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L'ESPAGNE CHRÉTIEr^NE.
cidèreni en conséquence que pendant la durée de leur charge, qui cU\it annuelle, les magistrats manicipaux cesseraient d'assister aux. réunions chrétiennes. C'était une petite excommunication temporaire, dépourvue de toute note infamante; Tannée finie, le duumvir, supposé qu'il n'eût commis aucun péché pendiint sa magistrature, reprenait sa place clans la communauté des tidèles et dans leurs assemblées sans avoir été passible d'aucune pénitence*.
Les six canons que nous venons d'étudier jettent sur la société chrétienne de Fépoque des persécutions un jour assez différent de celui sous lequel oi s'est trop habitué à la placer. Au point de vue derl Fétudo morale, rien n'est plus instructif qu'un texte disciplinaire. Une loi représente souvent une situation trop générale; il n'en est pas ainsi des canons dun concile qui légifèrent pour une province et donnent d'avance la solution des cas embarrassants qui reparaissent le plus fréquemment. A vrai dire, si on prenait les canons du concile d'EIvire comme l'expression de la moralité des fidèles de TEglise d'Espagne au début du iv" siècle, on prendrait une opinion lamentable de cette Eglise. Toutes les corruptions y sont énomérées, Noos ne devons cependant pas oublier que ce n'est là qu'un des aspects de cette société assez vigoureuse pour produire des martyrs et des évêqaes comme les pères d'Elvire qui, nous le verrons, ne sont pas du nombre de ceux 4fui u mettent des coussins sous les coudes des pécheurs ».
On ne s'aperçoit pas que le rédacteur des canons du concile se soit préoccupé de les disposer dans un