‹ LessingChapitre 142 sur 233 · Acte 1» se. ni · texte numérisé non relu

Acte 1» se. ni

même en cite quelques-uns, observés ou imaginés par lui : « rhomme déplacé, Thomme fin, dont la finesse échoue toujours contre la naïveté d'un homme simple ; le faux philosophe, Thomme singulier, manqué par Destouches, le Tartufe de société, comme on fait celui de religion* ».

D'ailleurs, s'il est vrai que les caractères comiques soient en si petit nombre et qu'ils aient déjà été traités, Diderot espère-t-il que les conditions remédieront à cet embarras? € Si je choisis un de ces sujets, dit Palissot, parlant par la bouche de Lessing, le magistrat par exemple, il faudra bien que je lui donne un caractère : il sera triste ou gai, grave ou frivole, affable ou brusque, et ce sera ce caractère qui en fera un personnage réel, qui le tirera de la classe des abstractions métaphysiques. Voilà donc le caractère qui redevient la base de l'intrigue et de la morale de la pièce, et la condition n'est plus que l'accessoire. 11 en est de même de tous les sujets proposés. » Palissot ajoute: « Le projet de l'auteur n'est donc qu'une chimère et l'une des plus bizarres peut-être qui aient jamais pris naissance dans une tête humaine*. »

Mais l'admiration et le respect que Lessing professe pour Diderot, malgré cette dissidence, ne lui permettent pas d'accepter cette sévère condamnation. Aussi ne citet-il pas cette dernière phrase. Il prête même à Diderot une réponse à la critique de Palissot : « Sans doute, pourrait répondre Diderot, je veux donner à mes personnages un caractère individuel, mais un caractère qui

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