s. Cypries, EjHJit. Lxxvn
it. PftUDENCE, Péri Stejihaiiôn, VI, les tk uUUscs et S. Augustin le» a cités dans deux sermons, Serm. CCXITI, 3 et CCLXXIM» 3.
^ESPAGNE CHRÉTIKNNE,
quelques-uns en prenaient ombrage, d'autres se montraient remplis de tolérance à son égard. L'évêque Fructueux était aimé et respecté des païens et des chrétiens ^ Dès que îa persécution fut déclarée, amitié, tolérance, furent oubliées. L'évéque était menacé, on rabandonna.
Ce fut « sous le règne de Valérien et de GalHen, sous le consulat d'Emilien et de Bassus/le 17 des calendes de février, un dimauchcj que l'évèque Fructueux, les diacres Augure et Euloge furent arrêtés. Fructueux venait de se mettre au lit, quand des soldats arrivèrent chez lui. Ils se nommaient Aurelius Festucius, Aelius, Poïlentius, Donatius et Maximus. L'évèque, ayant entendu le bruit de leurs pas, sauta à bas du lit et se présenta sur le seuil de la porte. Les soldats lui dirent : « Viens, le gouverneur te fait appeler avec tes diacres ^, Fructueux répondit : « Partons. Voulez^vDtîS me permettre de me chausser? » — <c Comme tu voudras. » On les conduisit en prison. Fructueux exultait à la pensée de la couronne du martyre qui lui était offerte, sa prière était continuelle. Toute la communauté venait le voir, on lui apportait des friandises et on se recommandait à son souvenir.
Un desjours qui suivirent lincarcération, ilbaptisai un catéchumène qui prît le nom de Rogatien. Les accusés demeurèrent six jours en prison. Le septième jour, 12 des calendes de février, un vendredi, ils comparurent. Le gouverneur Emilien dit : « Introduisez Tévèque Fructueux, Augure et Euloge ». — Les huissiers : « Les voici ». — Emilien dit à Fructueux : a Tu connais les ordres des empereurs ».
i. Acia s. Fruciuûsi, 3 : Talcmamoretn habebat non tanicm a fratribm^ scdctiam ab ethnieiif.
UESPACNE CHKÉTIENNË.
demanda la permission de dénouer ses souliers. Il ReLire*toi, mon enfant, je mr déchausserai moimême, i> dit le martyr, tranquille, joyeux et assuré d'obtenir la promesse du Seigneur, Quand ce fut fait, un fidèle oommé Félix prit la maiD droite de révérju<% le priant de se souvenir de lui. Le vieillard dit alors d'une voix forle : « 11 faut que je pense à FEglise calholit[ue, répandue de TOrient à FOccident. »
Comme le moment approchait où le martyr allait tHre brûlé, en présence des frères, sous le regard^ attentif des soldats, Fructueux dit : « Vous ne serez pas privés dv pasleur, la bonté et la promesse du Seigneur ne vous manqueront pas, ni maintenant, ni dans l'avenir. Ce que vous voyez est la misère d'une heure, « Ayant réconforté les frères, les martyrs s'avancèrent, graves et radieux. Semblables aux trois Hébreux dans la fournaise, leur nombre rappelait la Trinité. Quand les cordelettes qui leur liaient les mains furent brûlées, libres de leurs mouvements, ils S'agenouillèrent dans raltitude ordinaire de la prière et ne cessèrent de prier jusqu'à l'instant ou ils rendirent Tûme.
La grandeur morale des martyrs avait impressionné profondément les assistants. Deux chrétiens attachés à la maison du préfet, Babylas et Mydonius. pensèrent voir les trois martyrs, le front ceint de couronnes, entrant dans le ciel, tandis que les cadavrtîs carbonisés étaient encore attachés aux poteaux. La fille du préfet, avertie par eux, déclara voir la même chose ; alors ils ne doutèrent plus que le préfet lui-même verrait comme eux : « Viens, lui disentils, regarde, vois comme, suivant leur espérance, tu leur ouvrais le ciel. » Le préfet regarda, il ne vit rien.
La communauté était dans la tristesse. L'inquiétude
DES oniGlNKS A LA PAIX DE L'ÉGLISE.
dèles et les principes qui guidaient les chefs des communautés.. Si nous irouvoDs dans le concile une énumération si complète et si précise des fautes qui aflligeaient la société clipétienne à la fin du m" siècle^ nous y trouvons aussi une sévérité do répression bien propre à nous donner une haute idée de V idéal moral représenté par les prélats de ce temps et réalisé, en somme, dans leurs Eglises. On n'aurait pas été si dur envers les pécheurs s'ils avaient été bien nombreux, s'ils avaient trouvé quelque appui dans l'opinion et dans la coutume.
Une des catégories de chrétiens spécialement visées par les pères du concile était celle des « tlamines >% prêtres du culte municipal ou provincial de Rome et de Tempereur. dont les attributions étaient au moins autant politiques que religieuses. L'Espagne, où le culte des empereurs avait pris un grand développement, comptait, outre les trois flamines provinciaux et leurs femmes i/laminfcae), un très grand nombre de flamines municipaux. Chaque ville avait le sien qui sortait de charge chaque année, malgré son titre de « ilamine perpétuel ». La perpétuité ne s'appliquait qu'aux honneurs et non à ircxercice du sacerdoce. Quoique le sens honorifique [fût beaucoup plus en vue que !e sens religieux et 1 que le fia minât consistât plus encore dans la céléfbration et la présidence des jeux solennels que dans les fonctions liturgiques, il n'en était pas moins une institution qui chaque année entraînait un nombre plus ou moins considérable de fidèles à ofl'rir des sacrifices idolâtriques ou à y participer. C'est de cette situation que s'occupait le concile d'Elvlre et il apporta à la résoudre une extrême vigueur. Pour les pères d'Elvire le crime d'idolâtrie, consommé par
rùtfrande du sacrifice païeû, entraîne rexclusion de TEglise saos espoir d'y jamais rentrer ^ Cette sévérité, qui nous semble outruc, s'explique par Taggravation du péché d'idolâtrie dans les conditions où le coinniettaient les tlamines. Outre le sacrificu païen, les jeux qu'ils présidaient et dont ils faisaient les frais, entraînaient mort d'iiomme, et les spectacles qu'ils procuraient contribuaient à la dcraoralisation des spectateurs; on les tenait donc coupables d'idolâtrie, d'homicide et d'adultère*. Les ambitieux qui, sans renoncer à briguer le Oaminal, se déchargeaient du sacerdoce sur des suppléants et se bor naîent aux jeux sont moins mal traités. Ils ne sont pas déllnltivement exclus' de TÉglise ; on les y recevra à l'article de la morl, pourvu toutefois qu'ils aient subi la pénitence canonique et qu'ils n'aient pas récidivé, car en pareil cas il n'y a plus de rémission^. Enfin restaient les catéchumènes par profession; ceux-ci, peu soucieux d obligations trop précises et d'anallièmes menaçants, retardaient leur initiation jusqu'au lit de la mort etj grâce à cet artilice, salisfaisaient sans dilTiculté aux obligations de la vie publique, 11 semble que le haut clergé, quand il était sérieux et convaincu, eût peu de goût pour cette catégorie de catéchumènes et ne les ménageât pas à Toccasion. Les pères d'Elvire se montrèrent assez conciliants et refusèrent le baptême, avant une épreuve de trois ans, aux flamines catéchumènes qui, tout en s 'abstenant des sacrî liées, auraient donné des fêtes publiques comportant les jeux incriminés^.
i» Can<jii 1.