‹ LessingChapitre 147 sur 233 · Poétique, ch. IX · texte numérisé non relu

Poétique, ch. IX

8. Lessing s'étend aussi longuement sur la question das noms dans la comédie antique et rejette la traduction insuffisante que Dacier et après lui Curlius ont donnée de ce passage d*Aristote. Dramaturgif, n« 89.

CRITIQUE DRAMATIQUB. 417

aux noms de Régiilus, de Caton, de Bi-utus, qui a déterminé le poète tragique à leur donner ces noms; non pas pour renouveler la mémoire de ces hommes, non pas pour nous faire connaître les circonstances réelles de leur vie, mais pour nous entretenir de circonstances qui peuvent se rencontrer dans la vie d'hommes d'un caractère semblable au leur'. »

S'il est vrai que la comédie, comme le prétend Diderot, sans cette généralité des caractères, retomberait jusqu'à la satire, Lessing, àson tour, affirme que la tragédie, sans cette généralité, retomberait jusqu'à l'histoire.

Donc, la distinction établie par Diderot entre la tragédie et la comédie n'existe pas, ou bien Diderot a entendu par généralité autre chose qu'Âristote. Lessing fait cette réserve pour ménager une retraite à son maître, qui n'aurait alors tort qu'en apparence. Il lui coûte de le mettre en contradiction avec Aristote, après l'avoir placé presque au même rang que lui. Et pourquoi Diderot n'aurait-il pas contredit Aristote en apparence seulement, et ne serait-il pas, au fond, d'accord avec

lui?

Un critique anglais très distingué, dont Lessing fait grand cas et qu'il cite au long, Hurd *, s'exprime comme Diderot, au sujet des caractères comiques et tragiques. Il paraît, lui aussi, contredire Aristote, mais, au fond, il se rencontre avec lui ; il éclaircit, il précise même la pensée d' Aristote. Dans une dissertation sur les diffé-

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