‹ Lésions Latentes Naso-Sinusiennes et Nerf OptiqueChapitre 10 sur 51 · PE EU · texte numérisé non relu

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me infiltré au travers des mailles du tissu conjonctif sous-muqueux avec des zones d’imprégnation leucocytaire. À côté des lésions muqueuses, Sluder insiste sur les altérations de l’os sous-jacent. Le périoste est tuméfié, l’os notablement épaissi, riche en ostéoblastes mais aussi parsemé, surtout dans les cas anciens, de foyers de résorption osseuse renfermant des ostéoclastes. Il y a donc le plus souvent coexistence d’hyperplasie et d’ostéite raréfiante. Herzog a étudié des coupes histologiques de provenance identique ; elles montraient cette même alternance des zones d’ostéoblastes en activité et de zones de substance osseuse pauvre en sel calcaire ; il a vu aussi l’infiltration œdémateuse notable de la moelle. D’après White, Reynoldo, ces lésions dues à une hypérémie longtemps prolongée sont communes aux inflammations les plus banales des fosses nasales et de leurs annexes. Elles peuvent s'étendre à l’ensemble des cavités naso-sinusiennes ou se localiser en certaines régions au niveau desquelles il est possible d’assister à la marche du processus hyperplasique. C’est ainsi qu'on peut suivre au niveau du méat moyen d'exploration facile la production graduelle de certaine modifications anatomiques, telles que l'hypertrophie de la bulle et de l’apophyse unciforme ou loblitération du canal naso-frontal même après son élargissement chirurgical. En résumé, le type hyperplasique est réalisé par une dégénérescence muqueuse primitive progressant vers le dedans et entraînant un processus mixte « d’apposition et de réabsorption » de los sous-jacent, sans qu'il y ait d’ailleurs la moindre trace de carie ou de destruction né-

or

crotique comme l'avait pensé Woakes. Le fait que de telles lésions peuvent ne pas dépasser les limites du sinus qu'elles atteignent ou s’extérioriser discrètement vers les fosses nasales en fait bien un type de sinusite latente.

4°) TyPE POLYPEUX. — C’est un type relativement rare dont nous publions une observation (obs. 19). Les polypes ne constituent pas à proprement parler une lésion autonome. Le plus souvent ils traduisent le mode de réaction d’une muqueuse enflammée chroniquement, mais 1l arrive que les lésions originelles régressent complètement, tandis que persiste la manifestation de dégénérescence. C’est le polype solitaire des fosses nasales, décrit par Caboche. C’est un petit myxome en général unique, pédiculé, unilatéral, susceptible d'abandonner la cavité où il s’est développé. La polypose des fosses nasales ou des sinus constitue une affection latente dont le diagnostic s’oriente très tard, le plus souvent au cours d’une exploration ou d’une intervention dirigée contre une atteinte du nerf

optique d’étiologie jusqu'alors imprécisée.

II. GROUPE NASO-PHARYNGIEN.— Laurens avait déjà attiré l’attention en 1895 sur les lésions nasales aiguës et chroniques susceptibles de se compliquer de troubles oculaires. Parmi les dernières, il citait les déformations congénitales ou acquises du squelette nasal et les déviations de la cloison ; Gallatier, Myron, Metzenbaum incriminent également la cloison déviée surtout lorsque la déformation porte non pas sur le

pied, mais sur la partie postérieure et supérieure ; dans d’autres cas, les fosses nasales sont congénitalement malformées et rétrécies; mais les lésions les pius souvent signalées sont l’asymétrie du cornet moyen et les modifications du méat (Lubet-Barbon). Tantôt on constate une grosse tête de cornet, tantôt c’est la queue qui déborde les fosses nasales vers l’arrière, obstruant l’orifice du sinus sphénoïdal transformé en cavité close ; quelquefois le cornet moyen bulleux dans sa moitié postérieure renferme une goutte de muco-pus ; ce sont encore des déformations totales du cornet aplati, parallèle ou adhérent à la face externe des fosses nasales, si bien que la fente la plus étroite n’est pas entre le cornet et la cloison,mais entre le cornet et la paroi externe, sans possibilité de drainage de la partie supérieure du nez. Les cas extrêmes montrent un cornet moyen hypertrophié dans sa totalité, touchant la cloison d’un côté, remplissant le méat de l’autre et tapissé d’une muqueuse brillante, tomenteuse ; toute la région méatique est humide non pas de pus, mais d’une sécrétion aqueuse légère qu’on ne retrouve pas dans l’autre narine. Les lésions les plus atténuées sont de simples troubles congestifs qui, à côté de leur rôle propre sur l'équilibre d'irrigation locale, reflètent toujours d’après Liébault, la fluxion du sinus sphénoïdal, qui est derrière; on ne comprend pas, en effet, comment un sinus réagirait sur le nerf optique voisin sans que la congestion qui l’étreint ne se propage de même à la partie avoisinante de la muqueuse nasale ; l’aspect petit, sec d’un cornet moyen séparé nettement de la cloison, est difficilement com-

patible avec une poussée congestive située immédiate-, ment derrière lui.

Du côté du méat moyen, Goris, Gaving, Young ont signalé la dégénérescence polypoïde. Goris a rapporté l'observation d’un professeur souffrant d’un scotome central. La cocaïnisation du méat moyen, inacessible à cause du volume du cornet, permit l'introduction d’une anse qui ramenait deux petits polypes muqueux de la grosseur d’un haricot.

Metzenbaum a signalé aussi le développement exagéré du cornet inférieur figurant une demi-conque, tendant à l’accolement avec la cloison.

A côté de ces lésions purement nasales, nous croyors devoir rapporter celles intéressant les amas Iymphatiques du rhino-pharynx : végétations de volume apparent moyen, mais énormes à l’opération (Sargnon, de Stella, Bigo, Giraud et Prosper Weil), grosses amydales périodiquement enflammées et causant des angines à répétition.

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