Cette conspiration semble être de Paunée f
I. Ce titre se retrouve dans une loi qu'u ajouta au • Bréviaire d'Âlaric ».
se faisait oindre avec les saintes huiles par Tévôque de Tolède. Fin cette même année 588, Reccarède demandait la main de Clols\vinthe, sœur de Cliildehert d'Austrasie. La princesse était promise à Autharic, rot des Lombards, mais on rompit rengagement pour donner satisfaction à la demande du roi des Visi^oths sous réserve du consentement de Gontran, "roi de Bourgogne, oncle de la fiancée. Celui-ci n'avait pas oublié les malheurs d'une autre de ses nièces» Ingonde, mariée quelques années auparavant à Herménégild, ^^ Comment voulez-vous, dit- il aux députés visigoths, que j'aie en vos promesses quelque confiance, quand ma nièce Ingonde a été mise en prison et que votre perfidie la fait mourir en exil, tandis que son mari était livré au bourreau ! Dites à voire maître que je ne recevrai plus de lui aucune ambassade. Dieu m'ordonne de venger Ingonde et j'obéirai k Dieu, a Des négociations entamées avec Athalacus de Narbonne ne pesaient peut-être pas moins cjue le souvenir de la reine Ingonde sur la réponse du roi de Bourgogne qui, vers ce temps, envoyait aux révoltés de la Gaule gothique une armée commandée par Didier, comte de Toulouse. Elle rencontra les troupes de Reccarède près de Carcassonne, les Francs furent battus et rejetés en désordre vers la Bourgogne par le duc Claude, gouverneur de la Lusitanie (588). Cette victoii-e n'eut pas pour résultat de renouer les négociations d'un mariage, base probable d'une future alliance. Reccarède, qui avait auparavant éprouvé un autre refus, en demandant Ringonthe, iille de Chilpéric et de F'rédégonde, renonça aux mariages étrangers et épousa Bada, Iille d'un des plus riches seigneurs de son entourage.
Le 8 des ides de mai 589, Reccarède convoquait ■\^.' Tolède un concile des évêques de son royaum
(Espagne et Gaule Narbonnaise) comptant 62 évêque et 5 métropolitains. Nous avons de ce concile ui procès-verbal assez détaillé. On y lit qu'avant le opérations du synode, le roi avait invité les Pères qu y devaient siéger à se préparer par le jeûne et'l prière. Ceux-ci décidèrent un jeûne de trois jours e fixèrent la première séance au 8 mai. Le roi y assis tait. Il prit la parole et engagea le synode à remer cier Dieu de ce qu'un si grand nombre de personne s'étaient converties à la foi catholique ; il lut ensuit une déclaration qu'il avait composée. Elle contenaî la foi orthodoxe au sujet du Fils et du Saint-Esprit sans oublier le procedere du Saint-Esprit a Pâtre e Filio; le mémoire rapporte ensuite comment la fc orthodoxe avait été opprimée en Espagne et com ment lui, le roi, était revenu à l'Église universel! et avait engagé tout son peuple à faire de même. Li célèbre et magnifique nation des Goths, ajoute-t-il avait, en parfaite intelligence avec lui, pris part à l communion de l'Eglise catholique, et il avait auss gagné à la vérité les Suèves qu'il avait soumis e qui avaient été infectés d'hérésie par un autre ^ . L< devoir des évêques était maintenant d'instruire ces peuples; quant à lui, il avait réuni ce synode afin d< lui donner les preuves de son orthodoxie. Il anathé matisait donc Arius et sa doctrine, et reconnaissai les conciles de Nicée, de Constantinople, d'Ephèsee de Chalcédoine, de même que les conciles de tou
1. Se reporter à ce que nous avons dit du rôle de saint Martin d( Braga dans la conversion des Suives. 11 est possible que les parole de Reccarède Gssent allusion à un retour de faveur de l'arianisaK après la délaile flnale des Suèves en :i85 jusqu'à ravcnement d< Reccarède en 58<J.
les évéques orthodoxes qui ne s'étaient pas écartés de la foi de ces quatre grands conciles. Il ajouta à sa déclaration les professions de foi de Nicée, de
[ Constantinople et de Chalcédoine, donna la formule de Constaotioople avec ces mots : ex Paire et Filio procedcnlem et souscrivit cette formule avec la reine Bada. Les pères de Tolède poussèrent alors des acclamations en riionneur de Dieu et du roi; ils
[engagèrent les évêques nouvellement convertis, les clercs et les nobles, à émettre, eux aussi, une profession de foi. Grâce à celte vertu persuasive qui s'attache à la parole des rois tant qu'ils sont puissants, les éveques ariens se déclarèrent convaincus de Tégalité des trois personnes divines; c'étaient IJguas^ Ubiligisdo, Murila, Sunnila» Gandin go, Bechila, Arvito et Froisclo avec leurs prêtres et leurs diacres, les seigneurs Gusino, Fonsa, Afrila, Alla et d'autres encore, Gotlis et Suèves. On rédigea en conséquence une profession de foi qui, sous vingttrois sentences d'anathème, rompait défini ti%^ement les liens entre la nation des Vistgoths et la croyance
^arienne. Le roi proposa ensuite au synode d'ordonner que Ton suivît dans le royaume la coutume en usage auprès des Pères grecs, c'est-à-dire que Ton récitât partout Je symbole à la messe. Les évoques devaient en outre publier des canons disciplinaires pour le règlement des mœurs. Ces canons sont au Tïiftnbre de vingt-trois et plusieurs d'entre eux aident ittilement à comprendre l'état de TEspagne au mo-
[ment où le calliolicisme en prenait possession pour y établir pendant cent vîngt années un régime sans analogue depuis lors dans aucun pays. Le lli** concile de Tolède n'était d'ailleurs que le premier d une longue série d'assemblées termes dans la môme ville
LESPAGNK CHRÉTIENNE,
et qui semblent avoir pris à cœur de réaliser la fusion du pouvoir civil et de la puissance ecclésiâ tique. A ce litre, la législation que les conciles Tolède ont rédigée présente un intérêt très spécî^ nous lui ferons une large place dans le récit des de niers règnes qu'il nous reste à retracer.
Après avoir rappelé les sources de la législatioi^ anciens canons, conciles, lettres synodales des papfi on s'appliquait par-dessus toutes choses à la question des ordinations (can. 1); on mentionnait le chant à haute voix du symbole à la messe (can, 2) et on passait à lénoméralion de divers points entre lesquels il serait puéril de vouloir introduire un lien un développement didactique. Can. 3 : Aucun évêq ne doit aliéner les biens de l'église. Ce qu'il a don aux moines et aux églises de son diocèse, sans léa les droits de sa propre Eglise, doit être regardé comme définitivement donné. Il doit également secourir les étrangers, les clercs et les pauvres, Can. 4 : Avec rassentiment de son concile, l'évêque peut changer en un couvent une de ses églises paroissiales. Can. 5 : Défense aux évêques, prêtres et diacres convertis de Thérésie d user du mariage sous peine d'être réduits au rang de lecteur. Quiconque garde dans sa maison des femmes qui ne lui sont pas parentes sera puni à cause des soupt,"ons qu'il fait naître, et ces femmes seront vendues par levéque, qui en donnera le prix aux pauvres. Can. 6 : L^ affranchies sont sous la protection de TÉgiise. Can. Pendant que les clercs prennent leur repas on de lire la sainte Écriture. Can* 8 : Les clercs issus i familles appartenant au lise ne doivent être réclamés par personne, sous prétexte que le roi a donné ces familles à (juelqu'un. Ces clercs restent
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rÈgUse, après avoir toutefois payé le prix de leur rachat, Le roi adhère à cette ordonnance. Can. 9 : Les évoques ariens qui se sont convertis à la foi catholique, appartiennent, eux et leurs biens, aux évèchés dans lesquels ils se trouvent. Can. 10 : Les veuves qui ne veulent plus se remarier ne peuvent y être contraintes par personne. Si elles veulent se remarier, elles sont libres dans leur elioix. Il en sera de môme pour les jeunes filles : nul ne peut les forcer à épouser un homme dont elles no veulent pas. Quiconque fait violence à une veuve ou à une vierge liée par le vœu de chasteté sera excommunié. Can. 11 : Dans quelques Églises de T Espagne, il s'est introduit un abus dans la pénitence, c'est-à-dire que Ton pèche tout à son aise et que Ton revient constamment demander au prêtre la réconciliation. Cet abus doit cesser, et» conformément aux anciens canons, quiconque se repent de sa faute doit être d'abord exclu de la communion et se présenter souvent ensuite pour recevoir, en qualité de pénitent, l'imposition des mains. Son temps de pénitence passé, il peut, si l'évèque le trouve bon, être de nouveau admis à la communion; mais si» pendant son temps de pénitence, ou bien après, il retombe dans son ancien péché, il sera soumis aux peines décrétées par les anciens canons. Can. 12 : Lorsqu'un homme veut faire pénitence, on doit d'abord lui couper les cheveux, et s'il sVgit d'une femme^ elle doit changer d'habit : car il arrive souvent que le temps de la pénitence passé, on retombe dans les anciennes fautes. Can. 13 : Aucun clerc ne doit en citer un autre devant un tribunal civil. Can. 14 : Aucun Juif ne doit avoir une chrétienne pour femme ou pour concubine; les enfants issus d'une pareille union
tu
doivent être baptisés. Les juifs ne doivent pas non plus exercer une fonction publique qui leur permette d'édicter des peines contre les chrétiens: ils ne doivent pas acheter d*escîaves chrétiens, pour faire servir par eux, et si ces esclaves ont été sou-' mis à des rites judaïques, ils seront affranchis sans avoir besoin de payer de rachat, et ils reviendront au christianisme. Le roi veut que ces prescriptions soient insérées dans les canons. Can. 15 : Lorsque des esclaves du fisc ont bâti et ont doté des ég-lisesJ Tévèque doit prier le roi de confirmer ce qu'ils ont fait. Can. ifi : Les eli^rcs et les juges civils doivent réunir leurs elForts pour détruire l'idolâtrie, qui est très répandue en Espagne et dans les Gaules. Can . 17 s Ils doivent également unir leurs eiTorts pour dé-< truire cette abominable coutume tn^s répandue! qu'ont les parents de tuer les enfants pour ne pas les nourrir. Can. 18 : Comme en Espagne les Egliî^eâj sont pauvres et éloignées les unes des autres, on nei tiendra, tous les ans, qu'un seul concile provincial (au lieu de deux). Conformément aux ordres du roi^^ les juges et les employés du fisc devront s'y trouver le i" novembre^ pour apprendre de quelle manière on doit traiter le peuple avec douceur et avec justice. Les évoques doivent aussi, conformément à la volonté du roi, surveiller les juges, les réprimander Oïl les dénoncer au roi, s'ils se conduisent d'une manière insolente, ou bien les excommunier, s'ils ne s'amendent pas- L'évéque examinera avec deux senior es de quelle amende doit être frappé le juge qui ne se rend pas au synode. Avant que le synode ^| ne soit dissous, on doit annoncer le temps et le li^u^f où se tiendra le prochain synode, afin que le métropolitain n'ait pas à faire de nouvelles citations ou
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invitations. Can. 19 : Plusieurs de ceux qui ont bâti une église demandent qu'elle soit consacrée, avec la réserve que le bien dont ils ont fait donation à cette église ne soit pas administré par Tév^que ; cette prétention est inadmissible. Can. 20 : Plusieurs évô ques oppriment leurs clercs d'une manière illégale et cruelle, exigeant d'eux des redevances et des corvées. Les clercs ne leur doivent que ce qu'il est ha* bituel de donner, et ceux qui sont molestés doivent porter plainte au métropolitain. Can. 21 : Les juges et les employés ne doivent pas, sous peine d'excommunication, employer les esclaves de T Église et du clergé pour des corvées d'utilité publique ou privée* Can. 22 : Dans les enterrements on ne doit chanter que des psaumes; les poésies funèbres en usage pour ces solennités sont prohibées, de même que la coutume de se frapper la poitrine. L'évéque devra, autant que possible, détruire ces usages chez les iidèles et en particulier chez les clercs. Can. 23 : Les danses et les chants déshonnètes sont défendus les jours de fête.
Le roi confirma les décrets de ce synode par une ordonnance particulière, qui fut jointe au procèsverbal de rassemblée, et il ordonna que ces décrets fussent observés par les clercs et par les laïques, menaçant de peines sévères quiconque les transgresserait. Il signa ensuite le premier au procèsverbal, et après lui signèrent iVi évt^ques et 7 manda- Uiires d'évôques. On remarque parmi ces signatures : Masona de Mérida, Euphémius de Tolède, Léandre de Séville, Migétius de Narbonne et Pantardus de Braga,en Galice, ce dernier pour lui et pour son collègue Nitigisius, le second métropolitain de la Galice. [/CS huit évêques ariens convertis signèrent égale-
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ment. Enfin, S. Léandrc de Séville fit un discours d clôture pour exprimer la joie deTÉgliseausujetde h conversion des Yisigoths. 11 n'était pas seul à s'en foncer dans Thyperbole afm de mieux célébrer h grand événement; son vieil ami, le pape Grégoire !•' mis au courant de tout ce que nous avons rapporté, ei était enchanté et félicitait Reccarède dans son styl ecclésiastique le plus ampoulé : « Que dirai-je ai dernier jugement quand je m'y présenterai les main vides et que Votre Majesté traînera derrière elle de troupeaux d'âmes fidèles qu'elle a gagnés à la fc par l'empire de la seule persuasion ? Grief terribl qui accusera la tiédeur et l'oisiveté du grand pas tèur des fidèles quand on verra les saintes sueur des rois chrétiens pour la conversion des âmes. Avec ces flatteries Grégoire I'*" envoya à Reccarèd un morceau de la vraie croix et une clef forgée ave quelques fragments des chaînes de saint Pierre. L nouveau converti, dans un moment de ferveur, caus à la science un dommage irréparable en donnan ordre de brûler tous les livres ariens. C'est que dès lors, il n'avait plus de mesure à garder ^ se armées étaient partout victorieuses. Contran, roi d Bourgogne, ayant voulu prendre sa revanche di revers de l'année précédente, avait éprouvé une nou velle et complète déroute. 11 envoya une armée d 60.000 hommes, dit-on, dans la Gaule gothique, oi elle fut taillée en pièces par une embuscade de 30i Visigoths. Grégoire de Tours parle à ce sujet d 5.000 morts et 2.000 prisonniers. D'un autre côté, le Basques chassés de l'Espagne par Léovigild avaien
\. Tailuan, Arianisme et militarisme dans VEspagnc gothiqui p. 77-79,8 démontré solidement contre l'opinion de M. Menendez Pelayo que l'arianisme était ruiné dès lors comme parti politiqu(
' escompté la conversion de Reccarède pour leur rouvrir leur pays et leur rendre Ifis terres enlevées jadis sur les bords de TÈbre, mais Reecarède, peu soucieux d'acclimater chez lui des gens si remuants, les refoula de Tautre côté des Pyrénées. Dans la Bétique, les Byzantins s'agitaient; Grégoire I^' s'entremit afin de négocier entre Reccarède et Vempereur Maurice uo traité aux termes duquel les possessions des Byzantins sur le littoral étaient confirmées, mais l'intérieur du pays leur était interdit. C'était à peu près les stipulations du traité intervenu, en 554, entre Atlianagild et Justinien, traité dont l'original avait péri dans un incendie en 5(31.
Le règne de Reccarède inaugurait non seulement
\me politique religieuse nouvelle mais une civilisation différente de celle qui jusqu'à cette date avait prévalu parmi les Visigoths. Nous avons mentionné l'infiltration des usages byzantins, il faut ajouter à cela radoplion exclusive de la langue latine dans les actes publics et dans le service divin. Ce ne sont là
^que des détails, mais qui révèlent la tendance du fegne vers l'unification politique, législative et reli-
'gieuse. Il y avait quelque mérite à Fentreprendre en un temps où la nation entière se composait d'éléments disparates ou hostiles entre eux : Goths, Suèves^ Hispano-Romains séparés par des haines de races et de longues dissensions religieuses. Reccarède commença par consacrer régalité absolue des droits entre Gotlis et indigènes ; à cet efl'et, il prépara, par une nouvelle rédaction des lois gothiques, les voies à une législation commune et à l'abrogation du droit personnel qui demeurait une source inépuisabh/ de divisions entre ses sujets. Chacun^e des lois qu'il publia devint obligatoire pour les deux
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peuples. Ce n'est que sous les rois Cliindaswint et Rccceswinthe que nous verrons abolir Tusagc < Breifiarum alaricianum qui maintenait seul u: distinction légale entre les deux races et interdisi les mariages outre les individus de Tune et de Tauti C'est encore à Reccarède (ju'il faut attribuer l'intr duction du droit romain pour une proportion si coi sidorable dans le code gothique. A ce règne remon Tadoption générale de Tùre hispano-romame.
La lecture des canons du 111* concile de Tolè< explique sullisamment les éloges donnés à Recc rède par ses contemporains, en un temps où les e< clésiasticjues étaient seuls ou presque seuls lettré Ce sont eux qui nous instruisent sur le compte ( premier roi visigoth catholique et, ainsi qu'il fa s'y attendre, ils lui gardent une vive reconnaissant d'avoir amoindri la noblesse au profit du clerg Samt Isidore s'exprime ainsi sur son compte: « Re< carède était d'un naturel doux et calme, d'ui bonté rare; et tel élait, sur les âmes, l'empire de i douceur que ses ennemis mêmes ne pouvaient résiî ter à l'attrait qui Icsportait vers lui. D'une libéralil sans bornes, il restitua à leurs propriétaires tous h biens que son père avait confisqués. Ses richesse appartenaient aux pauvres autant qu'à lui-mém< car il n'ignorait pas qu'il n'avait reçu le pouvoir qu pour en faire bon usage et mériter une heureuse fi par de saintes œuvres.»
Sous un tel prince, les institutions ecclésiastique et monastiques se développèrent rapidement. Aus sitôt après la célébration du IIP concile de Tolède l'archevêque de Narbonne en promulgua les décret dans la Gaule gothique (l®*" nov. 589). L'année sui vante, 590, saint Léandre réunissait un concile pro
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vincial à Sciville. Le l''** novembre 592, autre concile provincial à Saragosse pour les évêques de la province ecclésiastique de Tarragone ; le 17 mai 597, seize évèques de diverses provinces d'Espagne se réunissaient dans l'église de Saint-Pierre-et-Sainl- Paul, à Tolède. Nous ne connaissons que deux canons déerêlés par cette assemblée : le premier pour recommander aux clercs la chasteté, le deuxième pour délendre aux évéques de s'approprier les biens donnés k une église de leur diocèse. Les ovcques devaient, afin de se conformer aux prescriptions du fondateur et à celles des canons, placer dans ces églises un prêtre ou un diacre, ou au moins, si les revenus de Téglise ne permettaient pas de faire plus^ F un portier, ostîariuii^ pour qu'il allumât le soir les I cierges devant les reliques. En 598. comilca Iluesca; en 599, le 1'^'' novembre, synode à narceliine. On voit d'après cette statistique, que riostitulion si importante des réunions conciliaires fonctionnait désormais d'une manière régulière en Espagne. L'âme de celte politique religieuse d'envaliîssement était iFoncle du roi» saint Léandre, qui mourut en 603, '^tandis que Rcccarède disparut en 601- Saint Léandre avait deux frères, Fnlgence et Isidore, et une sœur, Florentine, tous d'église et tous, depuis, canonisés. Florentine était nonne et son frère écrivit pour elle Jun « Opuscule sur l'Institution des vierges et le mépris du monde » comprenant une règle monastique qui nous ouvre un jour intéressant sur les monastères espagnols de femmes pendant la période visigothique. Après un préambule dans lequel il compte parmi les prérogatives du mariage celle d'engendrer les vierges et de procréer des enfants pour le ciel, saint Fulgence énumère en vingt-un chapitres les
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obligations des nonnes vivant en communauté. Fuyea dit-il, la conversation des femmes engagées dans 1 mariage, elles ne vous parleront que des objets d leur amour et de leurs désirs ; en vain elles paraîtron approuver votre institut, ce ne sera qu'une feinte d leur part pour vous séduire plus aisément : et pou vous inspirer leurs sentiments (cli. 1). Fuyez égale ment toute familiarité avec les hommes, quelqpK réputation qu'ils aient de probité ; de fréquentes vi sites de leur part leur feront tort ainsi qu^à vous C'est un mal de donner lieu aux autres d'en penseï de nous, et deux personnes de différent sexe ne son pas ensemble sans danger ; mais évitez avec beaucoup plus de soin la vue des jeunes hommes doni les mœurs ne sont point chastes ; ils ne peuvent faire sur votre cœur et votre imagination que des impressions dont les suites sont toujours dangereuses, soit de jour, soit de nuit (ch. 2). On doit aimer les hommee pour Dieu, dont ils sont Touvrage, et non pour la beauté du corps (ch. 3). A l'égard de la nourriture et do la boisson, il faut en user avec modération, dans la mesure de nos besoins et ne pas rechercher des mets sans lesquels on peut vivre. Si la faiblesse de la santé exige des soulagements, l'esprit du moins ne doit se relâcher en rien. Daniel n'eut que du mépris pour les viandes qu'on lui servit de la table du roi, il vécut de légumes (cli. 4). Quand vous aurez à parler à un homme, que ce soit en présence de deux ou trois de vos sœurs. Jésus-Christ n'eût pas parlé seul à la Samaritaine, si ses apôtres n'eussent été obligés de s'absenter pour aller acheter de quoi manger ; ils n'eussent pas non plus été surpris de le voir seul avec une femme si sa coutume n'eût été contraire. Partagez votre temps* entre la prière et la
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lecture (ch. 5). Si voua travaillez des mains ou si vous prenez votre repas» quune autre vous lise quelque chose pendant cet exercice (eh. 6), Cherchez dans la lecture de T Ancien Testament un sens spirituel, surtout dans le Cantique des cantiques qui est une figure de Taniour de Jcsus-Christ pour son Kglise, et dans rilcptaleuque, c'est-à-dire les cinq livres de Moïse, et ceux de Josué, des Juges et de Kutli que l'on défendait autrefais aux personnes trop charnelles, comme pouvant leur ôlre plus nuisibles qu'utiles (ch. 7). Proportionnez les jeûnes k la force du tempérament et à la violence des passions; le jeune est un moyen de dompter la chair et de la soumettre à l'esprit» Si vos infirmités ne vous permettent point d'observer un jeûne si rigoureux, vous ne pécherez point, mais vous regarderez comme audessus de vous celles que Tinfirmité ne dispensera pas de la loi. Au reste, que celle qui par sa santé est enélatdela suivre, ne se scandalise point des égards que Ton doit avoir pour celles qui se portent moins bien; que celles-ci à leur tour s'humilient pour leur infirmité, et qu*elles aient de la douleur de ne pouvoir faire ce que font les autres (ch. 8). L'excès dans le vin est un crime mortel : une vierge donc qui est en santé fera bien de s'en abstenir ; celle qui est d'une santé faible ou qui est malade peut en user à la modération que saint Paul prescrit à ïimothée (cil. 9) ; elle doit aussi user du bain uniquement pour le rétablissement de sa santé, tout autre motif le rend dangereux, surtout quand on le prend pour avoir la chair plus belle (ch. 10). La joie que donne une bonne conscience est celle qu'elle doit chercher: les joies mondaines ne doivent pas être de son goût ; la tristesse qui est selon Dieu, leur' est préférable^
L'£8PÀGNE CHRftTlRNNi:
c'est celle-Ui qui rend lieiireux et me rit© des conso4 laiions (cli. 11). Saint Ijéaîidre veut que Florentine' ait un amour égal pour toutes ses sœurs, sans distinction de peraonno, la (|ualîté de servante de Jésus-J Christélaul comni une à toutes, toutes étantbaptiséea et recevant ensemble le corps et le sang de Jésus-i (Christ (ch, 13) ; mais à l'égard des besoins» il lui conseille de les proportionner aux intirmités de eïiacune, donnant plus à celle qui a de plus grandes intirmités, les biens demeurant en commun k toutes (cb« 12). S'adressant à sa sœur en particulier, samij Léandre Vexhorte à conserver en tous temps unôl parfaite égalité d'âme» à fuir les titres honorifiques,' à se regarder comme la servante de toutes ses compagnes (cil. 14). Il ne permet ni ne défend à Flo-j rentine Tusage de la viande, sachant qu elle étaîtl d'une santé l'aiblo ; mais il ordonne aux nonnes enl bonne santé de s'en abstenir (cli. 15); il est d'avis que sa sœur passe le reste de ses jours dans le monastère où elle était entrée, parce qu'encorol qu'elle y rencontrât quelque sujet de tristesse par] la discorde ou les murmures qui pouvaient y naître, elle trouverait toujours des exemples de vertu k imiter (ch. 16).
La vie commune des monastères a pris son origine chez les premiers fldêles, qui avaient tout en commun; cette vie est préférable à la vie privée quel mènent certaines vierges qui demeurent seules dans les villes, où elles ne laissent pas d'être occupées de plaire par la propreté de leurs habits et des soins | de leur ménage, qui les détournent des choses de i Dieu (ch- 17). Saint Léandre qualifie çol ce qu'une religieuse possède en propre à Tinsu de la communauté, parce que tout devant être en commun, Tune
ne doit pas s'approprier ce qui appartient également k tontes (ch. 18). S'il est permis aux hommes charnels dejnrerpoiir uter tout soupçon de frande , il ne Test pas aux personnes spirituelles; lors même qu'elles sont assurées qu'elles disent vrai, elles se contentent de dire : cela est, cela n'est pas; tout ce qu'elles pourraient y ajouter viendrait du diable [ch. 19). Les religieuses doivent éviter de se choisir une contidente; si ce quelles lui disent est bon, pourquoi n'en pas faire f profiter tout le monde? (ch. 20). Saint Léandre finit sa règle en conjurant sa sœur de persévérer dans l'état qu'elle avait embrassé^ et après être sortie de sa famille et de son pays, à rimitation d'Abraham j de ne pas regarder derrière elle à l'exemple de la femme de Loth, de peur que ses sœurs ne voient en elle ce qu'elles devroïit éviter.
Il serait infiniment précieux de pouvoir rapprocher de la règle pour les Vierges celle que Fabbé de Biclar, Jean, écrivit pour la communauté de moines qu'il avait groupée dans une vallée des Pyrénées (ValUs clara ^ Biclar . malheureusement cette règle est perdue. Cependant il nous reste d'autres documents utilisables sur le règne de Reccarède et, parmi ceux-ci, l'opuscule consacré à l'histoire des évèques de Mérîda : De vitis palrnm Emeritensîum, occupe le premier rang'. Parmi les histoires miraculeuses, concession de Tauteur au goût du temps, se sont glissés nombre d'utiles détails, mais c*est principalement la vie de saint Masona qui nous montre l'existence active d'un évéque de celle époque. Au milieu d'éloges vagues, semblables aux lieux communs