CHAPITRE II
Anévrysmes spontanés ou sans traumatisme.
Les anévrysmes spontanés des artères de la jambe sont presque entiérement inconnus dans les ouvrages classiques, et notamment dans les traités de Broca, de Follin, et dans les articles de Richet et de Le Fort des deux grands Dictionnaires de médecine. C'est aïnsi que Broca (Traité des Anévrysmes, p. 44) dit : « Plusieurs auteurs » se sont occupés de la fréquence relative des anévrysmes dans les prinÿ cipales artères. Je reproduirai seulement ici le relevé de M. Crisp
SE »(On Structure, Diseases, and Injuries of the Blood Vessels, Lon- » don, 1847), parce que l’auteur a rassemblé indistinctement et exclu- » sivement les cas d’anévrysmes spontanés, internes ou externes, qui ».ont été-publiés dans la Grande-Bretagne, de 1785 à 1847. » Et j'ajoute que cet auteur, que j'ai dû consulter à la Bibliothèque nationale, n’a vu, sur 591 cas d’anévrysmes, dont 234 à l’aorte et 137 poplités, que deux à l’artère tibiale postérieure, les cas de. Brown et de Tyrrell (Obs. XVILet XXX VI). Tous les auteurs qui ont écrit depuis en France, Follin, Le Fort, Richet, n’ont guère fait que citer ce relevé, fait pour l'Angleterre il y a trente-cinq ans.
On va voir que j'ai pu, par des recherches assez sérieuses et assez étendues, en retrouver un bien plus grand nombre d'exemples. Beaucoup viennent de l’étranger; mais, en général, les auteurs qui observaient des faits d’anévrysmes vrais de la jambe, et qui les publiaient dans les journaux, les monographies, ou les présentaient aux Sociétés savantes, se bornant à se référer aux traités classiques sur la matière, et n’y trouvant pas de cas analogues aux leurs, avançaient de bonne foi, et chacun à leur tour, qu’ils donnaient des faits absolaument nouveaux.