OBSERVATION V
Walter Gibson : Dislocation of the atlas with fracturè of the odontoid process.
Reduction ; survival fov swenty three days.
In Lancet ; Londres 1885, II, p. 429.
J. M... forgeron, âgé de 58 ans, fit un faux pas en montant une colline par un sentier de troupeaux et roula jusqu’à une prairie située plus bas, à une centaine de mètres environ. Il y resta sans connaissance, jusqu’au lever du jour, l'accident ayant eu lieu le soir, mais se sentit alors incapable de marcher.
11 fut ramené chez lui et je le vis dans la matinée qui suivait accident, vers 10 h. Il était assis sur une chaise, la tête fortement penchée en avant, le menton sur le sternum, la tête et la | nuque étant immobilisées dans cette position.
Il se plaignait de douleurs cuisantes dans la nuque et la tête qu'il se sentait incapable de remuer. Je trouvai sous l’occiput une volumineuse saillie, que je pris d’abord pour une simple tuméfacticn des parties molles, mais que je reconnus à la palpation pour les apopayses épineuses des vertèbres cervieales. k
11 y avait environ trois centimètres entre l’apophyse la plus élevée et l’occiput.
En comptant les épines en descendant, je localisai le déplacement entre l’axis etl’atlas. Le malade, en pleine connaissance et sans aucune paralysie, se plaignait beaucoup et ne pouvait, disait-il, rien avaler.
Faisant mettre e malade en travers sur Son lit, prér.ant sa
tête entre les deux mains à plat et exerçant de douces tractiôns
A dans l’axe de la colonne, je fus étonné de voir s'opérer avec un petit ressaut et une crépitation très-nette, la réduction, ce qui démontrait l'existence de la fracture. La proéminence des apophyses avait totalement disparu et le malade entièrement soulagé se déclarait guéri.
Je le fis coucher en fixant sa tête el son cou, lui défendant tout mouvement et le nourrissant au moyen d’un entonnoir avec des aliments liquides. Vu pendant une semaine, il allait bien, sans température,sans signe d'inflammation méningée,dormant bien et se plaignant seulement de douleurs fugitives du cou et de la face. Vu ensuite tous les deux jours, je notai la continuation du mieux. Un soir, il voulut prendre des aliments solides et sa femme lui donna du pain et du beurre qu'il mangea sans difficulté ; Mais bientôt après, saisi de vives douleurs d'estomac et d'intestins, il se releva dans son lit malgré les efforts de ses amis pour le maintenir et presqu'immédiatement il retomba et mourut. Je le vis dans la position où la mort l'avait surpris : la position de la tête était celle que j'avais notée lors de mon premier examen, avec la même saillie des apophyses, seulement, vu le relâchement musculaire, la tête était mobile.
Autopsie. — Un espace considérable existait entre l'épine de l’axis et l'arc de l’allas, l’atlas er la lête étant portés en avant, la moelle très tendue et appuyée sur la surface antérieure du canal. J’écartai l’autre portion de la moelle, il n’y avait nulle lésion si ce n’est une éraflure sur la surface antérieure, correspondant à la partie du corps de l’axis où s’implantait la base de l’apophyse odontoïde maintenant arrachée.
Il n’y avait pas d’effusion de sang. L’apophyse odontoïde et une portion du corps de l’axis élait brisée et restait en rapport
avec l’arc antérieur de l’atlas, le ligament transverse étant
durs
= RE intact. Quelques petites suffusions sanguines à la surface de l'os fracturé sans que du sang ait pénétré dans le canal ni que des vaisseaux volumineux fussent lésés. La dislocation était si complète qu’à peine il restait un contact entre les surfaces articulaires de l'axis et de l’atlas ; la moëlle passait sur la sur-
face fracturée, d'où l’éraflure sus mentionnée.