‹ Lésions Traumatiques de l'Atlas et de l'AxisChapitre 46 sur 47 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

Bull. de la:-Soc. de méd. et de chir. de Bordeaux. Braquehaye 1895.

Luxation bilatérale de l'axis en avant par choc direct sur lanuque. Paralysie progressive des deux membres. Hyperhémie. Extension continue. Guérison.

0..., 41 ans, est amenée à la consultation le 27 décembre 1894 Antécédents lhéréditairesexcel!ents. Bonne santé, très vigoureuse pour son âge.

Elle raconte que le 21 décembre, étant en récréation.elle s’assit brusquement sur un banc contre le dossier duquelelle heurta violemment la nuque. Elle ressentit aussitôt une douleur aiguë dans la région cervicale supérieure. La tête immobilisée restait légèrement fléchie en avant et la petite malade remarqua qu'il persistait une douleur vive à la partie supérieure de la nuque, dont l’acuité augmentait au moindre mouvement. En même temps,elle accusait des fourmillements dans les mem bres supérieurs. Cependant elle resta en classe toute la journée sans se plaindre. Le soir, quand elle rentra chezelle ses parenl$ remarquèrent que son cou était raide. Au lit, elle ne pouvait se tenir que dans le décubitus dorsal, le décubitus latéral était

très douloureux.Elle continua cependant encore à aller à l'école

TE

le 22 et le 23 décembre ; mais dans la soirée du 23, elle sentit

une gêne de la main droite qui l'empêcha de faire ses devoirs.

Le 24. — Le membre supérieur droit était complètement paralysé. Le 25, le membre supérieur gauche se prenait à son tour. Elle vit alors un médecin qui prescrivit des frictions à l'alcool camphré et une potion au bromure sans résultat d’ail-

leurs.

Le 26. — Elle fut à la consultation de Lariboisière d’où on

l’adressait à l'hôpital Trousseau.

Le 27. — Elle présente les symptômes suivants : la tête et le cou son! roides, immobilisés dans la flexion ; les mouvements spontanés sont impossibles et les mouvements provoqués douloureux. |

À l'examen, on constate qu’en arrière, il y a une légère dépression semblant correspondre à l’apophyse épineuse de l’axis Il existe, nettement localisée à ce point, une douleur manifeste, moins vive, dit la malade, que pendant les quelques jours qui ont suivi l’accident.

Par le toucher pharyngien, on sent une saillie trarsversale. à arête bien marquée, correspondant à la ligne nrolongée de Ja

voûte palatine dans la rectitude de la tête.

Cette saillie surplombe la paroi pharynzgienne postérieure située au-dessous.

Il existe en outre une paralysie des deux membres supérieurs qui penden!: flasques le long du corps, lesdoigts dans un léger degré de flexion.

Des deux côtés, il y a une hyperesthésie notable à la piqûre avec conservation complète des sensations de tact et de tem-

pérature. Le diaphragme fonctionne normalement. Du côté des

AL R0 ee membres inférieurs, il n'existe aucun symptôme de compression médullaire.

Le jour même de son entrée, elle est mise à l'extension continue avec un poids de 1 kilog. à la tête et de deux kilog. aux pieds.

Dès le lendemain, on voit apparaître quelques mouvements dans les doigts de la main gauche. Le 24, la mobilité revient dans les doigts de la main droite.

Il n'existe plus de douleur à la pression en arrière. Le 31, les membres supérieurs des deux côtés commencent à se mouvoir .

La petite malade peut serrer légèrement avec ses mains. La tête redevient mobile à son tour. L'amélioration continue et

quandelle quitte le service le 13 janvier 1895,la tête est mobile.

Il n'y a plus de flexion permanente. Les mouvements des

membres sont revenus.

On sent encore par le toucher la saillie transversale dans le

pharynx.

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