SEAT
la localisation du tréponème sur le bourgeon incisif, et il leur semble que c’est elle qu’il convient d’interroger avant toute autre pour pénétrer les motifs de la” fréquence de la syphilis à ce niveau.
On ne voit pas pourquoi à un moment plus qu’à un autre, la syphilis dans cette région de prédilection, provoquerait cette nécrose insidieuse et si mutilante ; ces lésions pouvant survenir jusqu’à 25 ans après le début de l'infection syphilitique, quelquefois, au contraire, se produisant dès les premières années et même le premier mois.
Ces mêmes questions de localisation et de fréquence peuvent se poser au sujet de la tuberculose de cet os.
Les auteurs insistent ici surtout sur une origine exogène de l'affection, la gencive commençant à être touchée, et l’os seulement en dernier lieu. |
La fonte du tissu osseux est lente lorsque le bacille de Koch agit seul, mais elle devient rapide, étendue, dès qu’arrivent les infections mixtes. Il est de toute évidence de penser au rôle que doit jouer la septicité buccodentaire dans l’évolution et la production de ces lésions, surtout chez des malades affaiblis, en mauvaise condition de résistance et présentant un terrain favorable à toutes les manifestations d’ordre microbienne. Si parfois cette affection est méconnue, et s’il faut lui rapporter certains faits d’ostéopériostite à marche lente, que l’on croit d’origine dentaire, inversement un grand nombre de faits catalogués comme ostéite tuberculeuse du maxillaire, sont manifestement des ostéites dentaires ignorées, suivies de la production de fistules, d’une durée interminable, que l’on
(jh
ne peut faire disparaitre que par des curettages successifs.
Dubreuil, Chambardel (39), dans ses travaux sur la carie précoce des incisives supérieures, recherche l'explication de cette localisation particulière. I en conclue que cette nécrose était liée à la persistance chez l’adolescent et l’adulte, de l’état d'indépendance de l’os intermaxillaire. Il fit d'importantes recherches ostéologiques. I rencontre 9 fois sur 1.200 crânes, une synarthrose vraie entre l’os incisif et l’os maxillaire supérieure, c’est-à-dire une disposition rappelant la séparation primitive de ces deux os : sur ces 9 crânes, 6 présentaient des caries des quatre incisives. Il en déduisit qu’il y avait un rapport très étroit entre la persistance de la synarthrose incisive et la nécrose des dents incisives supérieures. Dans les cas de persistance de la synarthrose incisive, le système artériel conserve un type infantile consistant dans la nonanastomose des vaisseaux issus de l’artère alvéolaire, et de ceux provenant de l'artère sous-orbitaire, ces deux vaisseaux conservant ainsi une indépendance à peu près absolue. Il se produit une insuffisante nutrition de la portion incisive du maxillaire, ce qui expliquerait pourquoi les dents implantées dans cette région sont si facilement touchées par le processus pathologique.
« C’est là une confirmation de la loi de Ledouble, qui veut que tout organe présentant des variations morphologiques, soit plus sujet qu’un autre à subir les atteintes pathologiques. »
Dans le cas présent, une variation anatomique
AU
(le défaut de soudure de l’os incisif et de l’os maxillaire) a pour conséquence une irrigation défectueuse de cet os incisif, déterminant à son tour une moindre résistante à son niveau et des dents annexces.
Le développement des germes dentaires et des cavités alvéolaires occupant la partie antérieure du maxillaire a été invoqué pour expliquer la localisation osseuse primitive de l'infection, dans les ostéites du maxillaire supérieur chez les nourrissons. F.-J. Collet (19) pense que l’empyème de la cavité du sinus de dimensions très réduites chez le fœtus n’est qu’une phase évolutive d’une ostéite du maxillaire. Dernièerement, M. R. Petit (50) rapportant une observation à ce sujet, signala qu’il existe chez le nourrisson une activité circulatoire intense comparable à celle des épiphyses pendant la croissance, au niveau des cavités alvéolaires. » Cette congestion active appelle la localisation microbienne, dit-il, comme dans l’ostéomyélite de croissance. Il s’agit certainement d’une infection apportée par la voie sanguine et localisée dans le maxillaire par l’activité physiologique de cet os. » F.-J. Collet pense que la porte d’entrée du microbe est au niveau de l’amygdale.
Pourquoi ne serait-elle pas au niveau même d’un follicule dentaire, l'agent pathogène provenant de la cavité buccale et remontant au germe par la voie d’un gubernaculum ?
Il nous semble que la présence des dents qui, anatomiquement, occupent la plus grande place dans le volume restreint de l’inter-maxillaire, s'ajoute aux
causes anatomiques et embryologiques, que les auteurs