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progressive de l’os avec suppuration et séqueslires, évoluant sur un terrain douteux. La malade, en effet, eut huit enfants bien portants, sans aucun accident, puis, dans ces six dernières années, elle présente quatre fausses couches de trois mois environ, avec naissance de deux enfants débiles et maladifs, ce qui nous fait soupçonner la nature syphilitique du terrain. Les diverses affections que nous venons de signaler évoluent avec un ensemble de symptômes visibles, perceptibles et plus ou moins aigus. Il en existe d’autres chroniques, longtemps silencieuses, ignorées, très difficiles à déceler, que nous allons étudier en traitant des notions étiologiques et pathologiques pro-
pres à ces affections.
ETIOLOGIE ET PATHOGENIE
Pourquoi cette localisation élective de l'infection au niveau de l’os intermaxillaire ? Cette question fut posée au sujet de la préférence que la syphilis marque pour le bourgeon incisif. Les auteurs se demandaient également pourquoi la syphilis ayant été latente pendant des années, se réveillait pour atteindre la région de l’os incisif seule ?
Lebedinsky (28) et Chompret (33), pour répondre à la première question, pensèrent à la nature embryologique de los incisif dépendant du bourgeon frontal. € I n’y a donc rien d'étonnant, dit Lebedinsky, à ce qu’un processus pathologique se limite à l’os incisif tout entier, à une moitié de cet os, ou même à un quart qui ne supporte qu'une dent incisive. » Ils faisaient intervenir en plus la septicité du milieu buccal dans l’éclosion des accidents tertiaires, comme cela se voit pour les accidents secondaires.
Chompret (33) pense à un ébranlement du bourgeon
frontal par les bourgeons latéraux au cours du déve-
ae, PER
loppement embryonnaire, mais il insiste surtout sur une notion de traumatisme entraînant une cause occasionnelle de moindre résistance, du fait de l’articulation même des dents. « Si les molaires broient les unes contre les autres, les incisives inférieures viennent mordre en dedans des incisives supérieures, produisant un traumatisme continu de la région intermaxillaire, d'autant plus grand que larticulation sera plus basse et que la surface libre triturante des dents se rapprochera plus de la muqueuse palatine. »
Amoedo (31) invoque un mécanisme analogue chez un malade qui avait une articulation dentaire très défectueuse, les incisives articulant bout à bout, toute obturation faite sur ces dents tombait en peu de temps car, n'ayant pas de molaires, il était contraint de mastiquer avec les incisives. Ce traumatisme constant détermine une pyorrhée alvéolaire qui fut suivie de la nécrose de l'os.
Pietkiewicz (29) rapporte qu’un de ces malades atteint de nécrose syphilitique au maxillaire supérieur était joueur de flûte. Le traumatisme qu’exerçait la pression de l'instrument et de la percussion répétée de la langue expliquait la localisation de la syphilis.
C’est un fait certain qu’un traumatisme brutal et unique ou léger, mais répété, joue un rôle favorisant pour une localisation d'infection, que ce soit la syphilis, la tuberculose ou le cancer même.
D'autres auteurs invoquèrent le défaut de soudure aux os voisins chez certains sujets, la nocivité du milieu buccal et la nature alvéolaire du tissu nécrosé (Cruet) (32).