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CHAPITRE IV

Etude clinique

Etiologie générale

Le pourcentage étiologique des lésions latentes naso-sinusiennes est encore très discuté. À l’origine, en effet, l’accord n'existait pas sur la réalité de telles lésions. Les examens rhinologiques portaient souvent des conclusions négatives ou signalaient des lésions tellement minimes que leur interprétation était différente, selon les cliniciens qui les observaient. De plus, les améliorations obtenues par les traitements inspirés d’une telle étiologie n’encourageaint pas à soutenir la possibilité d’un rapport de cause à effet : une statistique de Stenger, un des plus chauds interventionnistes, ne cite que six résultats assez bons, sur dix-huit cas opérés.

D'autre part, les sinusites postérieures aiguës, non douteuses, n’avaient, dans les statistiques publiées,

qu'un infime pourcentage de complications optiques,

NL RU

Voici quelques chiffres relevés dans la littérature des vingt dernières années :

Flateau : 26 cas de sinusites sphénoïdales, 0 névrite Beck : 96 cas —— — 1 névrite Hickel : 20 cas — — 0 névrite Henrici : 36 cas — = 0 névrite Wertheim : 53 cas — — 0 névrite

Enfin, les ophtalmologistes auraient voulu légitimer l’origine latente naso-sinusienne par la description d’un type clinique de névrite particulier à une telle étiologie: Pour Weill (de Strasbourg), l’étiologie sinusienne est illusoire : la sclérose en plaques occupe de beaucoup la première place (68 %) et toutes les autres causes sont à reléguer à l’arrière-plan; Morax, Chaillous, Kalt émettent la même opinion et considèrent comme des coiïncidences les guérisons opératoires des troubles optiques.

Maigré l’autorité qui s'attache aux noms de ces observateurs, nous pensons qu'il y a bien des arguments en faveur du rôle étiologique des lésions latentes :

a) La proportion des lésions de l’endo-nez et des cavités annexes n’ayant donné aucun signe clinique, mais constatées à l’amphithéâtre, est de 27 %. Harke a examiné 294 sujets, sur lesquels il a relevé 131 fois

des affections du nez et des sinus.

Lichwitz, comparant la fréquence des empyèmes des cavités accessoires nasales sur le vivant et sur le ca-

AE

davre, arrive aux résultats suivants ; sur 915 autopsies :

Sinusites sphénoïdales ........ 146 Sinusites ethmoiïdales ........ 200

Sur 1.200 malades :

238 sinusites, dont 46 sphénoïdales.

b) Il y a des cas de névrites optiques dans lesquels les signes cliniques de sinusite sont évidents.

c) Il y a des cas de troubles optiques dans lesquels l'exclusion de toutes les autres causes pathologiques laisse en suspens le diagnostic étiologique. Voici quelques statistiques de cet ordre :

Derby (1902) 108 cas origine inconnue 67 Lenoir (1916) 16 cas — — 11 Dinser (1923) 20 cas — — +:

d) Parmi les cas d’étiologie inconnue, les examens rhinoscopiques ne constatent aucune lésion inflammatoire évidente, mais font des réserves sur l'intégrité absolue des fosses nasales et des cavités annexes.

e) Parmi les cas opérés en désespoir de cause, un certain nombre ont été les uns guéris, d’autres améliorés, d’autres arrêtés dans leur évolution.

Enfin, l'étude des statistiques d'ensemble établies depuis que la question des lésions latentes est soulevée

ETADES montre que leur rôle pathogène, au point de vue optique, est de plus en plus invoqué :

Woods et Dunn ...... 12,7 % DAVIS EE SN NN ae 14 % Fangenbeck ti ut. 3,5 % CONRDE RIT MUNIE LR 30 % SOBHTA TR ne LT ADS

En conclusion, nous pensons qu’il est logique de rechercher systématiquement les lésions latentes sinuso-nasales dans tous les cas de troubles visuels dont l’origine reste en suspens ; depuis que l’accord est établi sur l’existence réelle et l’interprétation de ce groupe d’affections, le pourcentage étiologique qui lui est rapporté a été porté, par certains auteurs, jusqu’à 40 % ; ce chiffre est peut-être au-dessus de la réalité et demeure sujet à révision, jusqu’à ce que des observations plus nombreuses et plus soucieuses d’identifier une telle étiologie permettent d’arrêter un pourcentage plus certain. Quoiqu'il en soit, nous pensons que la proportion des névrites optiques d’origine sinuso-nasale latente peut être évaluée, sans invraisemblance, de 15 à 25 % des cas.

Un autre but de l’étude étiologique serait d'établir la fréquence relative des infections de chacun des deux sinus ethmoïdal et sphénoïdal. Ici encore, les observations sont trop peu nombreuses et prop impré-

cises pour permettre une conclusion. Au surplus, dans la pratique, l’ethmoïde postérieur et la cavité sphénoïdale forment un ensemble dont l'infection est souvent totale; d'autre part, les résultats des interventions montrent que l’action chirurgicale sur le sphénoïde donne des améliorations et des guérisons, aussi bien que celle dirigée sur la queue du cornet moyen ; les unes rétablissent l’aération du carrefour ethmosphénoïdal et facilitent le drainage, les autres ouvrent les sinus sphénoïdaux.

Causes prédisposantes.

Ce sont toutes les influences capables de provoquer linflammation aiguë de la pituitaire ou d'entretenir son catarrhe chronique. À ce titre, l’action du froid et, d’une façon générale, des intempéries, se retrouve souvent. Lenoir rappelle des observations de mécaniciens de chemin de fer, de soldats ou de paysans exposés aux refroidissements par leur profession et présentant dans leurs antécédents des poussées de coryza aigu, des angines à répétition avec ou sans abcès amygdaliens ou des rhinites chroniques avec perpétuel enchifrèenement. Plusieurs des malades dont nous rapportons les observations ont de tels antécédents ; dans certains cas, les troubles visuels ont coincidé avec un coryza aigu à son début ou en cours de guérison : Obs. 24, Obs. 16, Obs. 3, Obs. 18, Obs. 13, Obs. 21 ; nous avons relevé également un cas d’ozène (Obs. 5); plus nombreux sont les malades qui ne

signalent aucun commémoratif pathologique.

MTS

Etude symptomatique

Dans la pratique, les malades présentent un ensemble de troubles visuels fonctionnels, compliqués ou non de modifications du fond d’œil qui les amènent chez l’oculiste, Nous décrirons successivement, dans la première partie de ce chapitre:

Les troubles fonctionnels visuels ; Les signes physiques oculaires.

Dans la seconde partie, nous exposerons les constatations rhinologiques et les différents procédés d'examen mis en œuvre : les signes nasaux plus ou moins latents ne sont en effet recherchés que dans un second temps, lorsque les conclusions de l’ophtalmologiste et du neurologiste présument de l’origine nasosinusienne des troubles optiques.

Signes oculaires

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