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ner une réplétion exagérée des vaisseaux, susceptible de comprimer le nerf dans son canal osseux étroit et inextensible ; mais supposons qu’il n’y ait absolument aucun état inflammatoire à la base du trouble circulatoire, est-ce que, ce que nous savons du rôle fonctionnel du trijumeau et du système sympathique sphéno-palatin ne permet pas d’attribuer à lirritation de leurs fibres terminales un rôle important dans la genèse du déséquilibre vasculaire ?
La richesse d’innervation de la pituitaire, surtout au niveau du cornet moyen et tout particulièrement dans les couches sous-épithéliales, explique la participation du système nerveux aux affections les plus banales et les plus légères ; l’épithélium est d’une fragilité telle qu’un rien suspend sa fonction protectrice et expose à l’exaspération les filets touffus mis à nu. Peut-être même sont-ce les lésions les moins graves, les moins profondes, qui agissent le plus rudement sur eux. C’est bien le cas de cette variété de lésion, dite latente, qui ne l’est en somme que parce qu’on l’ignore longtemps, mais est bien réelle cependant, quand il s’agit de perturber l'équilibre nerveux au sein du tissu qu’elle transforme. Il n’y a pas, d'ailleurs, d’autre explication à donner de ces céphalées d’origine sinuso-nasale, qui traduisent l’irritation du système nerveux propre, périphérique de la pituitaire beaucoup plus que laction problématique de rétentions inexistantes ; les syndromes névralgiques qu'on rencontre dans ces cas expriment la souffrance du trijumeau irrité ; la meilleure preuve en est dans la rétrocession des algies sous l'influence de la co-
cainisation des méats. Or, on sait combien sont multiples les connexions directes du trijumeau et du sympathique, et l’on ne conçoit pas l’irritation de l’un sans celle de l’autre. Ce sont des considérations de cet ordre qui ont amené Sluder à décrire le syndrome sphéno-palatin, dont la forme pure est d’ailleurs assez rare, d’après Worms. Aussi bien, ne faut-il pas oublier :
a) Que le systéme sphéno-palatin tient sous sa dépendance le régime vaso-moteur des fosses nasales et de leurs annexes, par l'intermédiaire du ganglion sphéno-palatin et des filets ganglionnaires directs du nerf maxillaire supérieur ;
b) Que les vaso-moteurs naso-sinusiens sont en connexion étroite avec les vaso-moteurs oculaires.
Est-il donc inadmissible que l’atteinte des uns se déroule sans celle des autres et que les troubles de circulation et de nutrition du premier territoire aient leur pendant dans le second.
. Point n’est besoin d’invoquer la propagation directe ou indirecte d’une infection qu’on imagine plutôt qu’on ne la voit, ou une compression pariétale hyperplasique exceptionnellement effective ; tous les aspects des lésions latentes du nez et des cavités annexes, depuis l’'empyème fermé, jusqu’à la déviation de la cloison, sont autant d’épines tirritatives qui se suffisent à elles-mêmes pour déclancher les troubles vaso-moteurs les plus graves, sans que les réactions
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infectieuses ou compressives aient à intervenir. Sans doute, l'infection, quand elle existe, même légère ou sous forme de poussée aiguë, ajoute-t-elle un surcroît de congestion à celle existante déjà, mais elle intervient à titre épisodique, pour aggraver les troubles d'irrigation déjà existants ou parfaire brutalement une lésion du nerf en cours. Ainsi s’expliquent ces disparitions brutales de la vision, mettant subitement fin à une baisse progressive de l’acuité. Ce sont aussi des troubles circulatoires que ces états congestifs du globe et de la face, avec sensation de battements artériels, dont se plaignent ces malades, qui son nosologiquement des obstrués du nez, mais pathogéniquement des congestionnés. Ainsi s'expliquent enfin les bons résultats des interventions anodines sur le squelette nasal déformé; elles agissent tout à la fois par réduction hémorragique de la stase sanguine, rétablissement de la perméabilité nasale dont dépendent l’aération indispensable des premières voies et corrélativement la mécanique décongestive de l’aspiration pulmonaire, sans compter qu’elles suppriment, en méme temps que l’épine irritative du sympathique, les organisations favorables aux stagnations et aux retentions, qui sont des sources adjuvantes de congestion.
En conclusion, les troubles circulatoires nous paraissent intervenir au premier plan sur la scène pathogénique de la névrite sinuso-nasale. Qu'ils dépendent d’un état inflammatoire insignifiant ou du déséquilibre vaso-sympathique par épine irritative, c’est là une nuance que nous ne pouvons pas préciser ; peut-être
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lun et l’autre collaborent-ils au déséquilibre vasomoteur ; quoiqu'il en soit, la suspension du régime normal d'irrigation et de nutrition du nerf optique semble donner l'explication la plus générale et la plus vraisemblable de l’action des états latents naso-sinusiens sur la fonction visuelle.