‹ Lésions des nerfs par coups de feuChapitre 7 sur 37 · ÉTIOLOGIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

Nous passerons rapidement sur les lésions anatomiques produites par une arme de gros calibre. Les désordres causés par un boulet ou un éclat d’obus, souvent même par une cartouche de plombs de chasse, tirée à bout portant, sont tellement graves que le blessé succombe le plus souvent. Dans des cas plus heureux l’'amputation est indiquée et peut seule mettre l'intéressé hors de danger. En effet, alors non seulement le plexus nerveux est haché, dilacéré, mais les artères sont le plus souvent sectionnées, et les os fracturés. Les blessures par fusils de chasse donnent des lésions qui diffèrent suivant que le coup a été liré à longue ou à faible dislance. Dans le premier cas, chaque petit grain de plomb se conduit comme une petile balle; dans le second cas, la décharge fait balle et produit les mêmes dégâts qu’un projectile de gros ou de moyen calibre, nécessitant une intervention radicale.

Nous nous arrêterons seulement aux lésions anatomo-pathologiques produites par les balles de petit calibre, qui, seules présentent des phénomènes que nous pourrions éludier et qui soient susceptibles d’un traitement. Makins les a très bien observées dans son

ouvrage sur la guerre anglo-boër.

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Les degrés des lésionsanatomiques varient, selon lui, d'après une progression mathématique. L'étendue de la lésion n’est pas toujours promptement diagnostiquée dès le début des symptômes cliniques; de plus, l'état actuel ne doit pas être évalué uniquement d’après la grandeur apparente de la lésion anatomique; car 1lcomporte des modalités qu'il est difficile de fixer, puisqu'elles sont variables avec la vitesse de la balle et le degré correspondant de la force vibratoire à laquelle le nerf a été soumis. Dans ces lésions, comme dans toutes celles du système nerveux, le degré de la vitesse de la balle paraît gagner une certaine importance à la fois en ce qui concerne les symptômes généraux et l’effet local de la capacité fonctionnelle du nerf.

L'auteur anglais marque, comme premier stade de lésion, l’ébranlement nerveux. Les effets capitaux de l’'ébranlement, dit-il, sur le tissu nerveux de l’encéphale et de la moelle, sont des lésions destructives dépassant de beaucoup celles qu'accompagnent les mêmes traumatismes rencontrés dans la pratique civile ordinaire, les derniers étant surtout localisés en étendue, non profondeur.

Dans le cas des nerfs périphériques, il emploie les termes d’ébranlement et de contusion pour désigner certains groupes de phénomènes cliniques, ajoutant qu'aucune distinction absolue ne peut être établie au point de vue anatomo-pathologique. Un ébranlement grave peut, en fait, avoir des effets beaucoup plus destructeurs que ceux d’une contusion, et des suites plus longues. Une certaine longueur du nerf affecté est complètement broyée et perdue pour la conductibilité,

to l'élément conjonctif restant seul intact : dans ces conditions un nerf qui a subi un ébranlement très grave, qui, en coupe, peut ne pas donner de lésions macroscopiques visibles, pourra mettre un temps plus long à recouvrer son rôle qu'un autre, dans laquelle la présence d’un épaississement localisé considérable, indiquera le contact direct avec le projectile ayant occasionné une hémorragie dans la gaine nerveuse et peut-être une rupture partielle de fibres nerveuses.

L'importance thérapeutique et pronostique de celte remarque est évidente. Le trajet du nerf est garanti par sa charpente conjonctive et une guérison, par régénération des fibres nerveuses, pourra se faire d'autant plus complètement et plusrapidement qu’on aura laissé faire la nature,et que le chirurgien n’y aura pas porté la main. Il n'est pas douteux que les troncs nerveux peuvent échapper à des traumatismes graves par déplacement latéral.

Le simple fait que le tronc lui-même peut être perforé d’une fente dans son axe longitudinal suggère la possibilité d'un déplacement de toute sa masse, et cela sans doute se produit fréquemment. Le déplacement sera naturellement le plus fréquent dans les nerfs du bras par exemple, qui ont un long parcours dans un issu relativement lâche. Dans une remarquable observation citée par Makins, une opération exploratrice a montré le radial, dans la partie supérieure du bras, introduit par une boutonnière, qui s’était providentiellement close, dans l'artère humérale.

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