Œuvres de Palhêot, t. I'% p. su
y. Ibid., D. 51 1 et 61 S.
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Boitnou pas en opposition, mais en harmonie avec leur condition. Ainsi, s'il s'agit d'un juge, il ne dépendra pas de moi de le Caire sérieux ou frivole, affable ou brusque; il sera nécessairement sérieux, affable, et toujours eu proportion de ce que la situation exige. » Seulement cette harmonie entre la condition et le caractère présente un danger qui n'échappe pas à Lessing.
Ces caractères ainsi conçus, seront ce qu'on appelle des caractères parfaits, invraisemblables et hors nature, que leur perfection même rend monotones et fastidieux à la longue, incapables de nous intéresser. Diderot n'a pas su éviter cet écueil dans son Fils naturel et dans son Père de famiUe\
En outre, Diderot prétend aussi rompre avec le procédé habituel des auteurs comiques, qui opposent au caractère principal un caractère contraire qui lui sert de repoussoir et, par ce contraste même, le met en lumière et fait saillir plus fortement les traits de sa physionomie.
« Le véritable contraste, ajoute Diderot, est celui des caractères avec les situations, celui des intérêts avec les intérêts. Le contraste entre les caractères existe rarement, la différence très souvent. »
Ce seront donc des caractères différents que l'auteur comique devra mettre sur la scène.
Si deux caractères contrastants étaient dessinés avec la même force, Diderot afi&rme qu'ils rendraient le sujet de la pièce équivoque et douteux, et, pour cette raison,
1. Dans un chapitre priScëdont (ch. IV) où nous établissoos ca que Lossing, auteur dramnlique, doil A Didorot, n3U8 montrons qu*il n'a lui-oiôme pas échappé a ce défaut.
il condamne la comédie des Adelphes de Térence, où lecontraste entre les deux pères, Micio et Demea, est si fortement marqué, qu'on ne sait plus lequel des .deux est le personnage principal, et auquel des deux doit s'attacher la sympathie du spectateur.
Lessing, sans admettre la justesse de cette critique,, donne raison à Diderot, quant au principe, et croit Domme lui qu'il .vaut mieux que les caractères soient différents au lieu d'être opposés. « Les caractères opposés sont moins naturels et ajoutent à ce Ternis romantique qui fait si rai'ement défaut aux sujets dramatiques. Pour une société dans la vie commune, où se rencontre ce contraste des caractères aussi prononcé que le désiré l'auteur comique, il s'en trouvera mille où ces caractères ne sont que différents \ »
Cependant Lessing voit plus juste que Diderot. Il fait une réserve qui corrige ce que l'opinion qu'il vient d'approuver a de trop absolu.
« Il est certain aussi que les caractères qui dans un milieu paisible ne paraissent que différer entre eux, se mettent d'eux-mêmes en opposition, du moment que des intérêts contraires les mettent aux prises. Bien plus, il est natui'el alors qu'ils s'efforcent de paraître encore plus éloignés les uns des autres qu'ils ne le sont en réalité. L'homme vif sera feu et flamme contre celui dont la conduite lui paraîtra tiède ; et le tiède deviendra froid comme glace, pour laisser l'autre commettre toutes les imprudences dont il pourra tirer avantage. »
Lessing est dans le vrai, et, sans le vouloir, il défend ici Molière et le Misanthrope contre ceux qui trouvent