‹ Lésions mutilantes congénitalesChapitre 10 sur 56 · DRE +: NP · texte numérisé non relu

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lésions des deux mains, présentait un profond sillon circulaire situé au-dessous du genou.

Rédard pratique une intervention chirurgicale sur un enfant présentant plusieurs sillons congénitaux, et fait l'examen histologique de la bride.

En 1888 et 1889, Turgard, puis Proust publient des observations. Celle de Proust relate la description des lésions présentées par une jeune fille de vingt ans : sillons circulaires parallèles de la cuisse droite, amputations multiples des doigts et des orteils.

Dans une observation de Rouget, les lésions siègent sur le pied et la main gauches.

Leprévost, du Havre, publie deux faits cliniques dans l’un, il s’agit d’un garçon de six ans atteint d’an:putation et de sillons congénitaux; dans l’autre, d’une petite fille de trois ans présentant sur les deux bras des sillons circulaires étroits et profonds.

Dans une thèse soutenue à Munich, Tesdorpi rapporte un nouveau cas intéressant.

En Allemagne également, tour à tour Erlich, Gilbert, Greif, Otto Küstner, Schreider et Viehofer font paraître de nouvelles observations ou des travaux sur la question.

Deux thèses sont écrites à Paris en deux ans sur les amputations congénitales : celles de Lhomme et d’Osmond, toutes deux avec des faits inédits (1892 et 1893).

À Ja Société d’Anthropologie, Eschenauer présente une jeune fille dont quatre doigts sont amputés à la main droite, avec syndactylie terminale.

Variot examine la moelle cervicale d’un enfant atteint d’amputation congénitale de l’avant-bras droit.

En 1892, Tournier relate, dans la Revue d’Orthopédie, deux cas d’amputation congénitale de l’avantbras. Cette mutilation ne s'accompagne d’aucune autre malformation.

Bar rapporte au Congrès de la Société d’Obstétrique une observation d’amputation congénitale, avec examen détaillé du placenta et des annexes.

La même année, Barette et Vigot, de Caen, communiquent le cas d’une malade présentant de la syndactylie, des sillons circulaires à plusieurs doigts et orteils, et de nombreuses amputations.

Dans le Traité des Maladies chirurgicales d'origine congénitale, Kirmisson donne l’observation d’une petite fille qui présentait un pied bot varus équin droit, des amputations congénitales des doigts et des orteils, et un sillon profond éiranglant la partie inférieure de la jambe gauche.

En 1900, une thèse est soutenue à Paris, par À. Rousseau, sur « les brides congénitales des membres ». |

La même année, Audebert, Frenkel, Rispal et Baylac présentent à la Société Anatomo-Clinique de Toulouse diverses observations d’amputations congénitales.

En 1901, paraît l’observation de Mabher, dans laquelle lamputation de plusieurs doigts se produisit quelques heures après la naissance.

. En 1902, Rudaux communique à la Société de Gynécologie le cas d’un fœtus anencéphale avec bec-de-lièvre compliqué et amputation congénitale d’une partie de l’index et du médius droit.

En 1903, Grisel publie deux observations dans la Revue d'Orthopédie. En 1906, paraît une observation d’'Hovorka.

Soutenue en 1908 à Toulouse, la thèse de Durand constitue une très intéressante mise au point de la question, telle qu’on la concevait il y a vingt-cinq ans. Son historique, très complet, nous a grandement aidé dans nos recherches.

Vers cette époque, aucune discussion n’était plus admise sur la pathogénie des accidents; l’opinion de Montgomery faisait loi et, avouons-le franchement, personne ne paraissait vouloir aller au delà ni se risquer dans des hypothèses étiologiques.

L'intérêt présenté par ces lésions mutilantes multiples en était grandement diminué, et le nombre des publications parues pendant les années immédiatement antérieures à 1914 relativement faible.

Cependant, les auteurs allemands publiaient d’importants ouvrages consacrés aux malformations congénitales en général, et certains, tel le Traité de Schwalbe, paru en 1906, restent les mines de faits et les sources fondamentales pour tous ceux qui étudient la tératologie humaine. Plusieurs thèses étaient consacrées au sujet qui nous occupe entre 1900 et 1914 : celles de Mielke, Minoura, Oldeskopf, Scheffen et Veith entre autres.

Toutes concluaient à une pathogénie mécanique, à l’existence de « brides amniotiques ».

En France, l’année 1913 de la Revue d'Orthopédie contient quatre observations de telles mutilations, publiées par Ombredanne et par Rendu.

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Entre 1913 et 1920, de rares travaux voient le jour. Nous citerons seulement une observation de l’Américain Abbe, en 1916, avec allusion nouvelle à la parenté des lésions avec l’ainhum étudié par lui quelques années auparavant.

Dans les années 1918-1920, parurent en Allemagne la thèse de Boxbuecher (à Bonn), ainsi que les articles de Borchmann et de Falk.

C’est peu après que cette question des mutilations congénitales, négligée depuis près de vingt ans, entra dans une phase d’activité nouvelle et féconde; les recherches se multiplièrent, et la vieille discussion entre les partisans de lésions infectieuses intra-utérines (brides amniotiques) et ceux de malformation par vice essentiel du germe, se rouvrit spontanément.

En moins d’une dizaine d’années, plus de quarante publications ont vu le jour dans des pays extrêmement divers.

En France, c’est Rabaud qui, tenant pour la malformation essentielle, pour l’aplasie, expose ses idées dans le Bulletin Biologique de la France et de la Belgique.

Puis, Ombredanne «x le grand mérite d’élever la théorie infectieuse du stade pathogénique, où elle piétinait depuis tant d'années, au stade étiologique, jusqu’alors à peine effleuré.

Faisant œuvre de synthèse, il émet l’opinion, dans son Précis de Chirurgie Infantile, que les lésions observées à la naissance sont des lésions cicatricielles, résiduelles d’un processus infectieux ayant évolué pendant la vie intra-utérine,

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