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Poétique, cli. IX

Âristote cependant ne fait ici nulle différence entre Tune et l'autre. Ce qu'il dit s'applique à la tragédie aussi bien qu'à la comédie, et même à l'épopée, à la poésie en général. « Pour la comédie, la chose est visible, car depuis que les poètes ont imaginé l'action selon la vraisemblance, ils donnent de la sorte aux personnages des noms de fantaisie, et n'imitent pas les poètes îambiques, qui ne s'attachent qu'aux individus. Quant à la tragédie, on s'en tient aux noms historiques, par la raison que ce qui est possible est digne de fol, et que noiis ne croyons pas possible ce qui n'est jamais arrivé, tandis que ce qui est arrivé, évidemment doit être possible, autrement cela ne serait pas arrivé *. »

La généralité des cai*actères, qui est Je propre de la poésie, s'impose donc également i la tragédie et à la comédie. Mais comme il s'agit de défendre la tragédie contre Diderot, Lessing développe et précise, de ce côté, la pensée d'Âristote, en l'appliquant à des exemples connus*.

« Ainsi, dit-il, dans les i^ué^5 d'Aristophane, Socrate ne représente, ne doit pas représenter l'individu de ce nom, mais bien le type d'une sagesse trompeuse et dangereuse, à qui on a donné le nom de Socrate, parce que Socrate était déjà connu comme un trompeur et un corrupteur, et qu'on voulait le faire mieux connaître encore comme tel. Voilà aussi pourquoi c'est l'idée seule du caractère que nous associons habituellement

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