronc; 2° et l’anévrysme cirsoïde, où l’ampliation s'accompagne de forme flexueuse, serpentine, avec des renflements .ampullaires, la lésion offrant, du reste, une assez grande étendue.

L’anévrysme cirsoïde, nom créé par Breschet, en 1832, correspond à la varice artérielle de Dupuytren, à l’angiome artériel rameux des Allemands. Il a été souvent confondu avec l’anévrysme artério-veineux.

Il peut être spontané, ou traumatique, ou succéder à une tumeur érectile. Son siège de prédilection, c’est les artérioles du cuir chevelu, et c’est à quoi se réfère surtout la Thèse d’agrégation de M. Terrier, en 1872, thèse qui est un traité classique de la matière. De même, Le Fort, dans le Dictionnaire encyclopédique, n'étudie que l’'angioma arteriale ramosum capitis. Deux travaux sont, par contre, consacrés aux anévrysmes cirsoides des membres : un article-de Cocteau, dans les Arch. gén. de méd., 1865, t. IT, p. 666, et la Thèse de Montignac, Paris, 1876.

On l’a considéré : 1° comme le résultat du développement d'un angiome; 2° de la paralysie des nerfs vaso-moteurs (Maur. Raynaud); 30 d’une lésion artérielle primitive et congénitale; 4° de Pinflammation

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des parois artérielles, consécutive à un traumatisme; 5° ou plutôt de ces deux dernières causes réunies : un traumatisme, chez un individu prédisposé, la nature de cette diathèse nous échappant d’ailleurs (Gosselin).

Les artères sont flexueuses, dilatées, tantôt épaissies, tantôt amincies, offrant des renflements moniliformes; les veines sont variqueuses, surtout au membre inférieur; des vaisseaux volumineux, qui sont probablement des capillaires dilatés et hypertrophiés, font communiquer directement le système artériel avec le système veineux; il y a, enfin, un état éléphantiasique du membre, comme dans l’anévrysme artério-veineux. (Terrier, p. 75.)

La maladie peut rester longtemps inaperçue, car sa marche est silencieuse; et, pour le membre inférieur, elle débute assez souvent, comme pour les varices, par les parties profondes, et se révèle d’abord par la fatigue et l’'hypertrophie de la jambe; ou bien, précédée ou non par une tache de naissance, elle se développe à l’occasion d’un traumatisme, une contusion plus particulièrement. Les signes physiques sont : une tumeur bosselée, pulsatile, mal délimitée; la peau épaissie et colorée; des battements artériels transmis par expansion dans les tissus indurés, phénomène sensible, surtout au toucher, et qui est d’une importance capitale; un souffle que l’on a trouvé tantôt intermittent, tantôt continu-intermittent;, on trouve rarement le thrill de l’'anévrysme artério-veineux. Les phénomènes fonctionnels sont : la gêne, la lourdeur et l’hypertrophie du membre, quelquefois des ulcérations cutanées.

Le diagnostic entre cette lésion siégeant aux membres, et l’anévrysme artério-veineux, est parfois assez délicat, et c’est pourquoi les deux lésions ont été souvent confondues.

Avant de venir au traitement, je vais d’abord donner les observations que j'ai pu recueillir dans les divers auteurs ou recueils.

Il y a dans le Mémoire de Breschet l'observation du malade Cartier, qui ne saurait rentrer dans notre sujet. Dans la Thèse de Terrier, deux faits d'Adams et de Fergusson, que je reproduis sommairement. Enfin, ceux de Bergeron et Duplay, de Michon, de Nicoladoni, et celui de Poland pour le pied.

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OBSERVATION XLIIT. — Apams. (Terrier, ex Med. Times and Gaz., 8 fév. et 16 août 1851.)

Homme de vingt-huit ans, bien portant, mais qui présenta, depuis sa naissance, d'énormes varices de tout le membre inférieur droit, hypertrophié. Depuis quelques années, un ulcère au bas de la jambe donna lieu à des hémorrhagies facilement arrêtées. Une d’entre elles emporta cependant le malade. L’autopsie montra une grande dilatation des artères, et surtout des veines du membre, particulièrement à la jambe.

OBSERVATION XLIV. — FERGUSSON. (Terrier, p. 72, ex eod. loco.)

Le malade avait une tumeur vasculaire du talon droit, congénitale, devenue plus tard pulsatile, puis ulcérée, et donnant quelques hémorrhagies. La jambe était bien plus grosse que l’autre ; tous les vaisseaux superficiels, surtout les veines, sont très apparents; on sent battre les tibiales et on y perçoit un bruit de souffle et du thrill. La compression au pli de laine exagère tous ces phénomènes. Fergusson lie la fémorale à la pointe du triangle; le membre s’affaisse aussitôt, puis se refroidit, s’engourdit, se sphacèle. Un mois après, la gangrène étant limitée, on pratiqua l’amputation, qui donna beaucoup de sang veineux. Le malade put néanmoins guérir: À l’autopsie du membre, les vaisseaux de la jambe sont énormément dilatés, les veines surtout; derrière la malléole interne, les tibiaux postérieurs donnent de nombreuses branches volumineuses ayant un aspect aréolaire, qui forment la tumeur pulsatile.

: 1865. BERGERON, pub. par Cocteau. Arch. gén. méd., FL; p+060:

1876. DupLaY, pub. par Montignac. Thèse P., décembre 1876 : « Anév. cirs. memb. »

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