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giles. Il s’agit, somme toute, d’une question qui ne pourra être tranchée qu'avec beaucoup de circonspection. Le mécanisme pathologique des accidents déchaîne lui-même un certain nombre de controverses sur lesquelles toute la lumière désirable est loin d’être faite.
C’est pourquoi nous admettons que certaines de nos conclusions pourront attirer des réserves. Nous nous estimerons satisfait si leur discussion pouvait faire entrevoir quelque progrès vers la solution de ce problème très obscur de la pathologie de l’œuf humain.
En deux mots, ce problème est le suivant : il consiste essentiellement à déterminer si, comme le pense Kirmisson, on a affaire à des malformations embryornaires ou bien à des difformités acquises secondairement pendant la vie fœtale.
Les lésions observées à la naissance sont-elles les séquelles d’un processus inflammatoire mutilant (et, dans ce cas, quel est le rôle effectif des formations fibreuses, fréquemment rencontrées chez ces sujets, dans la genèse des mutilations) ?
Ou bien ne sont-elles que la manifestation apparente d’une aplasie essentielle par vice du germe. par mauvaise constitution intrinsèque de l’œuf? Hypothèse aux développements obscurs, puisqu'elle renferme le problème à peu près ignoré de l'hérédité pathologique, c’est-à-dire de la transmission à la descendance, par des procréateurs en apparence plus ou moins sains, d’une tare pathologique qui peut être acquise ou elle-même héréditaire.
Le3 19e
On sait que, récemment, certains biologistes anglosaxons ont pensé localiser le problème de l’hérédicé dans les chromosomes. Mais la cause première des aberrations de développement devrait être recherchée plus haut, dans le facteur qui a dû influencer la différenciation desdits chromosomes.
Ce simple exposé suffit à montrer combien de redoutables inconnues peuvent être évoquées dans cette étude, et combien les données du problème sont vagues et incertaines. Nous n’avons pas la prétention de le résoudre une fois pour toutes.
Sur les conseils de notre Maître, M. le professeur Frælich, nous avons seulement entrepris d’encadrer la question dans les travaux les plus récents qui ont paru sur elle.
Notre opinion personnelle, qui s'appuie sur une modeste contribution de dix cas relevés au service de chirurgie infantile de l'Hôpital Central et à la Maternité départementale, et sur le dépouillement de soixante-six autres observations de la littérature, est que les deux thèses (vice intrinsèque du germe, ou processus ulcéreux intra-utérin) ne sont pas si inconciliables qu’elles le paraissent au premier abord.
Les adversaires en présence donnent des arguments d’égale valeur, basés sur des faits cliniques incontestables. La très fréquente coexistence, sur un même sujet, de malformations vraies (fissures faciales, etc.) et de lésions mutilantes paraissant acquises pendant la vie intra-utérine, nous incite à penser qu'il est à l’origine de tous ces troubles une seule et même cause :