OBSERVATION XI
L'atlas est totalement luxé en avant sur l’axis; une ankylose-
osseuse s’est établie entre les deux os. L'apophyse odontoïde non
fracturée se trouve reportée fortement en arrière de telle façon qu'entre l'arc postérieur de l’atlas et l’'apophyse,il ne reste plus qu'une distance de trois à quatre millimètres. L'arc postérieur
présente dans la moitié gauche une solution de continuité.
M. Morestin a déposé au musée Dupuytren une pièce analoque. Voici en quels termes il Va présentée à la Société anatomique : le sujet sur lequel la pièce a été recueillie. était un vieillard dont nous ignorons absolument l’histoire. On avait constaté seulement avant toute dissection que le cadavre présentait une inclinaison légère,
mais persistante de la tête vers le côté droit.
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DE L’atlas se trouve déplacé en avant et à droite (Fig. IT). Le déplacement vers la droite est tel que la partie moyenne de l'arc antérieur de l’atlas, se trouve à droite de l’apophyse transverse de l’axis, et le déplacement antérieur est si considérable que l’arc postérieur de l’atlas
vient appuyer contre la base de l’apophyse odontoïde.
Cette dernière apophyse a été brisée autrefois et elle présente actuellement une direction oblique en avant et à droite. Le corps de l’axis est intact. L’atlas est dans un
état d’intégrité absolu,
L’arc postérieur de l’axis paraît avoir été brisé autrefois au niveau du pédicule du côté droit. Les quatre premières vertèbres sont soudées entre elles ou du moins sont immobiles les unes sur les autres. Des travées osseuses unissent le corps de l’axis à la masse latérale gauche de l’atlas et d’autres, l’'apophyse transverse droite de l’axis à la masse latérale droite de l’atlas.
Pour les vertèbres sous-jacentes, la fusion a lieu au niveau des apophyses articulaires.
L’axis et la % cervicale sont aussi fusionnés par leurs corps vertébraux, mais le disque intermédiaire à la 8° et à la 4° vertèbre est resté persistant, du moins en partie. La 4 articulation intervertébrale ainsi que celle des 5°,6° et 7° vertèbres, présente une laxité et une mobilité vrai ment remarquables; c’est à ce niveau que s’exécutent les
mouvements de flexion et surtout de rotation de la tête. Cette luxation de l’atlas a amené de grandes modifica-
tions du côté du canal rachidien. IT n'existe plus entre le
corps de l’axis et Parc postérieur de latlas qu’une fente
AD allongée transversalement, où l’on peut à peine introduire le bout du petit doigt.
La partie de l’apophyse odontoïde qui était tourn ée vers l’intérieur du canal a été comme modelée par le passage de la moëlle et des méninges et présente là une espèce de facette.
En outre, la moëlle était obligée de suivre un trajet très oblique pour gagner le canal de la 2° vertébre.
Dans un numéro du Lancet il est fait allusion à un cas remarquable de luxation de l’axis avec déplacement considérable de l’apophyse odontoïde, dans lequel la moëlle était réduite de près d’un tiers de son volume. Cependant bien que laccident datât de plusieurs années, on n’avait
noté aucun symptôme de paralysie pendant la vie.