‹ Lésions des Artères de la JambeChapitre 26 sur 54 · B. — MORT INDIQUÉE · texte numérisé non relu

B. — MORT INDIQUÉE

OBSERVATION CXIV. — Boyer. (Mal. chir., édit. 1844, t. II, p. 399.)

Un marmiton de seize ans avait été atteint, au-dessus de la cheville, par la pointe d’un couteau qui avait ouvert la tibiale postérieure. Des hémorrhagies ‘considérables furent arrêtées plusieurs fois par une compression énergique, si bien que la gangrène s’empara du pied. Boyer fut appelé le dix-huitième jour, mais l’état déplorable du malade ne laissait aucune chance de succès de faire l’amputation; la mort arriva le lendemain.

OBSERVATION CXV.— DESAULT. (Art. Tibiales, de Patissier, Dict. en 69 vol., t. LV, p. 161.)

Un vigneron de Suresne s'était blessé d’un coup de serpette à la partie antérieure et supérieure de la jambe, et il était survenu une infiltration sanguiné, vainement combattue par les émollients. Au huitième jour, Desault diagnostiqua une blessure de la tibiale antérieure, la découvrit et la lia. Mais le malade mourut peu de jours après d’une suppuration abondante, occasionnée par l’infiltration sanguine de tout le tissu cellulaire de la jambe.

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OBSERVATION CXVI. — FonNTAINILLES (Th. de Montpellier, avril 1830. Lés, traum. artér.)

À eu l’occasion de voir la section de la tibiale, au bas de la jambe, donner lieu à une hémorrhagie mortelle, parce qu'on ne voulut jamais recourir qu’à la compression.

OBSERVATION CXVII. — LarREy (cité par Chassaignac, Opér. chirurgic., t. I, p. 363)

À vu un cas de tétanos consécutif à la ligature du nerf avec l'artère tibiale postérieure.

OBSERVATION CXVIIL. — NicHer (Gaz. méd., P., 1833, p. 650)

À vu un paysan qui s’était ouvert la tibiale antérieure avec une faulx ; trans porté dans un hôpital, il périt des suites de sa blessure sans recevoir d’autres secours que des applications de glace sur la tumeur.

OBSERVATION CXIX. — Nicmer. (Jbid.)

Un jeune homme de vingt-quatre ans, en février 1831, fut blessé d'un coup de sabre à la partie supérieure externe de la jambe. Transporté de suite à l’'Hôtel-Dieu, il eut plusieurs hémorrhagies qui s’arrêtèrent par syncope. Deux heures après, on lia la fémorale à sa partie moyenne, et l’on recommanda un repos absolu. Le quatrième jour, le malade allait bien, quand il se déclara une forte hémorrhagie artérielle par la plaie opératoire ; on appliqua un tourniquet au-dessus, et on l’enleva le sixième jour, à cause de la douleur qu’il causait. Les plaies donnaient alors une sanie séreuse. À ce moment et les jours suivants, on observa de la fièvre, de la diarrhée, une inflammation des poignets et des genoux qu’on attribua au retour d’un rhumatisme disparu depuis trois mois. Le malade alla s’affaiblissant, et succomba le vingtième jour. A l’autopsie, on s’assura que les deux bouts de l'artère liée s'étaient . séparés et éloignés d'environ deux pouces; que le bout inférieur était oblitéré, mais que le supérieur renfermait un caillot peu adhérent : c'était par là

que s'était faite l’hémorrhagie secondaire. La pointe du sabre avait ouvert l'artère péronière et traversé le ligament interosseux ; cette artère était com-

plètement oblitérée. Les articulations affectées renfermaient de la sérosité trouble, et il s’était fait un épanchement séreux dans les ventricules cérébraux.

Pour l’auteur, la mort de ce blessé fut due à des causes étrangères à l'opération; la ligature d’Anel avait, d’ailleurs, oblitéré le vaisseau ouvert. Cest vrai, mais elle n’avait pas oblitéré solidement le vaisseau lié; ét il y avait certainement l'influence du traumatisme, accidentel ou chirurgical, qui avait réveillé ce que Nichet appelle du rhumatisme, et ce qui ressemble terriblement à de la septicémie.

OBSERVATION CXX. — STANLEY. (Lancet, 1849, I, p. 296.)

Un boucher s'était fait, au milieu de la jambe, du côté interne, une blessure étroite, mais profonde. Une hémorrhagie primitive abondante fut arrêtée par un bandage compressif, mais reprit le huitième jour. Quand on enleva l'appareil, Stanley élargit la plaie, vit que la tibiale postérieure était partiellement divisée et y jeta deux ligatures, l’une au-dessus et l’autre au-dessous. 1l y eut de la lymphangite du membre, du delirium tremens, un état général grave, et le malade succomba au bout d’une semaine, sans que l’hémorrhagie ait reparu.

OBSERVATION CXXI.-— VAN SWIETEN. (Comm. in Boerh Aphor., t. I, p. 22.)

Un étudiant, se défendant contre un soldat du guet, lui avait percé la jambe de son épée, et avait blessé l'artère qui est située profondément sous les muscles du mollet. Le blessé, ayant perdu une grande quantité de sang, tombe et est trouvé presque mort; on le ranime avec des cordiaux, et le sang se remet à couler jusqu’à une nouvelle syncope. On bourre la plaie de poudres styptiques; mais on cherche à remonter le malade par des toniques, et la tension du sang étant ainsi accrue, l’hémorrhagie reprenait; le malheureux finit par mourir. La blessure fut déclarée mortelle; il est vrai qu’elle fut la cause de la mort, ajoute Van Swieten, mais le chirurgien eût pu sauver le blessé s’il avait comprimé l'artère au creux poplité par une ligature appropriée, ou bien si, en agrandissant la plaie, il avait pu lier l’artère lésée; si, enfin, il avait : amputé le membre. +

OBSERVATION CXXIL.

J'ai eu connaissance d’un fait arrivé, l’an passé, dans les environs de Bordeaux : Un paysan avait été blessé au bas et au devant de la jambe avec une faulx, qui avait probablement ouvert la tibialé antérieure. On se borna à employer la compression locale et le tamponnement, si bien que la gangrène s’empara du pied et que le malade finit par succomber.

ARTICLE Il. — IBlessures par armes à feu sans fracture.

$ 1. — Ni amputation ni mort.

OBSERVATION CXXIIT. — J. ALEXANDER. (Monthly Journ. of., Edinburgh, 1849, t. IT, p. 452.)

Gordon, blessé d’un coup de feu par un braconnier ; une partie de la charge s'arrêta à l’aine et dans la cuisse, et un seul grain de plomb s’enfonça entre le tibia et le péroné, au milieu de la jambe. Le traitement antiphlogistique simple donna d’abord de bons résultats ; puis il y eut de la suppuration, et il se forma un anévrysme diffus secondaire, dont le gonflement, fort douloureux, gagna tout le membre, et qu'on ne pouvait rapporter qu’à la tibiale antérieure. La ligature directe, dans ce cas, étant presque impossible, on fit sur la fémorale de la compression intermittente pendant cinquante-trois jours, puis de la compression incomplète pendant trente-cinq jours, et un bandage roulé fut appliqué sur tout le membre. La guérison fut longue, mais complète.

OBSERVATION CXXIV. — CHENU. (Sfatist. de la guerre de Crimée.)

G..., soldat de la légion étrangère, reçoit, en avril 1855, une balle qui frappe la face interne du tibia au tiers inférieur, entame le bord de cet os et sort du côté opposé. A l’hôpital de Constantinople, où le blessé est évacué, on observe une hémorrhagie secondaire, indiquant une lésion probable de la tibiale postérieure (il n’est pas dit quel fut le traitement). On eut des fusées purulentes, une atrophie de la jambe, une ankylose incomplète du genou en flexion. Le blessé allait bien, néanmoins, cinq mois après.

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OBSERVATION CXXV. — CHENU, (Ibid.)

T..., soldat de la même légion, reçoit, en novembre 1854, une balle qui lui traverse le mollet. Il est évacué sur le même hôpital. Le sixième jour, on lia la poplitée pour remédier à une hémorrhagie qui se renouvela le quinzième jour, surlendemain de la chute du fil. Compression continue de la crurale pendant dix-huit jours; érysipèle du pied et de la jambe; accidents nom-

breux. Cicatrisation complète en août suivant.

OBSERVATION CXXVI. — Criprs. (St-Barthol Hosp. Rep., 1875; ex Amer. med. Times, 1864, p. 3.)

Balle de mousquet ayant traversé la jambe d’un soldat, à 3 pouces audessous du genou. Un mois après, tumeur fluctuante au côté interne de la jambe; on l’ouvre, et il sort beaucoup de pus et de sang. Le surlendemain, hémorrhagie artérielle; le chirurgien essaie de lier la tibiale postérieure blessée, mais ne peut y parvenir; il se borne à faire un pansement au permanganate de potasse. On remonta par des toniques le malade fort affaibli. ‘Il y eut guérison.

OBSERVATION CXXVII. — DEMARQUAY. (Un. medic., 1870, t. IX, p. 684.)

X..., quarante-neuf ans, de Compiègne, reçut, le 23 septembre 1869, un coup de fusil chargé à plomb. Il y eut peu d’hémorrhagie, maïs, pendant la marche, le pied devenait rouge et douloureux. Trois semaines après, petite tumeur au bas et au-devant de la jambe, qu’on traita et qu’on ouvrit comme un abcès ; le sang sortant fut facilement arrêté par la compression. X... rentre alors à la maison Dubois, et on reconnait facilement un anévrysme traumatique de la tibiale antérieure. La compression directe est bientôt abandonnée comme douloureuse et causant une eschare. Demarquay ouvre la poche et s’assure qu’elle communique avec l'artère par une petite ouverture latérale. 11 lie l'artère avec la veine qui lui est intimement accolée, au-dessus et audessous de la plaie, et garnit la plaie de charpie. La guérison fut régulière et était achevée quatre mois après.

OBSERVATION CXXVIIT, — DUPUYTREN. — ( Clin., t. IT, p. 529.)

M. de Gombault, chef d’escadron, reçut, en duel, le 10 février 1818, un coup de pistolet d’arçon qui lui traversa la partie supérieure de la jambe

entre le tibia et le péroné qu'elle érafla. Il y eut une hémorrhagie immédiate violente, qui fut arrêtée par la compression sur les deux plaies. La jambe se tuméfia, devint douloureuse, engourdie, pulsatile. A partir du treizième jour, il y eut une hémorrhagie qui récidiva plusieurs fois malgré le tourniquet de J.-L. Petit appliqué sur la fémorale. Dupuytren, appelé, reconnut une lésion probable du tronc tibio-péronier, et se décida pour la ligature de la fémorale, qu'il fit en effet. La plaie opératoire guérit très bien ; mais l’'épanchement sanguin fut plus longtemps à s’éliminer par suppuration; il sortit des vêtements et de l’os. Enfin, en six semaines, tout fut cicatrisé, et, trois mois après son accident, M. de Gombault était tout à fait rétabli. Dupuytren, dans ses cliniques, expose longuement les raisons à l'appui de sa. conduite dans cette circonstance (conduite universellement abandonnée aujourd’hui). Son motif principal est que la ligature au-dessus, en suspendant le cours du sang dans un vaisseau divisé, donne à l’inflammation le temps et les moyens de cicatriser les plaies des vaisseaux. Je reprendrai cefte théorie à la suite de ces observations. |

OBSERVATION CXXIX, — GuTHRIE. (Hogdson, Mal. art. et vein. reprod. in Lancet, 1849, t. I, p. 227.)

H. Vigarelie reçut, à Waterloo, une balle qui lui traversa la jambeen arrière et au-dessous de la tête du tibia, et sortit du côté opposé, au milieu du mollet ; elle avait dû passer près des vaisseaux. Mais, comme il n’y eut que peu d’inflammation et point d’hémorrhagie immédiate, on considéra la blessure comme légère. Cependant, il se déclara, le 30 juin, une hémorrhagie artérielle légère, et le lendemain une bien plus considérable qu’on arrêta par le tourniquet ; le malade fut très affaibli, et il s’'épancha beaucoup de sang sous le soléaire et dans les tissus voisins. En introduisant le doigt dans l’ouverture externe, on rencontrait, près du péroné, une petite tumeur anévrysmale par la compression de laquelle on arrêtait l’hémorrhagie; on conclut donc que la lésion siégeait sur la péronière seule. Or, l'hémorrhagie risquant de se reproduire, et l’infiltration sanguine étant toujours dangereuse, surtout dans une. plaie d'arme à feu enflammée, il fallait arrêter le cours du sang et évacuer lépanchement, et, pour cela, lier la péronière. Aussi Guthrie fit une incision longitudinale de sept pouces, avec l'ouverture de sortie de la balle pour centre, et divisa les muscles couche par couche vers l'artère.

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ÎLa recherche fut pénible, à cause de l’inflammation et de l’infiltration ; on voyait la place d’où sortait le sang (à 1 pouce ‘/, au-dessous de l’origine de la péronière) sans pouvoir saisir le vaisseau lui-même. Guthrie fit une petite incision perpendiculaire à la première, et, comme l'artère n’était pas encore isolée, ilembrassa dans sa ligature, au-dessus et au-dessous, un peu des tissus voisins ; puis, avec un filet d’eau tiède, il enleva de la plaie le coagulum sanguin, et réunit par des bandelettes. 11 employa l'irrigation froide continue pendant quatre jours, puis les cataplasmes. La plaie ne guérit pourtant que par seconde intention et assez lentement, car il fallut trois mois pour cela. La jambe malade était alors un peu plus petite que l’autre et fléchie sur la cuisse ; on y remédia par des appareils mécaniques, de sorte que le malade arriva à marcher sans paraître boiter; seulement il se fatiguait plus vite de cette jambe, et sentait parfois des crampes dans le pied. On ‘ l’attribua à la lésion de quelque nerf par la balle dans son trajet (ou bien, peut-être, selon moi, à l’incision cruciale et à la ligature médiate, qui avaient dû intéresser le sciatique poplité externe).

J'ai rapporté cette observation avec quelques détails, parce qu’elle est une des principales sur lesquelles Guthrie a appuyé sa théorie, en opposition avec celle de Dupuytren : lier dans la plaie les deux bouts de l'artère. Et je l’ai fait aussi parce que cette observation, de même que celle de Dupuytren, qui précède, ont été reproduites très souvent, de troisième ou de quatrième main, sans remonter aux sources, et qu’elles ont subi toutes les deux, dans ces mentions successives, des changements successifs aussi, qui ont altéré le nom des malades et, ce qui est plus important, les circonstances du fait : production, symptômes ou traitement.

OBSERVATION CXXX. — HaLL. (Lancet, 1849, I, p. 254.)

Un gentleman de soixante ans, étant à cheval, fut renversé, le pied fixé dans l’étrier, trainé quelque temps, et enfin reçut du cheval un très fort coup de pied sur le gras de la jambe. Bien qu'il fût protégé par une botte épaisse, le fer du cheval fit au tiers moyen du mollet une plaie d’environ un pouce, et blessa quelque artère, car il y. eut une hémorrhagie considérable. On appliqua un tourniquet, on débrida et on détergea la plaie et on lia les deux bouts de la tibiale postérieure. Le choc traumatique fut grand, mais le malade se rétablit.

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OBSERVATION CXXXI. — JaRJAVAY. (Anatom. chir., LL, p. 195.)

Un soldat, en 1849, avait été blessé à la partie interne et postérieure de la jambe ; il en était résulté une hémorrhagie artérielle, Les pulsations étant abolies derrière la malléole, mais non sur la pédieuse, Jarjavay alla à la recherche de la tibiale postérieure, trouva, en effet, l’artère blessée, et en lia les deux bouts. La guérison était complète en trois semaines.

OBSERVATION CXXXII. — LisrRrANC. (Trait. anév., Th. conc., 1834, p. 144.)

Javotte, vingt-deux ans, avait reçu une balle dans la jambe, le 29 juillet 1830 ; il en résulta un anévrysme faux primitif. On le traita par la ligature de la “ fémorale au tiers supérieur, le 2 août, et la guérison se fit sans accident.

OBSERVATION CXXXIIT. — PArLLaRD et MARx. (Clin. de Dupuytren, V, 405; ex Relat. méd., expéd. Alger.)

Lors du siège d'Alger, un chef arabe, d’une constitution athlétique, eut le mollet traversé par une balle, L’indigène qui le soigna promena tous les jours -dans la plaie un seton de grosse toile. Au vingtième jour, il y eut une hémor-

rhagie très forte fournie probablement par la tibiale postérieure. Un point de compression, établi sur l’artère fémorale par le chirurgien français, sus- - pendit l’hémorrhagie, qui ne reparut plus.

OBSERVATION CXXXIV. — ParLLARD et Marx, (Relat. chir., siège d’Anvers, in Journ. hebd., 1833, t. X, p. 293.)

Bouley, canonnier, reçut un éclat d’obus à la partie externe inférieure et postérieure de la jambe; le tendon d’Achille fut rompu, et la tibiale postérieure ouverte. À l’ambulance, on lia de suite l’artère, et l’hémorrhagie ne

reparut plus.

OBSERVATION CXXXV. — Sopen. (Lancet, 1866, I, 537.)

Lydia L... avait été atteinte, au-dessous des deux genoux, par un coup de fusil chargé à plomb. On fit un pansement simple, car il n’y eut pas d’hémor-

pue

rhagie primitive appréciable. Mais, trois semaines après, on constata l’apparition d’un anévrysme faux qu’une ponction ne guérit pas. Au trente-cinquième jour, on incisa la tumeur, on la vida et on lia les deux bouts de l'artère tibiale postérieure atteinte au tiers supérieur. Hémostase immédiate et guérison cornplète. ‘ s

$ 2. — Cas suivi d'amputation.

OBSERVATION CXXX VI. — Broca. (Th. Mancash, P., 1874, Fract. complig. de jambe, p. 35.)

Un homme, pendant la Commune, est blessé par une balle qui traverse l’espace interosseux, sans léser les os. Une hémorrhagie s’ensuit ; la plaie est tamponnée par un pharmacien, et le malade transporté, le lendemain, à la Pitié. Broca, après avoir retiré un grand nombre de tampons du fond de la plaie, lia les deux bouts de l’artère, sans pouvoir arrêter l’hémorrhagie. Alors . il pratiqua l’amputation, et obtint la guérison.

S 3. — Cas suivis de mort.

OBSERVATION CXXXVII. — W.-H. Cripps. (Saint-Barthol Hosp. Rep., 1875, p. 94.)

D. R... fut frappé, au tiers supérieur du mollet, par une énorme pièce de métal lancée violemment ; il y eutune hémorrhagie immédiate, puis une grande infiltration sanguine. Le lendemain, légère perte de sang. On incisa alors, on enleva le morceau de fer resté dans le fond de la blessure, et, soudain, un violent jet de sang s’échappa de la tibiale postérieure. La fémorale étant comprimée, on élargit la plaie, afin de lier le vaisseau, ce à quoi on ne put arriver qu'après une difficulté considérable. Le malade succomba deux jours après. |

OBSERVATION CXXXVIIL. — GUTHRIE. (Hogdson, Mal. art. et vein., trad. Breschet, t. II, p. 366, et Lancet, 1849, I, p. 227.)

Th. Carryan, soldat anglais, blessé à Albuféra, le 16 mai 1811, et.atteint à la partie interne du gras de la jambe par une balle qui sortit au bord externe

et antérieur du tibia. Ily eut une hémorrhagie abondante qui cessa bientôt et qui ne reprit qu’un mois après. Comme le sang se remettait alors à couler à chaque mouvement, le sous-chirurgien de service lia l'artère fémorale à sa partie moyenne, ce qui arrêta le sang. Douze jours après, la plaie avait mauvais aspect, par la pression, on faisait facilement sourdre du sang coagulé, et parfois un jet de sang artériel. On se décida à amputer la cuisse au-dessus des ligatures. Le malade mourut. La dissection montra que la tibiale antérieure avait été détruite dans une certaine étendue et que les muscles du mollet étaient dans un état presque gangréneux.

OBSERVATION CXXXIX. — GurHRie. (Lancet, 1849, I, p. 227.)

Un fantassin, au combat de Salamanque, reçut à la jambe une balle qui pénétra a deux pouces en arrière et au-dessous de la tête du péroné, et sortit. près du bord interne du tibia. La blessure fut traitée comme simple, parce qu’il y eut.peu de sang répandu tout d’abord ; mais, à partir du huitième jour, il y eut plusieurs hémorrhagies artérielles. Malgré l’avis de Guthrie, on lia la fémorale en son milieu; mais le succès ne se maintint pas longtemps : le sang revint par la blessure; le membre fut amputé, et le malade mourut. On s’assura, de visu, que la tibiale postérieure était blessée et friable.

2e PARTIE. — CONSIDÉRATION ET DÉDUCTIONS.

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