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CRITIQUE DRAMATIOUK. 339
dans leurs travers. 11 doit leur donner la vanité de vouloir en faire parade*. »
La peinture des moeurs originales allemandes risque d'entraîner avec elle un autre défaut, qui n'échappe pas non plus à Lessing, et qu'une antre pièce du répertoire, der Mann nach der Uhr (l'Homme à l'heure) d'un certain Hippel, lui donne l'occasion de constater. Ce défaut des comédies allemandes, c'est d'être non pas nationales, mais provinciales. « Je crains que chaque auteur regarde les pauvres mœurs, du coin où il est né, comme les mœurs mêmes de la patrie commune. Mais à qui importe-t-il d'apprendre combien de fois l'an, ici ou là, on mange des choux verts * ? »
La division, l'émiettement territorial et social de l'Allemagne, voilà bien une des causes de son infériorité dramaticjue, surtout dans le genre qui par essence est la peinture des mœurs actuelles d'une nation. Lessing l'a senti plus que personne, et dans un des derniers chapitres de la Dramaturgie, découragé, désespérant de l'avenir théâtral de l'Allemagne, il s'écrie avec une douloureuse ironie :
« O la naïve idée de vouloir donner aux Allemands un théâtre alors que nous autres Allemands nous ne sommes pas encore une nation' ! »
Une autre cause encore à laquelle Lessing attribue les faibles progrès accomplis par le théâtre allemand, c'est le préjugé, trop répandu encore de son temps, que la littérature, le théâtre, ne conviennent qu'aux jeunes gens, ne doivent être pour eux qu'une distraction, un