‹ Lésions Traumatiques de l'Atlas et de l'AxisChapitre 32 sur 47 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Jeremiah Mc. Carthy : comminuted fracture of the atlas and fracture of the odontoid process of the axis. In Trans., Pathol. Soc. London, 1894, XXV. 201.

J. H..., âgé de 33 ans, entre à l'hôpital et l’on raconte qu'en travaillant à décharger un navire, il était tombé la tête la première,

En pleine connaissance à son entrée, il présentait une paralysie complète des extrémités supérieures et inférieures, une respiration diaphragmatique, du priapisme el une anesthésie totale dans toutes les parties situées au-dessous du plan de la 3e côte. On ne trouvait point d'irrégularité du côté des vertèbres, mais il y avait une certaine tuméfaction au niveau de la nuque etle malade se plaignait lorsqu'on exerçcait une pression, soit à ce niveau, soit Sur Ja partie supérieure du sternum,.

On supposa une fracture de la colonne vertébrale vers la 5° ou 6° cervicale et, cette hypothèse obligeant à admettre que quelques fibres au moins du plexus brachial devaient avoir échappé au traumatisme, l'on rechercha avec soin, mais en vain une zone de sensibilité sur les extrémités supérieures.Les jours suivants, l’état était resté stationnaire quant à la respiration, au

priapisme, à la paralysie motrice, mais la sensibilité des extré-

imités supérieures, du tronc et de la portion supérieure des euisses, avait réapparu. Pendant l'après-midi la température s'éleva rapidement, le malade tomba dans un violent délire et mourut soixante heures après son entrée.

A l’autopsie, on détacha la colonne vertébrale de la 3 cervi- Caie à la 3° dorsale et l’on ne trouva pas de fracture : ily avait entre le périoste et la dure-mère au niveau de la 4° cervicale une petite ecchymose. La moelle fut examinée avec soin, et on n'y vit ni dilacération, ni contusion, ni extravasation de sang.

Mais en étudiant la partie supérieure de la colonne, l'on s'apercut que l’apophyse odontoïde avait été fracturée transversale-

ment à sa base et que l’atlas était brisé en cinq fragments. Il n’y | avait cependant nul déplacement, tous les fragments étant maintenus en position par les ligaments ou le périoste, et il n'y avait pas indice d'une compression du bulbeou des parties adjacentes de la moelle. Les poumons étaient très congestionnés,

les auires viscères normaux.

OBSBRVATION VII

J. Melicher. Commotio medullæ spinalis cum fractura atlantis et processus odontoïdes epistrophis in Œster med. Woch. 1848, p. 934-938.

S. Carolina, 47 ans, de forte constitution, manouvrière, portait sur la tête, le 4 mars, un récipient plein de mortier, en montant une échelle, lorsqu'elle glisse et tombe de la hauteur de 2 toises, l’occiput en avant. Elle perd momentanément connaissance, et ne la recouvre qu'après avoir été transportée dans son lit.

Elle se plaignait après de céphalalgies et de douleurs dans la

se

nuque qui augmentaient lorsqu'elle essayait de faire le moindre mouvement avec la tête.

” L'auteur la voit 3 heures après l'accident.

La malade se plaint que sa sensibilité s’émousse par moments, qu’elle a une sensation d’engourdissement dans les membres supérieurs, une grande faiblesse des inférieurs etune paresse dans les mouvements volontaires.

Les mouvements de la tête sont impossibles.

Douleurs violentes, déchirantes, pongitives dans la partie postérieure et la fosse sous-occipitale ; au moindre Er Rchemiens | de la nuque etau moindre mouvement du tronc, elles augmentent.

Elle ne se trouve bien qu’assise dans le lit ; elle ne peut pas du tout rester couchée. Quand elle veut se lever, elle doit soutenir sa têle avec ses mains.Rien d’anormal à l'examen de l’occiput et dela région de la nuque. Le reste de la colonne vertébrale est également normal. Malade consciente, figure rouge, les organes des sens normaux, la langue chargée, le pouls accéléré, fébrile; on la maintient dans la position assise en la soutenant avec des coussins.

Le lendemain, douleurs moindres, faiblesse dans les extrémités et paresse des mouvements volontaires moins accentuées. Nuit bonne.

Garde toujours la position assise.

pès que la tête s’enfonce dans les coussins de façon que la nuque forme un angle obtus. les douleurs augmentent et elles

ne diminuent que si on remet la tête en bonne position à l’aide de serviettes pliées.

Même état jusqu'au 11 mars. Elle mange seule en se servant

re de ses bras, ce qu’elle ne pouvait. pas faire le premier jour. Constipation opiniâtre.

14 mars. — Douleurs violentes, déchirantes, pongitives dans toutes les articulations des extrémilés. Figure rouge, yeux larmoyants, respiration accélérée, pouls rapide et plein.

Diminution notable de tous ces symptômes à la suite d’une forte transpiration. Cet état se maintient jusqu’au 22 mars, jour où elle se plaignit de dysphagie, de malaises, d’une sensation de lourdeur dans les extrémités et de grandes douleurs dans lu région de la nuque. Constipation. Urine trouble, muqueuse, d'odeur ammoniacale, contenant beaucoup de phosphate.

Même état jusqu'au 1% avril. Pendant la nuit. frissons répétés et secousses dans les membres ; parole bredouillante, dysphagie, douleurs thoraciques, grande faiblesse dans la moitié gauche du corps.

Fas de douleurs à la nuque. Langue couverte d'un enduit brun clair, sèche, soif intense, ventre froid, distendu, tympanique, diarrhée fréquente et involontaire.

3 avril. — La diarrhée persiste, peau ictérique, figure blème anxieuse, pouls faible, à peine sensible; la dysphagie augmente ; dyspnée, sensation de constriction thoracique, respiration diaphragmatique. Membres paralysés, insensibles ; incontinence d'urine, paralysie complète de toutes les parties innervées par

les nerf spinaux. Mort le 34 jour.

Autopsie. — Cavité crânienne petite.

Solution de continuité médiane de l'arc antérieur de Patlas ; l'apophyse odontoïde de l’axis est séparée du corps par un trait oblique limité par les ligaments ; pas de cal. La moelle allongée

est ramollie et présente par places un exsudat jaune rougeûtre.

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