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GœUie, Wafirf^ett und DicfUung

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Ramier de Berlin, mettent de côté leur lyre et leurs cbalumeaus, et entonnent k trompette guerrière. Destitués d'imagination, mais animés d'un sentiment sincère, ils célèbi'ent dans leui-s vers, avec force comparaisons mythologiques et réminiscences classiques, la gloire du vainqueur de Lowositz et de Rossbacb, et prédisent la venue d'un nouvel âge d'or. La muse populaire aussi, depuis longtemps muette,, fait entendre sa vois, et l'on voit nattre des récits, des chansons, dont Fi-édéric le Grand est le héros'.

Ces hommages et ces apothéoses étaient bien désintéi-ess^B, car la littérature allemande n'avait aucune plape dans les préoccupations et les laveurs du roi, dont toutesles sympathies et les admirations allaient, comme on sait, à la littérature française. Cette indifférence dédaigneuse et antipatriotique lui a été longtemps et souvent reprochée. Elle s'explii]ue cependant par son éducation première ', par les impressions et les admirations de sa jeunesse, par son exil à Reinsberg, où s'étaient fixées ses opinions littéraires, et principalement par le triste état, par l'humiliante infériorité de la littérature allemande à ce moment'.

Mais si Frédéric le Gi-and n'a pas protégé directement la littérature allemande, même sans tenir compte des inspirations iiatrloUques qu'elle lui doit, il lui a rendu

1 service inappréciable, bien supérieur aux récom-

.. Diltfvrik, Sammlung iltr Liederdf tiebenjàhrigen Kriegt». 1869. I. Sa i^ouveninnle ul son précepluur litoiant FraoceU (v. L>tjuo, la ntiie Au Grand Frédéric).

I. On lu) pnrdonDe moins d'atoir peniilil dans cetia oplaloo, Jutqu'l

[in do son rùgue, alors que dûjâ lu gûnle allemand s'ûlail oiDrnid^aT . iPuvroi orJKinalL'S et pulsiauluï.

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penses, aux pensions, aux faveui's qu'il eût pu accorder aux poètes. Élevé à Técole des philosophes, élève d'abord de Wolf, puis de Locke et enfin de Voltaire et des libres penseurs français, ami de la tolérance par indifférence sceptique, ennemi de tout fanatisme sectaire, une fois monté sur le trône il s'empressa d'appliquer ses idées dans son royaume. Il proclama comme le principe essentiel de son gouvernement, la liberté de penser, d'écrire et d'imprimer * ; le droit de chacun d'exprimer ses opinions, de discuter celles des autre9 sur toutes les matières, littéraires, philosophiques et religieuses', sauf cependant sur la politique, terrain réservé et interdit au public. Il rappelle le philosophe Wolf, banni de Halle en 1723 par la coalition des orthodoxes et des piétistes, ainsi qu'un autre Wolflen, de Kônigsberg, Fischer, banni lour les mêmes motifs. Il réunit autour de lui un groupe de philosophes et de savants français, et invite Voltaire à sa Cour. Ce régime libéral, quoique personnel et despotique à certains égards et à certains moments, porta ses fruits. Berlin, jusque-là ville de militaires et de fonctionnaires, devint bientôt un centre de vie intellectuelle intense, un foyer de propagande philosophique et rationaliste, émancipatrice des consciences et des intelligences, hostile à lobscurantisme, aux préjugés séculaires et à l'intolérance persécutrice. C'est la période des lumières {Aufklârungsperiode) qui précède et prépare la

1. L*opiDlon du roi est que « les gazettes, si dlles doivent être liitéressaDtes, ne doivent pas être gênées ».

s. ■ La foi et le culte intérieur ne sont point objets de lois coercitives. Chaque habitant du royaume doit jouir d*uno liberté eniiére de croire et de pratiquer sa religion, i (Entwurf einei allgemeinen Cese zbueluê fur die preutêisehen Sioaten, 1} i et i.)

grande époque classique, l'ère des créations originales, en poésie et en philosophie.

Lessing a été un des plus puissants promoteurs de ce mouvement, qui entraîne à la fois la littérature, la philosophie, la religion, toutes les manifestations de ia pensée.

Mais dans cette œuvre de' réforme et de renouvellement, il a eu des collaborateurs et des amis, dont l'activité pendant cette période jusqu'en 1760 a été intimement associée à la sienne. Dans ce groupe, nous distinguons tout d'abord deux noms qui sont au premier plan : ceux de Nicolaî et de Mendelssohn.

Nicolaï, tils d'un libraire de Berlin, après avoir reçu sa première éducation à Halle et à Francfort-sm^l'Oder, et fait son apprentissage dans la librairie, revenu à Berlin, avait momentanément renoncé aux affaires. Par l'étude approfondie des écrivains et des philosophes français et anglais, il était devenu lui-même écrivain et penseur. Il débuta dans la littérature parune défense (anonyme) de Milton (1753), qu'im écrivain anglais avait accusé d'avoir composé son Paradû perdu avec des emprunts faits à des poètes latins modernes. Cette brochure était dirigée en réalité conti-e Gottsched, qui, hostile à Milton comme à tous les poètes d'imagination originale, avait inséré ce pamphlet dans une de ses revues. Deux ans plus tard parut une publication plus importante : Lettres sur la situation acluelh de la LiUiralure {Briefe ùber den itzigen Zustand der Literatur)'. Là, Nicolaï attaque directement Gottsched, dont l'autorité,

1, néimprlmd dans la collection des Sertiner A'mdrucic. Berlin,

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rigoureusement battue en brèche par les Suisses, commençait à chanceler. Mais le jenne critique atteste déjà sa personnalité, en 83 plaçant au-dessus des deux partis en lutte, connaissant les défauts de chacun. Il se moque également du tou séraphique et de la mysticité nuageuse des poèmes bibliques, des patriarchades de Bodmer et de ses disciples*. Il raille spirituellement Wieland, qui s'était enrôlé dans ce parti, et le jugement qu'il en porte a été souvent cité*. Il loue aussi, comme une promesse d'avenir, les premières pro* ductions de Lessing, ses épigrammes et ses comédies. En outre, Nicolaï insiste sur l'importance du drame pour l'avenir de la littérature allemande, et recommande Shakespeare comme le meilleur modèle à suivre. Il démontre enfin la nécessité d'une critique sévère et impitoyable à l'égard de la médiocrité de plus en plus envahissante. Ce programme est celui-là même dont on peut saisir les linéaments, dans les articles de critique de Lessing', et qui inspirera et dirigera son œuvre de réforme littéraire. Nicolaï, sans connaître encore Les* sing personnellement, avait eu connaissance de ses premières publications et en avait fait son profit. Mais comme ces tendances et ces vues paraissent plus marquées chez Nicolaï,* notamment en ce qui concerne l'art dramatique, on peut «admettre qu'elles n'ont pas été sans influence sur Lessing lui-même, qui, d'ailleurs, a souvent emprunté à d'autres la matière première de ses

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