L.VURENCE
C’est le collier quc’J'oii appelle comme cela ; celui-là e^ en pierres prd ieuses; comme ces pierres devaient briller au cou de ma cousine !..
MARITAL
Voyez pourtant, r' n'est pas comme chez nous, quand on met tiespierres au cou de queuqu’z’un, c’est pour les jeter à Teau. Qu'csl-ee qu’il y a donc dans c'te i>etite boite ?. (il ouvre une jolie boite.) Ahî des bonbons!
LAURENCE
Te voilà ronteiit, gourmand...
MARTIAL
Je vas en goûter une. (il en prend , et en met prrcipiuimneat dans sa bouche.) Alt! comme c’est mauvais!.. . (Il fait des grimaces.)
SIMON
Qu'esl-ce qu'îl a donc mangé là?
LAURENCE, riant.
C’est bien fait ! il ne voit pas que ce sont des pjLStilles pour brûler dans l’intérieur des appartemens.
MARTIAL
Ah! v'ià qu'ça me gagne le fond de la gorge.
Pouah! je crois que j'en ai avalé, me v'Ià gentil! ça va me brûler riiitérieur...
SIMON
Tu mériterais bien ra... (Tirant un paquet d'un autre tiroir.) Maintenant, je crois que v1à des lettres... lly eu a une fameuse collection. Nous pouvons bien en lire quenqu'z'unes... il n'y aplus d'indiscrétion... Tiens, Laurence, vois donc celle-ci...
(H lui donne une lettre pliée en poulet) LAURENCE, lisant
H Ma toute Itelic , vous me ferez perdre la oraison, vos rigueurs me tuent... J’ai une der* »nièrc pro|)osition à votis faire; à dix heures, H ma voilure sera à votre porte, voulez-vous conwsentir à me l'ecevoir ce matin?.. Si voqs dites »non , je m'enferme chez moi pour y mourir en npensaiitàvous.o
SIMON
Diable ! v'ià qu'est sérieux I
LAURENCE
Pas de signatûre.
SIMON
« Vos rigueurs me tuent!.. » Tespère qa'eHe était sage, c'te pauvre nièce!.. Je devine tout.
MARTIAL
C'est M. Ftedora qui lui écrivait ça avant son mariage avec elle...
SIMON, donnant une autre lettre à Laurence.
Vois encore ce que dit celle-là.
LAURENCE
Oui, mon père... On dirait que ce n'est pas de la même écriture... (Lisant,)» Moncherange! «je serai revenu de la campagne demain à trois pneures; j'arriverai pour vous mènera Cancale. oQue je dois faire de jaloux! La semaine der-
uoière» àTOp^a, tous les yeu\ étaient fi\és «sur vous ; mais aussi , vous êtes si belle et si Hbonnc !.. Je n'oublierai jamais que je vousdois «tout mon boobeur!.. » Oh! mon Dieu! mon père !.. « Tout mou bonheur !.. »
SIMON
Tout son bonheur!.. Justement c’est ça!..
MARTIAL
Pardine ! c'était après son mariage avec monsieur Fœdora !
' LAURENCE, â part.
C'est singulier !
SIMON
Ma l>onne [.aurence ! ie mot de mariage te fait soupirer... Sois tranquille, nous penserons aussi bienitU à t'établir, j'en rèvaistuutàrheure. pendant que le notaire était là.
LAURENCE, en le calinaïU.
£t moi aussi, mon père, j'en rêve quelquefois... J'aurais même une petite conlidence à vous faire a ce siijet-lù.
SIMON
Quand lu voudras, lu sais bien que je l’écoûte toujours... Présente-moi un mari, etj' décid'roos ça tout de suite.
MARTIAL, à I>art.
Pendant qu’ils causent, moi, je m'eii vas regarder en bas si je vois revenir la chanteuse à roulades.
(Au moment ou II va pour sortir, Michot entre.)
, SCtNK xm.