OBSERVATION IX
11 s'agit d'une femme morte de dysenterie et chez laquelle aucun symptôme ne permettait de soupçoriner une lésion de l’atlas et de l’axis :
Après que le canal rachidien eût été ouvert et la dure-mère détachée, l'appareil ligamenteux du cou apparul normal sous le rapport des dimensions et de la force ; mais,en l’enlevant, on trouva le sommet de l’apophyse odontoïde uni par une adhérence osseuse complète au bord antérieur du trou occipital, tandis que sa porlion rétrécie ou col était attachée au corps dé l’os auquel elle appartient par un tissu fibreux long d’environ 3/4 de pouce, d’une grande force et. d'une grande épaisseur,rappelant exactement celui au moyen duquel à lasuite des fractures de la rotule,les fragments de cet os se trouvent ordinairement réunis.
En divisant ce tissu fibreux. on rencontraitle ligament transverse ayant sa force et son épaisseur normales, conservant ses inserlions aux deux côtés de l’atlas, mais ayant éprouvé des changements complets, eu égard à sa forme et à sa situation. En effet, au jieu de passer derrière l’apophyse odontoïde, en présentant une surface concave correspondante recouverte d’un cartilage et d’unemembrané synoviale, il se trouvait placé entre le point fracturé de cetle apophyse et le corps de l’axis, avec des surfaces lisses en haut et en bas. Séparé par Ja dissection du tissu fibreux dans lequel il était engayé, il présentait toujours son aspect brillant ordinaire et élait aussi fort que dans son état naturel. Mais la surface polie articulaire et la
membrane synoviale avaient disparu de sa face antérieure.
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I ne restait nul vestige des ligaments odontoïdiens. L'examen de la face antérieure du rachis montrait que les apophyses articulaires supérieures de l’atlas conservaient leurs rapports normaux avec les condyles de l’occipital, mais que les | infé= rieures étaient portées en avant, dépassant considérablement dans ce sens leur position naturelle sur l'axis et se trouvant supportées dans cette situation par une production osseuse qui partait du bord antérieur des apophyses articulaires de cet os. - En un mot, n'étant plus maintenu par l’apophyse odontoïde, l'atlas s'était luxé partiellement en avant, et l’axis s’était modelé de manière à fournir un support à la première vertèbre dans sa nouvelle position.Le trou occipital complétement altéré dans sa configuration est devenu cordiforme au lieu d'ovalaire; son diamètre transverse est plus considérable que son diamètre
antéro-postérieur.
Broca,en 1862,a présenté à la société de Chirurgie une pièce recueillie sur un vieillard mort d’une maladie de la prostate et qui n'avait pas eu de symptômes de paralysie. En voulant couper la moelle,on avait remarqué que le trou occipital était bouché par une tumeur osseuse.
Les vertèbres cervicales furent alors enlevées et on fit
les constatations suivantes :