‹ LessingChapitre 114 sur 233 · Hamlet, acte lU, Se. II · texte numérisé non relu

Hamlet, acte lU, Se. II

maturgie, il n'est guefttion que des qualités émineutes de Tartiste, « une des Tneilleui*es que le IhéAtre allemand a jamais eiïés » . Lessing fait ressortir surtout la perfection de son débit, qui laisse difiicilement ^^chapper une intonation fausse.

« Elle sait dire le vera le plus diffus, le plus raboteux, le plus obscur, avec une facilité, une précision telles que son intonation en donne l'explication la plus claire, le commentaire le plus complet * . »

C'est dans cette même tragédie d'Olinthe et Sophrania, dans un personnage ingrat, outré, peu intéressant, que les qualités personnelles de cette artiste se manifestent avec éclat, et qu'elle montre, qu'elle sait non seulement « penser avec le poète, mais penser pour lui ».

Elle l'a corrigé en quelque sorte, en lui pi'étant des intentions dramatiques qu'il n'a pas eues. Par sa manière de dire, de nuancer les vers, de détacher à propos certains passages, elle a su rendre intéressant un caractère qui ne l'est pas. Lessing lui reproche môme un excès de discrétion, comme si elle avait craint de représenter, non ce que le poète a dit, mais ce qu'il a voulu dire. Dans ce même rôle de Glorinde, il admire l'art avec lequel l'actrice a su mmncer et graduer son jeu dans la scène où elle fait à Olinthe, qui, lui, aime une autre femme, l'aveu de sa passion, non partagée. Mais encore faut-il que le poète y mette du sien, et qu'il ne rende pas la tâche de son interprète impossible. Ainsi, dans cette scène de déclaration, « à quoi eût-il servi à l'actrice de maintenir un peu plus longtemps le poète dans les bornes de la modération et des

Page 1