‹ Lésions Latentes Naso-Sinusiennes et Nerf OptiqueChapitre 25 sur 51 · INDICATIONS CERTAINES · texte numérisé non relu

INDICATIONS CERTAINES

Elles s'appliquent :

1° AUX ACCIDENTS OPTIQUES SURAIGUS ET GRAVES d’emblée. C’est le cas de la malade de l’observation XV : en quatre jours, la vision est réduite à droite à la perception lumineuse, l'œil gauche est atteint de très forte myopie congénitale. La papille droite est très enflammée, un peu œdématiée. On pratique de suite la résection de la partie postérieure du cornet moyen et des travées osseuses qui masquent la paroi antérieure du sinus sphénoïdal. De suite après l’opération, la malade va mieux ; elle distingue nettement les doigts. Dix-huit jours après, elle lit les grosses lettres du tableau ophtalmologique et sa papille est à peu près normale. La vision finale demeure un peu diminuée.

C’est aussi le cas de la malade de l'observation XIV, qui, deux jours après le début des troubles’ visuels, ne pouvait plus lire ni enfiler son aiguille. L'ophtalmoscope montre des signes légers de neuro-rétinite. On

NI

pratique d'urgence l’ablation de végétations adénoïdes du volume d’une noix. La vision était meilleure le len-

demain et normale quelques jours après.

Il semble donc que dans ces cas suraigus, il soit de bonne pratique d’aller au plus pressé et d’opérer les grosses lésions : végétations, cornets hypertrophiques; les opérations sur les sinus seront indiquées dans un second temps si les premiers résultats sont insuffi-

sants.

2° AUX CAS DANS LESQUELS LES LÉSIONS SINUSIENNES (EMPYÈME FERMÉ, SINUSITÉ CATARRHALE) SONT DIAGNOS- TIQUÉES OU TRÈS FORTEMENT PRÉSUMÉES ET À CEUX DANS LESQUELS ON CONSTATE DE GROSSES LÉSIONS DE LA CLOISON, DES CORNETS OU DU RHINO-PHARYNX. Ces cas sont les plus nombreux parmi ceux que nous avons étudiés.

Comme exemples de lésions sinusiennes, nous rapportons deux Cas. Le premier (Obs. XVII) est un empyème clos ethmoiïdal gauche ayant donné une image radiographique. L'opération ouvrit une grande cellule remplie de pus. La progression des troubles visuels fut arrêtée. Le second (Obs. XVI) est une sinusite sphénoïdale hypertrophique dont le diagnostic fut porté au cours d’une petite intervention sur la cloison. Celle-ci avait été reséquée jusqu’à la paroi antérieure du sphénoïde, dont la fibro-muqueuse était apparue décollée, On effondra alors la paroi antérieure de l’antre : sa muqueuse était épaisse, bleuâtre, d'apparence kystique. La vision qui était abolie s’améliora progressivement pour se stabiliser à 1/2.

I sembie donc indiqué, dans tous les cas analogues à ceux-ci, d'aller au sinus sur lequel on localise la lésion, dans les cas où la localisation reste indécise ou parait double, il est prudent d'ouvrir à la fois le sphénoide et l’ethmoïde postérieur par la voie sphénotrans-ethmoïdale.

Les cas de lésions endo-nasales diagnostiquées sont les plus nombreux. Nous en rapportons 13, opérés sans traitement médical antérieur.

Les lésions constatées dans ces 13 cas ont été

3 fois : hypertrophie d’un ou des deux cornets du même côte, avec déviation haute de la cloison (Obs. Li TIDE

3 fois : hypertrophie des deux cornets moyens (Obs. IV VID":

2 fois : hypertrophie du cornet moyen et du cornet inférieur du même côté (Obs. VII VIID ;

1 fois : hypertrophie du cornet moyen d’un seul côté (Obs. IX) ;

1 fois : hypertrophie des cornets moyens-et inférieurs des deux côtés (Obs. X) ;

1 fois : hypertrophie du cornet inférieur d’un côté (Obs. XD ; |

1 fois : polype du cornet moyen (Obs. 12).

1 fois : hypertrophie des cornets inférieur et moyen d’un côté avec déviation de la cloison et végétations adénoïdes (Obs. 13).

Pour ces 13 cas on est intervenu: .

dans 5 cas, sur la queue du cornet moyen d’un seul Cote ObS/10,720 11712);

dans 4 cas sur les deux cornets moyens (Obs. 1, 5,

dans 1 cas sur les deux cornets inférieurs (Obs. 2); dans 1 cas sur la cloison et les deux cornets moyens

(Obs. 4) ;

dans 1 cas sur la cloison et le cornet

(Obs. 3);

dans 1 cas on a pratiqué l’ablation des végétations

(Obs. 13).

Voici quels ont été les résultats pour chaque série

d'interventions :

VO

Intervention sur la queue d'un seul cornet moyen :

Observations Acuité avant l'opération Acuité après l'opération Obs. 10 OD. — 1/6 OD'=1172 OG = 1/2 OG = 2/3 Obs. 7 ODA OD'= 1/2 OG = 1/3 OG=—1/3 Obs. 8 OG = 5/10 non améliorée Obs. 11 OD = 1/3 non améliorée OG = 1/8 non améliorée Obs. 12 OD = 5/10 OD = 8/10 Intervention sur les deux cornets moyens :

Obs. 5 OD = 1/6 OD'="1/6 OG = 1/4 OG = 1/4 Obs. 6 OD — 1/40 non améliorée OG = 1/100 non améliorée Obs. 1 OD = 1/3 non améliorée OG = 1/3 non améliorée Obs. 9 OD = 2/10 OD = 5/10 OG = 3/10 OG = 6/10 Intervention sur les deux cornets inférieurs : Obs. 2, faible arrêt de; la baisse

de la vision,

inférieur

ET

Intervention sur la cloison et les deux cornets moyens :

Observations Acuité avant l'opération Acuité après l'opération Obs. 4, OD = 1/50 0D = 1/25 OG = 1/100 OG = 1/50

Intervention sur la cloison et le cornet inférieur

Obs. 3, OD = 0 OD — 1/3 OG = 2,50/50 OG = 1/3

Ablation des végétations :

Obs. 13. : OD = 5/15 OD = 5/10 0G 5/7 OG = 5/7

Dans l’ensemble, sur 13 cas présentant le même type de lésion :

5 cas bilatéraux ont accusé une amélioration moyenne de l’acuité variant de 18 à 25 % pour chaque œil;

3 cas bilatéraux ont présenté une amélioration moyenne unilatérale de 11 %; l’autre œil n’a pas été amélioré;

1 cas bilatéral a été arrêté dans son évolution ;

2 cas bilatéraux n’ont été améliorés ni d’un côté ni de l’autre ;

1 cas unilatéral a été amélioré de 30 % ;

1 cas unilatéral n’a pas été amélioré.

En considérant comme bon résultat le cas dans lequel l’évolution a été arrêtée, on peut conclure que 76,9 % des cas opérés ont été guéris ou améliorés et

= TN 2e

que 23 % des cas n’ont présenté aucune amélioration. Signalons que sur les 3 cas opérés sans résultat, il y a un cas de chorio-rétinite discrète avec un trouble de la vision dont le degré avait paru disproportionné aux lésions ophtalmoscopiques. Il s’agissait en outre d’un malade ayant pris autrefois une ulcération de la verge, peut être non spécifique, mais pour laquelle il avait reçu cependant de très nombreuses injections de 914. Le second cas est celui d’un homme qui présentait des hémorragies rétiniennes dont l'explication était restée indéterminée. Le troisième ne présentait rien de particulier en dehors de la diminution extrème de son acuité gauche abaïissée à 1/100 depuis 3 mois.

En conclusion, nous pensons qu'il est de bonne pratique d'intervenir dans les cas de troubles optiques d’étiologie imprécise toutes les fois que sont constatées de grosses lésions de l'architecture nasale ou du pharynx. L’ablation des végétations adénoïdes, les petites interventions sur les cornets ou la cloison ont donné de bons résultats à Sargnon dans la proportion de 76,9 % des cas. Les résections de la queue d’un ou des deux cornets moyens ont été le plus souvent pratiquées ; plus rarement, on a agi sur le cornet inférieur ou la cloison.

On a reproché à la résection du cornet moyen d'être une opcration anti-physiologique. À vrai dire, nous ne pensons pas qu'il soit malhabile de supprimer une hypertrophie qui bouche la fosse nasale, réduit la ven:

ülation pulmonaire, obture les cavités sinusiennes pri-

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