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Amazonenlieder

4. Voici le sujet : Philotas, le flls du roi do Macédoine, est blessé et fait prisonnier dans une batoille. Mais le fils du roi ennemi et vainqueur est pris de son côté par les Macédoniens. Les deux jeunes gens doivBnt être échangés Tun contre Taulre. Mais PhiloUrs, réfléchissant que, lui mort, l'échange ne pourra plus se faire et que les Macédoniens pourront obtenir, pour prix de leur captif, dus conditions avantageuses, se sacrifie alors ei se lue.

réunit à un degré supérieur toutes ses qualités d'invention, d'observation locale, d'esprit, d'humoui et d'habileté scénique '•'

Donc à ce moment, c'est-à-dire la veille de quitter définitivement cette fois Berlin pom* Hambourg, et de commencer la Dramaturgie, qui résume et couronne toute son œuvre de critique et de réforme théâtrale, Lessing comme auteur dramatique possède à son actif sept comédies, un drame bourgeois (if iw SaraSampson)^ une tragédie selon les règles, mais en prose {PkUoîas)^ une comédie sérieuse {Minna de Bamhelm)j le chefd'œuvre du genre. Deux autres œuvres remarquables également, Emilia GahUi et Nathan le Sage, viendront plus tard.

Mais là ne se borne pas l'activité dramatique, considérable déjà, de Lessing.

En dehors des pièces complètes et achevées, publiées de son vivant, que nous venons de citer, Lessing a laissa; . un grand nombre de fragments : esquisses, ébauches de tragédies, de comédies, de drames, plus ou moins développées ; conçues et jetées sur le papier aux différentes époques de sa vie. De ces fragments, un certain nombre (quinze) ont été publiés pour la première fois, après sa mort, séparément, par son frère Karl. Une partie seulement figure dans l'édition complète de ses œuvres de 1794. Les éditions successives en ont ajouté plusieurs. Mais la dernière, celle de Hempel, la plus complète sur tous les points, les a reproduits tous intégralement, au nombre de cinquante-quatre. Ces ébauches sont de toutes sortes, et plus ou moins dévelop-

1. Voy. pour Minna de Barnhelm, Critique dramalique, cli. IV.

péeg* Quelques-unes sont poussées jusqu'à un ou. deux actes; d'autres n'offrent que des bribes de dialogue, quelques scènes, quelques lignes seulement. SouTent même le titre seul est indiqué.

On y trouve des traductions, des adaptations modernes de sujets antiques, des imitations plus ou moins libres de pièces étrangères, et aussi quelques sujets originaux, et jusqu'à im fragment de comédie en français \ Il serait fastidieux de passer en revue ces embryons de pièces, qui n'ont de valeur et d'intérêt pour nous que parce qu'ils attestent la continuelle préoccupation du théâtre, qui suit et poursuit Lessing à travers toutes les phases de sa vie, et aussi le besoin qu'il éprouve de s'exercer, de perfectionner sans cesse sa connaissance et sa pratique du métier théâtral. Il cherche, il trouve partout des sujets de tragédies, de comédies, de farces. Il met tout à contribution : le théâtre antique et moderne, français, anglais, espagnol, italien ; l'histoire ancienne et l'histoire contemporaine. Il imite, il traduit ; quelquefois aussi il invente. Ou bien encore, il prend quelque événement, quelque légende antique, qu'il adapte, tout en conservant les traits généraux, au milieu et aux mœurs modernes. Ainsi, le fragment de MasanieUo n'est qu'une transposition de VHercule fu-

1. Ce fragment, intitulé : Palaion (Autrefois; — il 8*agU d*un original, laadalor temporis acli)^ a été* écrit à Berlin par Lessing pendant son séjoarde 1749-1765. Ce ne sont que trois scènes, sans grand intérêt, mais la langue est beaucoup -plus correcte que dans les deux échantillons français de Lessing que nous avons mentionnés plus haut. Plus tard, Lessing traduisit en allemand ce fragment, en y i^outant encore une scène. On trouve le texte français, avec la traduction, dans le recueil, cité plus haut, des ébauches et plans dramatiques de Lessing, publiés par R. Boxberger dans Tédition Hempel.

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rieuXj et sa tragédie bourgeoise, £mil/a G a/io/li, transporte en Italie, dans une cour princière du xvii* siècle, rhistoire de la Virginie romaine.

On pourrait s'étonner, en embrassant dans leur totalité les productions dramatiques de Lessing, de ne rencontrer, sur ce grand nombre, que dix pièces achevées sur cinquante-quatre ébauchées seulement. Une pareille disproportion ne se rencontre guère dans l'histoire du théâtre. Mais on ne s'étonnera plus de la trouver ici, en se rappelant que Lessing est critique, théoricien, bien plus qu'il n'est artiste. L'artiste, lui, est poussé par le besoin de créer. Il n'est satisfait que s'il a pu produire une œuvre complète, achevée, vivant de sa vie propre. Le critique, le théoricien comme Lessing, veut connaître surtout la structui'e, le mécanisme de l'œuvre dramatique, les procédés techniques du métier. Pour cela l'esquisse lui suffit. L'esquisse est pour lui ce que sont pour le savant les préparations anatomiques, les écorchés, qui lui servent à montrer la structure et les éléments constitutifs du corps humain. Ils lui font voir comment une œuvre dramatique est faite, comment sont disposées et agencées les parties qui la composent. Ils lui donnent le moyen de juger celles qui sont soumises à sa critique.

A un autre point de vue encore, on s'explique pourquoi Lessing s'est contenté d'ébaucher tant de pièces, sans se soucier de les achever. Ce qu'il cherche dans l'étude et dans le travail, on le sait, c'est le plaisir de l'effort et de l'activité dépensée, bien plus que la joie du résultat obtenu.

De même que dans le jeu qu'il aimait avec passion, il chei-chait non le gain, mais l'excitation de ses nerCs,

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favorable croyait-il, à sa santé; de même dans le travail intellectuel, c'est le plaisir même du travail qu'il cherche, et quand il a goûté ce plaisir à sa suffisance, peu lui importe que l'œuvre soit achevée ou non. Elle lui a donné ce qu'il lui demandait.

En passant la revue des productions dramatiques de Lessing, en constatant le succès qui les avait accueillies sur les principales scènes de l'Allemagne, etsm^tout en les comparant aux productions contemporaines, on doit reconnaître que de tous les auteurs et critiques contemporains, nul n'était mieux qualifié et plus claireçient désigné que lui pour aider de son talent et de ses lumières l'entreprise théâtrale qui se forma, en 1766, à Hambom*g, et qui est une date dans l'histoire du théâtre allemand.

Les jeunes poètes qui se rattachaient encore à l'école de Gottsched : Gronegk, Brawe, étaient moils jeunes et n'avaient pu donner que des espérances. Elias Schlegel, plus indépendant, imitateur presque original déjà des anciens et des Anglais, était mort en 1749, laissant quelques tragédies: Canut, les Troyeiines, qui étaient plus que d'habiles pastiches, et deux comédies de quelque valeur : la Beauté muette (die stumme Schônheit) et VOisif occupé (der beschafligte Mùssiggângci')^ sans parler de quelques écrits de critique dramatique où, sur plusieurs points, il devance Lessing. Chr.-F. Weisse, dont le principal mérite est la fécondité ; auteur de tragédies médiocres, a brillé dans im genre inférieur, mais très populaire, l'opérette (Singspiel). Les comédies sentimentales de Gellert, aussi bien que les tragédies bibliques et teutoniques de KJopstock, n'étaient pas dramatiquement viables. La comédie proprement dite n'avait éga-

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lenient pi*oduit que des œuvres insiguiflautes. Les uoms de Rost, de Mylius, de Krûger, d'Uhlig, à cette époque même étaient déjà oubliés. C'est Lessing qui était alors à la tête du mouvement dramatique de TAUemague, et lui seul pouvait apporter à cette création nouvelle le concom's d'une réputation bien établie, d'une compétence et d'une expérience éprouvées.

L'enti'eprise avait pour objet de mettre fin au régime des troupes nomades, dirigées par un principal, arteur lui-même; sorte d'association où chacun était directement intéressé au succès pécuniaire de l'entreprise. A ce régime, peu favorable à la dignité de Tart, nuisible à ses progrès et à ses véritables intérêts, ou voulait substituer une organisation nouvelle \ Il s'agissait d'abord de fonder im théâtre local, permanent, dont la direction, distincte du personnel des comédiens, soutenue pai* des ressources financières suffisantes, affranchie des hasards et des misères de la vie errante, et des concessions imposées par les caprices d'un public toujours changeant, n'aurait souci que des intérêts supérieurs de l'art. Les comédiens de leur côté, débarrassés des soins matériels de l'entreprise, soustraits aux vicissitudes de leurs péi'égrinations continuelles, n'auraient à s'occuper que de leurs rôles et du soin d'élever, par l'étude et la pratique intelligente, leur métier à la hauteur d'un art.

1. Pour Torganlsation des thé&lres allemands au xvu* et au xtiii« siècle, Yoy. roxcolloate Oiiloire de l'Àrl ieinique allemand {Cetchichte der deultchen Schauspielkuntt), par Edouard Devrient. %• vol. Ou trouve aussi dlnléressants roosetgnemeats dans la biographie de P.-L. SciinBder, beau-flls d'Ackermaan, acteur lui-mémo, parF.-L-.W. Meyer(HatDbourg, 1819) et dans une récenle biographie du mémo acteur par B. Liizmaan (1890), auteur de plusieurs travaux sur le théâtre allemand.

Cette réfonne était depuis assez longtemps déjà attendue et désirée. Ou en comprenait Timportance et Turgeuce *. Eu effet, quels progrès, quels services sérieux, pouvait-on espérer de ces bandes nomades, condamnées à se déplacer sans cesse, vrais juifs eiTants de l'ai't; n'ayant qu'iui public de hasard, sans cesse renouvelé, turbulent et grossier, dont il fallait flatter les goûts peu délicats, sans espoir de pouvoir faire son édu- Ccition et de Télever peu à peu à la compréhension de Tart véritable'? Cet art, où le trouver, où rapprendre, en l'absence d'un centre où peut se former une école, où peuvent s'établir et se perpétuer des traditions, se développer un art modèle qui s'impose et fait loi. La mobilité même du théâtre allemand était un obstacle à ses progrès . C'est précisément parce qu'il était obligé de se déplacer sans cesse, qu'il était condamné à rester immobile au point de vue de l'art.

Plusieurs princes, il est vrai, avaient le goût du théâtre et s'y intéressaient activement. Mais c'est au

1. Le principe de la division du pouvoir et du travail avait été posé par Elias Schlegel, en 1746, dans son écrit : Aufnahme des danUchen Theaiers, publié après sa mort, en 1764. c II ne faut pas, dit Scblegel, laisser aaz acteurs le soin de travailler eux-mêmes en vue du gain ou do la perte. »

2. Le principal d'une des meilleures troupes d'alors, Schoenemann, dans la préface d'une des pièces jouées par lui, se plaint du mauvais goût, des mœura grossières du public, surtout des étudiants, qui ne se gi*Dent pas de fumer pendant les représentations, enveloppant de nuages, spectateura et acteurs. • Faut-il s'étonner, s*écrie-t-ii, si les étrangers, les Français et les Anglais, se font des Allemands un portrait qui ressemble plutôt à un rhinocéros qu'à un homme? Mais que dire encore de l'ignorance des étudiants, et même des professeun ? N*a-t-on pas longuement discuté un jour pour savoir si Cinna est une comédie ou une tragédie ; si Harpagon est un juif on un chrétien ; s'il est prouvé que l'action de Mahomei s'est réellement passée à Rome? »

théâtre français que vont leurs f aveura , et surtout à Topera, dont les séductions toutes matérielles et plastiques avaient plus d'empire sur eux que les beautés littéraires, surtout quand elles avaient pour interprètes des actem*s allemands. Quelques exceptions honorables doivent cependant être signalées. On voit à différentes reprises des princes accorder à des troupes d'acteurs indigènes le titre et le privilège de comédiens de la Cour. Mais la situation de ces acteurs, attachés à la personne du prince, ne différait guère de celle des autres domestiques de la maison. D'ailleurs ce privilège qu'on leiu' accordait, était temporaire. Souvent supprimé, par caprice ou par raison d'économie, il cessait à la mort du prince qui l'avait octroyé, et les pauvres comédiens se voyaient forcés de reprendre leur vie errante.

Néanmoins de sérieuses réformes avaient été tentées, des progi'ès sensibles accomplis dans la première moitié du siècle, au point de vue de l'organisation des troupes théâtrales, de la composition du répertoij*e et de la situation matérielle et morale des acteurs.

Ainsi la directrice de Leipzig, M"* Neuber ', avait nettoyé et assaini la scène allemande en y introduisant le répertoire français, réformé le costume et l'appareil scénique, établi une discipline et une moralité relatives dans sa troupe. Elle avait sensiblement élevé le niveau de l'art dramatique lui-même. Toutes les réformes ultérieures se rattachent à celle de la Neuber. Les troupes qui, après elle, ont le plus contribué au relèvement et au ju'Ogrès du théâtre allemand jusqu'au moment de l'en-

1. Voy. noire volume : HUttire det doctrines iHtérair es et esthétiques en Allemagne.

treprise de Hambourg, se sont formées des débris de la sienne, ont suivi son exemple et continué son œuvre.

La plus importante est celle de Schœnemann, d'abord acteur dans celle de la Neuber, où il avaît débuté avec succès dans les valets de comédie. Lorsque la directrice partit pour la Russie, Schœnemann lui succéda comme directeur d'une troupe formée par lui. Après avoir pendant dix ans parcomii le nord de l'Allemagne, il se fixa à Schwerin comme directeur du théâtre grand-ducal. Quand la mort du duc mit fin à son privilège, il reprit son existence nomade, et se fixa pendant quelque temps à Hambourg. Mais bientôt, fatigué, distrait par d'autres occupations, il abandonna définitivement le théâtre. Schœnemann, bon acteur luimême et directeur intelligent, avait eu la bonne fortune de recruter pour sa troupe quelques artistes de valeur, qui débutaient alors et qui devaient plus tard illustrer la scène allemande. Le plus célèbre de tous est Eckhof , qui sera une des gloires du nouveau théâtre de Hambourg, et dont Lessing dans sa Dramaturgie consacrera la réputation*. Eckhof, qu'une vocation impérieuse avait poussé « hors de la poudre du greffe » sm' la scène, se préoccupa constamment de relever la profession du comédien, de faire un art sérieux, fondé sur des principes et des règles, de ce qui n'était jusqu'alors qu'un métier, une routine mécanique, exceptionnellement l'inspiration heureuse d'un talent naturel. A Schwerin, sous la direction de Schœnemann, il organise des réunions et crée une Académie allemande de co* médiens.

1. Voy. Critique dramatique, Dramaturgie, cli. II : les Acteurs,

Cette Académie devait fte réunir tous les quinze jours. L'objet des réunions était : la lecture, l'étude et la critique contradictoire des pièces du répertoire. En outre, des conférences devaient être faites sur toutes les questions relatives au théâtre et à l'art scénique. Des statuts obligeaient les membres à se conformer en tout aux décisions de la majorité, et, en cas d'opposition, de soutenir l'autorité du directeur du théâtre, président d'honneur de l'Académie.

Incontestablement il y avait là intention et un effort des plus loubles, pour fixer le» principes, les règles, la Grammaire de l'art du comédien, selon l'expression d'Eckhof ; pour établir en même temps un lien moral, une solidarité d'intérêts entre les comédiens et former entre eux une véritable corporation. Mais la nouvelle institution succomba bientôt sous les résistances, le mauvais vouloir et les moqueries de ceux-là mêmes dont elle devait servir les intérêts et ennoblir la profession. Néanmoins, c'était une initiative heureuse, une idée féconde à laquelle appartenait l'avenir.

En attendant, Eckhof, découragé par l'avortement de ses efforts, renonça à toute nouvelle tentative et redevint simple acteur.

A Hambourg, la direction de Schœnemann tomba aux mains d'un autre acteur de la troupe de la Neuber, de Koch, homme lettré, bon administrateur, qui travailla lui aussi à améliorer le théâtre. Aux grossières arlequinades dont on n'avait pu se débarrasser complètement, il substitua un autre spectacle, venu également d'Italie, mais plus artistique, plus délicat : de petites comédies mêlées de chant; Vopéra comique (Singspiel)^ qui bientôt s'acclimata en Allemagne et y devint populaire, grâce

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aux talents combinés du poète Ch.-F. Weisse et du compositeur Hiller.

Une autre innovation importante est due aux soins de Koch. En 1755 parurent les Comptes rendus du théâtre de Koch (Schildereien der Koch'sclxen Buhne)^ lesquels provoquèrent une réplique (Gegeiischildereien)^ profitables comme eux aux acteurs et au public. Ce fut là l'embryon de la critique théâtrale, non plus seulement théorique ou historique comme celle que Lessiug venait d'inaugurer dans ses Beitrâge et sa Theatralische Bihliothekj et qui ne s'occupait des théâtres contemporains qu'à longs intervalles et de loin, mais la critique locale, dii'ecte et actuelle.

Koch rendit encore un autre et très grand service au théâtre. A l'occasion de la représentation d'une pièce nationale et patriotique, le Hermann d'Elias Schlegel, pour la première fois les costumes furent exécutés d'après les données historiques, tandis que jusqu'alors les acteurs n'avaient généralement que trois costumes : un costume antique, un costiune oriental, de fantaisie l'un et l'autre, et un habit de cour, dans lesquels devaient entrer tous les personnages tragiques ou comiques, quels qu'ils fussent*.

I. Ainsi Caton (sans doute dans le CaÀon mourantf de Goltsched) paraissail en perruque, on habit de cour et on bas cliinés. Clytemneslre et une princesse danoise étaient à peu près liabiliées de la mdnij manière, eu costume Louis XV. Ces costumes, toujours les mémos, rafistolés, rapiécés tant bien que mal, devaient manquer de fraîcheur, vu Tétât des gages que recevaient lesacte'irs. Ainsi Schœnemann, en créant sa troupe en 1710, avait chaque semaiue à payer 48 m. 80 pf. (61 fr.) i IS personnes. Sophie Schrœder (la future M"* Âckermann) recevait 47 m. 75 pf. (9 fr. 70 c), Eckbof 4 m. 60 pf. (5 fr. 75 c). Plus lard, Ackermann put donnera Caroline Schulze n florins (so fr.) et de i764 à 1767, SO florins (50 fr.). Voy. Litzmann, F. L. Schrœder, vol. I. (1890).

Chassé de Leipzig par la guerre de Sept ans, Koch, après plusieura étapes en différents eiidi*oits de l'Allemagne, s'était arrêté à Hambourg. Mais après la paix, Leipzig le réclama de nouveau. Il céda alors le bail de son théâtre au principal d'une autre troupe, personnage important à plus d'un titre dans l'histoire du théâtre allemand , surtout parce que, indirectement et presque malgré lui, il fut la cause de la création du théâtre national à Hambourg, qui devait ouvrir pour l'Allemagne une nouvelle ère dramatique : nous voulons parler d'Ackermann.

Ackermann, sorti d'une bonne famille, avec une éducation soignée, avait d'abord servi dans l'armée, sous le maréchal Mûnnich. Il avait conservé de la profession militaire, outre la vigueur et l'adresse du corps, l'habitude de la discipline et l'autorité du commandement. Ces qualités le servirent beaucoup dans son double emploi d'acteur et de directeur. Il débuta dans la troupe que Schœnemann avait formée à Lunebourg, en même temps qu'Eckhof, et une jeune femme débutante aussi, M"* Schrœder, que la gêne, l'impossibilité d'entretenir sa famille, avait forcée de se séparer de son mari et de chercher dans la profession dramatique, pour laquelle elle se sentait faite, des ressources et un avenir. Placé à la tête d'une nouvelle troupe dont les membres s'étaient séparés de Schœnemannn, Ackermann, après plusieurs années de pérégrinations en tous sens, jusqu'en Russie, épousa M*"* Schi*œder, devenue veuve, et revint se fixer à Hambourg. Sa troupe, à ce moment, était ime des meilleures de l'Allemagne. Elle avait Eckhof, qui avait quitté Koch ; M"** Schrœder, devenue une actrice de grand talent; son fils, issu de son premier mariage,

et adopté par Âckermana, un des meilleurs mimes de Tépoque; les deux filles qu'elle avait eues d'Ackermann, Dorothée et Charlotte, dont la dernière surtout, morte jeune, brilla d'un vif mais trop rapide éclat sur la scène allemande ; M*""* Hensel, talent hors ligne, dont Lessîng parlera; enfin Ackermann lui-même, qui excellait dans les grands rôles tragiques (Ginna, Mithridate, Polyeucte), mais plus encore dans la comédie et surtout dans le drame bourgeois, alors dans sa nouveauté. La grande mobilité de son tempérament, qui lui permettait de passer rapidement des accès de colère aux épanchements affectueux, le rendait éminemment pi*opre aux rôles où le comique se môle au sentimental. 11 savait, comme on Ta dit, « rire avec la larme à rœiU.

Les succès d' Ackermann et de sa troupe furent assez sérieux pour le décider à prolonger son séjour à Hambourg. Mais conune il n'était que locataire de la salle qu'il occupait, et que le propriétaire, Koch, alors à Leipzig, refusa de renouveler le bail, ayant sans doute l'intention de revenir à Hambourg tôt ou tard, et ne se souciant pas d'installer dans son immeuble une entreprise rivale, Ackermann se décida à construire à ses frais une nouvelle salle, qui fut inaugurée le 31 juillet 1765. Cette tentative, malgi*é les dépenses considérables qu'elle entraînait, car tout son théâtre fut établi sur un plus grand pied qu'auparavant, aurait néanmoins pu prospérer, gtAce à l'excellence de la troupe, au talent administratif du directeur et à la faveur du public. Elle ne put se maintenir malheureusement, non pas, comme on l'a cru et répété souvent, pour cause d'embaiTasf financiers, mais à la suite d'une cabale, d'une

sorte de conspiration tramée contre Ackermann. Il est intéressant de la connaître, car elle eut pour conséquence le départ d'Ackermann et la création d'une nouvelle organisation théâtrale, à laquelle Lessing fut appelé à donner son concours.

La direction d' Ackermann avait rencontré tout d'a- })ord un adversaire dans un certain Lœwen, littérateur, «nûtique, auteur dramatique de son métier, de talent médiocre, mais ambitieux, actif et remuant, et qui nourrissait, lui aussi, des projets et des plans de réforme théâtrale, qu'il avait développés dans divers écrits, notamment dans un Traité et dans une Histoire du théâtre allemand. Là, il expose les causes de Tinfériorité dramatique de l'Allemagne, et demande que les acteurs soient payés des deniers publics ; qu'ils soient dirigés par un administrateur expert et indépendant; enfin qu'à chaque théâtre soit annexée une sorte d'académie, de conseiTatoire, où seraient instruits et formés les actem*s : « Car, dit-il, le théâtre est une école de mœurs, et bien organisé et dirigé, peut contribuer à former de bons ctioyens. »

Lœwen ne se contentait pas d'exposer ses théories. Son ambition était de les réaliser comme directeur ou du moins comme professeur d'art dramatique attaché à quelque grand théâtre. Il avait jeté ses yeux sur Hainbourg et s'était lié avec Schœnemann dont il devint h* gendre. Mais la dissolution de la troupe de son beaupère avait mis à néant ses projets. Il comptait sur son successeur, Ackermann, qui accueillit ses conseils et ses services, mais confia bientôt à un autre le poste d'administrateur et de dramaturge qu'il convoitait. De là l'inimitié de Lœwen, qui ouvre une campagne contre

AckermauQ, attaque dans un pamphlet anonyme son administration, critique le choix des pièces, les auteurs, les traducteurs et les acteurs, et, reprenant sa thèse réformatrice, il attribue à Tincapacité et à l'incurie du directeur les vices de l'organisation théâtrale, telle qu'elle existait alors, avec l'arrière-pensée bien visible de se substituer à ce directeur incapable. Cette campagne n'aurait peut-être pas abouti, si Lœwen n'avait pas trouvé des alliés dans le cœur même de la place attaquée. Pendant qu'on travaillait au dehors contre Âckermann, une conspiration de coidisse se tramait contre lui, et dont la promotrice était une actrice de la troupe. M"** Hensel*, distinguée et aimée du public, mais ambitieuse, accapareuse de rôles et d'applaudissements, incapable de souf&*ir une actrice de talent à côté d'elle. Elle était de ces artistes qui « ne croient pas briller assez s'ils ne brillent pas seuls». L'objet de sa jalousie, à ce moment, était la jeune Caroline Schulze, protégée par Ackermann, qui se refusa à la sacrifier aux rancunes de sa rivale. La Hensel, belle et de mœurs galantes , avait autom* d'elle une cour d'adorateurs influents, qui, naturellement, épousèrent sa cause . Une coterie puissante et menaçante se forma contre Ackermann. Lœwen sut habilement exploiter la situa-

1. Née à Dresde, engagée à 19 ans par Ackermann, pour sa iroupe do Francfort-sur-Mein, comme amoureuse tragique. Très belle, mais aussi légère que belle, elle causa, par sus caprices et ses Irrégularités de conduite, bien des ennuis à ton directeur. Avant la On do la saiaon, elle disparut, enlevée par un jeune viveur de la ville. De là procè^i, que perdit Ackermann. Sa troupe dut quitter la ville peu de temps apréa, i la suite de la prise de Francfort par les Français (i 758-17591 et fut remplacée par des acteurs français. Ce furent eux qui eurent Thonneur dlnltior le jeune Gcetho aux prumiôras émo'.ions du lliéàlre. (Voy. B. Utxmann, F. L. Schrœder, i«' vol.)

Uoii. Il se lia avec le protecteur en titre de la Hensel, Abel Seyler, négociant, assez mal dans ses affaires, avec cela viveur, prodigue et surtout graud amateur de théâtre. II sut peu à peu lui insinuer l'idée de prendre tui-méiue la direction du théâtre, réorganisé sur un nouveau plan, et dont on parviendrait à éloigner Ackerrnann. La Hensel, comme on pense bien, entra vivement dans cettecombiuaison, qui la débarrassaitdu coup d'une rivale détestée et lui assurait l'empire absolu dans un théâtre dirigé par celui qu'elle menait elle-même.

Seyler, qui ne pouvait rien refuser à sa maîtresse et qui peut-être aussi entrevoyait là un moyen de refaire sa fortune compromise, se laissa tenter par les propositions de Lœwen, qui répondaient à ses goûts et à ses intérêts. Il chei-cha et trouva des associés et des bailleurs de fonds, taudis que Lœwen de son côté, avec ses :miis, continuait plus ou moins ouvertement ses attaques contre Ackermaun. Il fit si bien que flnalemeut celui-ci, fatigué, dégoûté du métier de directeur, acceptais propositions qui lui furent faites, et qui étaient d'ailleurs de iialure à le dédommager convenablement de sa renouciatiou. Le 24 octobre, 1766, un traité est conclu entre Ackermann d'un côté et entre im comité de l'autre, formé par Seyler, Tillemann et Bubbers, négociants, représentant la société des actionnaires de la nouvelle entreprise. On loue à Ackermann son théâtre, à partir du carnaval 1767 jusqu'en 1777, pour 10,000 marks annuellement. On lui prend sa garde-robe pour 4,000 marks, et on lui assure en outre le tiers de la ;cette des redoutes (bals masqués) données dans le Jurant de l'hiver. Le traité, non dénoncé deux ans rant expinition, serait par cela même prorogé de dix

ans. Ackeimann lui-même est engagé dans la nouvelle troupe^ comme acteur, avec ses deux filles. La direction générale du nouveau théâtre, distincte et indépendante du personnel artistique, est confiée au comité. Lœwen, qui avait été à la peine et qui voulait âtre à Thonneur, est nommé directeur artistiqpie, chargé de constituer le répertoire, de choisir les pièces, de distribuer les rôles. Dans une annonce un peu pompeuse, publiée dans Tautomne 1766, il expose le plan et Torganisation du nouveau théâire, les intentions et les espérances* de la direction. On recrute des artistes distingués dans toute TAllemagne ; on fait venir un peintre de Berlin pour les décors ; on supprime le ballet, pour bien marquer les tendances sérieusement et exclusivement littéraires de l'entreprise.

Yoici donc le théâtre reconstitué, établi sur des bases nouvelles, organisé d'après un plan nouveau, affranchi des misères de Tétat nomade, voué désormais au culte désintéressé de l'art. Le chariot errant de Thespis a trouvé enfin un asile définitif et confortable.

Cette révolution, car c'en devait être une dans la pensée de ses pi*omoteurs, conune beaucoup de i*évolutions plus importantes, fut amenée par de petites causes. Sans doute elle était désirée, attendue, préparée depuis quelque temps déjà. Mais ce n'est pas une pensée purement artistique et désintéressée qui Ta fit aboutir; ce fut, comme nous l'avons raconté, le caprice despotique d'une femme jalouse.

En attendant, tout semblait promettre le succès : l'idée initiale de l'entreprise, le plan, les moyens d'exécution et surtout le choix de la ville où la nouvelle institution devait faire ses preuves.

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De toutes les Tilles d'Allemagae, Hambourg offiaiL itlors le plus de ressources et de garautie» d'areuir, pour la création d'iui théâtre national et permanent. Leipzig avait fait son temps et joué son rôle dans l'histoire du théâtre ; Berlin se préparait seulement au sien ; Vienne appartenait encore à Arlequin. Hambourg, depuis queli|ue temps déjà, était le point de mire et d'attraction des principales troupes d'Allemagne, qui y séjouraaient plus longtemps qu'ailleurs. Ville libre de par sa constitution, opulente par son commerce maritime, qui la mettait en rapport avec le monde entier, Hambourg Tivait d'une vie cosmopolite plus large, plus indépendante, que toute autre ville d'Allemagne. La richesse 7 entretenait l'habitude du luxe et des plaisira, l'amour des spectacles. L'opéra, depuis le xvn' siècle, y avait célébré ses triomphes et étalé ses magnificences. En même temps, la vie intellectuelle et littéraire y trouvait un milieu favorable. Le voisinage de l'Angleterre 7 avait développé un goût plus libre, des idées littéraires plus larges que celles qui régnaient encore dans le reste de l'Allemagne. Hambourg avait ses écrivains, ses poètes, son journalisme. Brockes, Richey, Hagedorn, qui annonçaient déjà et pi-éparaient une ère nouvelle pour la httérnture allemande, y faisaient école. C'est à Hambourg enfin, que paraît un des premiers et des plus importants recueils périodiques, le PaliioU, imité du Speetalor anglais et imité à son tour par de nombreuses publications analogues. L'entreprise théâtrale q.ii venait d'être créée, trouvait donc là un pubhc intelligent, capable de la comprendre et de l'encourager. Une des meilleiu-es inspirations des organisateurs du ihéâtreniUioiialfutde s'assm'er du concours de Lessing.

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Lessingy revenu à Berlin après sou séjoui* de Breslau en 1765, n'avait alors aucun projet, aucune perspective d'avenir. Il désirait cependant trouver une position qui, en lui donnant les moyens de vivre, s'accordât en même temps avec ses goûts d'indépendance personnelle. En attendant, il s'occupe de son Laocoon, dont il veut achever la seconde partie, et de Mmna de Bamhelm à laquelle il met la dernière main. Des amis, préoccupés de son avenir plus qu'il ne l'était lui-même, songeaient pour lui à la place de bibliothécaire du roi, vacante par la mort du titulaire, Gautier de la Croze. Ce poste avait été offert d'abord à Winkelmann, alors à Rome. Mais les exigences du célèbre antiquaire, qui avait le grand tort d'être Allemand, déplurent au roi, Winkelmann d'aillem*s ne persista pas. Il ne put se faire à l'idée de quitter Rome, qui était devenue sa seconde et sa véritable patrie. On prononça alors le nom de Lessing, que sa réputation d'écrivain et de savant, solidement établie, devait recommander au suffrage du roi. Mais celui-ci, soit qu'il fût résolu à n'appeler qu'un Français, soit que le souvenir des démêlés de Lessing avec Voltaire lui fût revenu à l'esprit, fit la sourde oreille, et l'affaire n'eut plus de suite. C'est au momeni même où parut, à Berlin, la comédie Minna de Bamhelm, le plus bel hommage rendu à la gloire et à la grandeur de Frédéric II , que Lessing se vit obligé de quitter Berlin pour chercher ailleurs ce que lui refusait le souverain indiff'ërent et ingrat.

Cette situation était d'autant plus pénible pour Lessing, que d'incessants besoins d'argent le pressaient. En outre, son père, très gêné en ce moment, le sollicitait, sans qu'il lui fût possible de lui donner, pour le

momeut, autre chose que des promesHes. Rien ne pouvait donc lui ai-i'iver plus à souhait ijue l'inTitatioo qu'il reçut de Hambourg, en novembre 1767, et qui sollicitait son concours à l'entreprise du nouveau théâtre qu'on venait de fonder. <Je me trouvais alors, dit-il, oisif sur le marché, attendant qu'on vtnt m'engager. > Ce n'est pas qu'il se ftt de grandes Illusions sur les avantages de cette nouvelle position qu'on lui offrait : ■ Ne me demande pas, écrit-il i Gleim (février 1766), sur quoi je compte en allant i Hambourg. Sur rien à trid dire. Pourvu qu'on ne me prenne rien, on me donnera toujours autant qu'ici En concluant avec enx

(les entrepreneurs), je me suis rappelé le vers de Ju- VL'nal :

QiKMJ non dont proeere», dabU hûtriù. ■

Il avait été question, d'abord, d'attacher Lessiag au théâtre de Hambourg en qualité d'auteur, de dramaturge, avec obligation de fournir chaque année un certain nombre de pièces. 11 comptait bien, de son côté, profiter de sa position pour achever et faire représenter plusieurs de ses œuvres, entre autres son Fautt, dont il s'entretenait souvent avec ses amis '.

11 refusa cependant, ne pouvant se résoudre àprodnire sur commande et à jour fixe ; et pour qui connaît su manière de travailler, ce refus n'a rien qui doive urprendre *.

On lui propose alors d'être le conseil littéraire, le

). Voy. ploi btut.

1. Karl Leniiig, dtos 1b biographie da ton frdra, noui lollia i n ndlboda de travail, prAcîtdinsnl i l'ûpoqua où, pendant iod adjout i leriiQ (IIM-ITST), li MDl à la fola la oMea^té et la dlfllciilK de tra-

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critique officiel et attitré du théâtre, aux appointements de 3,200 marks (4,000 fr.), somme assez importante poui' l'époque. Lessing accepte. Mais avant de conclure définitivement, il veut se rendre sm* les lieux, voir par lui-même, s'aboucher avec les directeurs de l'entreprise. De Hambourg il écrit à son frère que tout paraît s'arranger au mieux de ses intérêts, et que l'affaire prend une bonne tournure. Il revient à Berlin et, après avoir mis en ordre ses affaires, réglé quelques dettes pressantes, il vient, au commencement d'avril, se 'fixer définitivement à Hambourg où, le 22 du même mois, la nouvelle direction inaugure solennellement la série de ses représentations. D'après le traité conclu, Lessing devait rendre compte de chaque représentation ; juger les pièces et leurs interprètes; conseiller les acteurs, éclairer le public, faire son éducation littéraire ; former et réformer son goût ; l'élever peu à peu à la véritable compréhension des chefs-d'œuvre de l'ai-t dramatique ; enfin pit)voquer l'éclosion de talents originaux et de productions nationales. Ges comptes rendus ou, si l'on veut, ces feuilletons, écrits au jour le jom*, au fur et à mesure des représentations, du moins au dé-

valuer sans ioteiTuplioa et avec une application constante. « En se promenant dans sa chambre, tout entier à son travail, le titre d*un livre frappe sa vue ; il Touvre, trouve une pensée qui n*a aucun rapport avec sa méditation présente, mais qui lui parait si belle, si excellente, qu*il doit la noter. En récrivant, il ne peut laisser de côté ses propres réflexions. Ces réflexions à leur tour se rapportent à un autre sujet qu*il ne peut s'empêcher d'examiner sur-le-champ, au risque de ne plus le

retrouver quand il on aura besoin Mais voici que le garçon do

rimprimerle frappe et demande de la copie. Elle est prête sans doute, mais il faut la revoir, et c'est pour cela qu'il s'était mis à l'œuvre de bonne heure. Mais il a quitté son travail, et celte interruption lui a donné, il est vrai, la nutiôre d'un livre nouveau. Seulement le manuscrit qui devait être prêt pour l'impression, n'est pas corrigé. »

but, ont formé, réunis, la DramaturgiCj œuvi-e capitale bien qu'incomplète et fragmentaire, gui, grâce à la science, à la sagacité et à la profondeur critique de Lessing, est devenue pom* Tart dramatique ce qu'est le Laocoon pour Testhétique. C'est à ce titre et à ce point de Yue que la Dramaturgie nous intéresse et que nous devons Tétudier.

Mais avant d'aborder l'œuvre de Lessing, faisons connaître les destinées, très courtes malheureusement, de l'entreprise qui l'a provoquée.

Les hautes espérances qu'on avait fondées sur cette organisation nouvelle, les résultats brillants qu'on en attendait, ne devaient pas tai-der à s'évanouir. Dès le début, des hostilités s'étaient manifestées, et Lessing, déjà dans la préface de sa Dramaturgie, signale au mépris public « ces misérables qui d'avance dénigrent les entreprises les plus louables et calomnient les intentions les plus honnêtes ' ».

Le prospectus pompeux de Lœwen, où s'étalait trop ouvertement sa personnalité ambitieuse et vaniteuse, n'avait pas produit tout l'effet qu'on en attendait. En outre, les capacités administratives et la solidité financière des promoteurs de l'entreprise n'inspiraient pas une confiance absolue.

Dès les premiers mois, des dissentiments intérieurs se manifestèrent. Les attributions et les responsabilités respectives étaient mal établies, mal définies, et Lessing qui était un des premiers à s'en apercevoir, écrit à son frère « que personne ne sait au juste ce qu'il a à faire » (Man xceiss nicht wer Koch oder Kellner ist).

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