PHÉNOMÈNES DOULOUREUX
Le trouble visuel s’accompagne ou est précédé de quelques jours par des douleurs oculaires profondes correspondant habituellement au côté atteint. Rohmer a signalé la douleur sourde au fond des yeux ; c’est « comme s’il y avait de la migraine dans l'œil », dit un malade de Morax. Ce sont des sensations d’engourdissement, de pesanteur (Obs. 19), de malaise douloureux indéfinissable, non influencé par le repos ou les changements de température.
À côté des douleurs strictement oculaires, les malades accusent des céphalées à type névralgique, intermittentes pendant longtemps, puis continues et tenaces jusqu'à créer un état mental particulier. Worms, Canuyt et Terracol, Dufourmentel et Vincent ont décrit ces syndromes névralgiques d’origine ethmo-sphénoïdale qui traduisent la souffrante du trijumeau; ce sont des élancements, des tiraillements, des brulûres survenant par crises paroxystiques (Obs. 1, 8, 13, 15, 16, 20, 23), des douleurs sourdes, obsédantes, à prédominance le plus souvent centrale ou
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localisées à l'insertion du trapèze et du sterno-mastoïdien ; parfois, les patients accusent un maximum de sensibilité au synciput dont le simple frôlement provoque une douleur en éclair; d’autres ont une hyperesthésie de la région malaire, de la région temporale, avec des crises aiguës, étendues à tout un côté de la face sous l'influence du moindre attouchement, des changements brusques de température ou de phénomènes physiologiques comme la menstruation (cas de Richard).
Ces douleurs spontanées coexistent avec les phénomènes douloureux que déterminent la compression du globe oculaire à travers la paupière ou les mouvements de l’œil lents et brusques, en particulier ceux qui portent le globe dans des positions extrêmes : abduction, élévation, adduction. Le malade évite, de ce fait, toute mobilisation du globe (Obs. 15, 19, 20).
Sargnon et Grandclément ont insisté beaucoup sur les douleurs périorbitaires dans les mouvements de l’œil malade.
Les troubles fonctionnels que nous venons d’étudier font exceptionnellement défaut. Ils amènent le malade à l’oculiste, qui procède à un examen oculaire
complet.