Vorlesungen ûber dramatische Kunst und Literalur, XII
2. Si la Dramaturgie avait suivi les représeotatioas du théâtre de Hambourg ju8qu*à la fla de Tentreprise, c*esl-à-dire jusqu'au 25 dovembro 1768, nous aurions eu sans doute cette appréciation plus complète do Molière. Lessing arrête ses comptes rendus au 86 juiUet t767. Mais on a conservé deux listes, écrites de la main de Lessing, qui muntionnent les représentations jusqu*au 4 décembre de celte année, et celles de Tannée suivante, depuis la reprise, le iS mai, jusqu'au 25 novembre. Or, sur ces listes figurent : V Avare, représenté trois fois ; le Tartuffe, une fois; Y Ecole de* Femmes, quatre fois; VÉeole des Maris, et le Malade imaginaire, une fois. (Œuvres, Ed. Hompel, v. 19.
un jugement plus approfondi et plus compréhensif , plus franchement sympathique peut-être? Nous oserions presque Taffirmer. En tout cas, nous pouvons dire, en nous fondant sur ce que nous savons, que Lessing a professé pour Molière le respect que Ton doit à un maître, à une des gloires, à une des plus illustres personnifications de Tart comique. Différents passages, recueillis çà et là dans ses œuvres, le prouvent. Dans la Dramaturgie encore, rendant compte d'une représentation de VAvocai Patelin et de la Mère coquette, de Quinault', il ne croit pas pouvoir mieux louer ces deux pièces, qu'en constatant « qu'elles renferment des traits de comique dont Molière n'aurait pas eu à rougir ». Dans sa fameuse polémique avec le pasteur Gôtze, où il est aussi question du théâtre, et où Lessing place fièrement l'auteur dramatique à côté et môme au-dessus du prédicateur, et revendique pour lui le di*oit de faire des sermons « s'il le veut » , tandis qu'il n'accorde au prédicateur le droit de faire des comédies,- seulement « s'il le peut », il dit à l'appui de son opinion : « Qui doute que Molière et Shakespeare n'eussent fait et prononcé d'excellents sermons, s'ils étaient montés en chaire, au lieu de monter sur le théâtre'? »
Placer ainsi Molière à côté de Shakespeare, o'est, de la part de Lessing, lui donner la plus grande marque d'admiration.
Au début de sa carrière dramatique, à l'âge des vastes espoirs et des hautes ambitions, il écrit à son père pour se justifier de vouloir embrasser la profession