‹ LE̕spagne chrétienneChapitre 19 sur 35 · Apologie à Damase · texte numérisé non relu

Apologie à Damase

PRISGILLI£N ET LE PBISCILLIANISMË. 159

semble illusoire, surtout après avoir constaté avec quelle ténacité Priscillien s'attache à Torthodoxie et repousse les thèses hérétiques que l'on lui attribue. Cependant, si on examine de près les inculpations, on s'aperçoit que Priscillien garde sur deux d'entre elles le silence et ne se défend pas d'avoir des opinions particulières. C'est lorsqu'il s'agit de la doctrine de l'inspiration et de la composition du canon des Écritures. Sur ces deux points ses opinions étaient assez éloignées de celles qui avaient cours dans l'Église pour lui attirer des avertissements et, comme il était alors laïque, quelque malveillance. En effet, quoique toutes ces origines du priscillianisme soient à peine connues, on peut entrevoir un conflit aigu entre Priscillien et l'évêque Ithace de Mérida. Le canon septième du concile tenu à Saragosse contre l'hérésie à ses débuts laisse bien voir la blessure reçue. Ce canon vise les personnes qui s'attribuaient, sans y avoir droit, le titre de docteur. C'était le cas de Priscillien, on ne pouvait s'y méprendre, puisque, à cette époque, il était encore simple fidèle et que ce ne fut qu'après la clôture du synode que deux de ses partisans, Ins tan tins et Salvianus, l'intronisèrent évéque d'Abila ^ D'ailleurs, Priscillien ne cache pas sa prétention d'interpréter lui-même l'Écriture, à la lumière de l'inspiration divine. « Nous donc également, dit-il, nous ne désespérons pas de parler de Dieu, puisqu'il n'a condamné ni interdit d'avance l'inspiration de personne et n'a point limité à un délai précis le don de prophétie, mais il a permis à tous ceux qui croiraient en lui de parler librement de lui ^ » 11 y avait dans ces paroles

i. Sdlp. sévère, Chron,, II, 47.

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