‹ Lésions Latentes Naso-Sinusiennes et Nerf OptiqueChapitre 17 sur 51 · DA · texte numérisé non relu

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tusion du globe, dans quelque sens que ce soit. Aucun de nos malades ne présentait d’œdème palpébral ; Lenoir en raporte un cas accompagné d’exophtalmie légère, ces deux signes disparurent d’ailleurs rapidement ; en réalité, ce sont là des symptômes exceptionnels. Nous avons observé une fois (Obs. 20) une légère rougeur conjonctivale, sans sécrétions ; dans tous les autres cas, la conjonctive, la cornée ne montraient aucune altération.

Quant à la pupille, elle est souvent modifiée dans son aspect et dans ses réactions. La pupille du côté atteint est en mydriase (Obs. 19) manifeste ou facilement décelable par l'épreuve des collyres de Coppez; le réflexe photo-moteur est aboli quand toute perception lumineuse a disparu; dans les autres cas, il est habituellement diminué. |

1° SIGNES OPHTALMOSCOPIQUES

Fond d'œil et champ visuel. — A ce point de vue, les symptômes sont inconstants ou très variables, quand ils existent. Sur les 25 cas que nous rapportons,

nous avons relevé :

8 cas de scotome central, sans lésion du fond d'œil.

9 cas de lésions variées du fond d’œil, sans scotome ni modification du champ visuel périphérique.

8 cas mixtes avec atteintes simultanées du fond d'œil et du champ visuel.

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Voici les résultats des examens du fond d'œil :

3 fois un simple flou des contours papillaires (Obs. 8, 12, 19).

4 fois : papille rouge, hyperémiée, avec dilatation et flexuosité des veines et diminution du calibre des artères (Obs. 15, 18, 19, 20).

3 fois : papille œdémateuse (Obs. 10, 23, 25).

4 fois : papille décolorée, en voie d’atrophie ou atréphiée (Obs. 4, 10, 13, 21).

Pour ce qui est du champ visuel, nous avons observé habituellement un scotome central unilatéral, tantôt absolu, tantôt relatif, de 10° à 20° le plus souvent, mais parfois géant (Obs. 19). Joltrois et Liébault citent un cas dans lequel le scotome s’étendit tellement que le champ visuel fut réduit à un simple croissant périphérique large de 10° seulement en haut et en dedans, et de 30° en dehors.

Pour Van der Hæve, le début de la névrite rétrobulbaire serait toujours marqué par l’apparition d’un scotome para-central (Obs. 23), plus étendu pour les couleurs (bleu et rouge), que pour le blanc ; nous ne l'avons pas observé dans tous les cas, bien que Van der Hœve en fasse un signe pathognomonique. Peters (de Philadelphie) écrit d’ailleurs à ce sujet : Quant à l'agrandissement de la tache aveugle, je n’ai jamais pu l’observer que chez des malades atteints de neurorétinite ou de papillite ». D’après nos observations, le scotome central est beaucoup plus fréquent que le scotome para-central dans les névrites du type dit rétrobulbaire caractérisées par l’absence de lésions

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du fond d'œil ; nous ne rapportons qu’une observation de scotome para-central (Obs. 23), encore s’agit-il d’une névrite avec signes ophtalmoscopiques.

Les troubles périphériques du champ visuel sont inconstants ; ils évoluent très rapidement d’un jour à l’autre et demandent à être étudiés quotidiennement. On a signalé des lacunes périphériques en secteur ou concentriques ou localisées à la moitié temporale du champ. Dans la majorité de nos observations, le scotome central domine ; la périphérie reste intacte ou à peine atteinte. Ce type de troubles du champ visuel qui nous a paru le plus fréquent a déjà été décrit par Lenoir en 1916.

Avant d'exposer les signes naso-sinusiens, nous voulons conclure de cette étude clinique ophtalmologique que la névrite rétro-bulbaire ou axiale n’est pas un type constant, particulier à l’étiologie naso-sinusienne latente, auquel on puisse opposer la périnévrite ou névrite totale transverse réalisée par les suppurations sinusiennes aiguës et ouvertes.

Nous avons en effet observé non seulement l'un et l'autre type de névrites, mais encore un type mixte, comprenant des signes du premier et du deuxième type. À ce sujet, nous rappelons les critiques que Duverger fait de la classification des névrites optiques en deux types distincts. Le qualificatif de rétro-bulbaire ne définit pas une entité morbide, pas plus qu'il n'évoque une étiologie spéciale dont l’action serait confinée aux limites du canal optique. Il correspond seulement à une division symptomatique basée surtout sur la présence ou l’absence de signes ophtalmoscopiques. Le nerf optique n’est pas formé,

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dans son ensemble, de deux segments indépendants, définis par le point de pénétration de l’artère centrale de la rétine ; sa pathologie ne peut donc pas être une pathologie de secteurs s'exprimant par deux ensembles cliniques différents, particuliers à chaque zone atteinte. Les manifestations ophtalmoscopiques et fonctionnelles restent donc essentiellement variables et fonction seulement de la plus ou moins grande extension des lésions vers le globe oculaire; il ne faut donc pas s'étonner de voir des névrites rétro-bulbaires, typiques au début, évoluer vers la papillite et l’atrophie optique, ou des névrites ou des papillites franches, compliquées de scotomes centraux. Toutes les lésions qui entrent dans le cadre des névrites optiques peuvent se rencontrer isolées ou combinées : aucune d'elles n’est vraiment exclusive aux affections latentes du nez et des sinus Il faut cependant conserver cette notion que la névrite rétro-bulbaire est peut-être la forme la plus habituelle au début surtout, mais que la névrite optique totale peut s’observer au même titre que des formes mixtes réunissant des symptômes de

l’une et de l’autre.

Signes naso-sinusiens

Au point de vue fonctionnel, plusieurs de nos malades se plaignent d’enchifrènement perpétuel, de sensations de nez bouché, accompagnées parfois de troubles du sens olfactif ; d’autres crachent de loin en

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loin des petites croûtes de pus desséché ; d’autres ont des troubles paresthésiques pharyngés (gorge sèche) et souffrent de phénomènes congestifs de la face, avec battements artériels coïncidant avec une exacerbation

de la céphalée.

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