I. Dramaturgie, n
t. Cullo (lisproporlioD so remnniiio surtout dans la deriiicre partie de In Dramaturgie.
d'œuYre, et sans préjudice de la critique très approfondie qu'il fera de Rodogune, prend la défense des dQux poètes contre Voltaire , en ce qui concerne la fidélité historique.
Thomas Corneille, au dire de Voltaire, a faussé l'histoire en nous montrant la reine Elisabeth amoureuse du comte Essex, car à Tépoque où se passe Tévénement qui fait le sujet de la pièce (le jugement et l'exécution de l'ancien favori de la reine), celle-ci ëtait âgée de soizanle-huit ans, et qu'il serait ridicule de supposer que l'amour ait pu être pour quelque chose dans cette catastrophe. « £t pourquoi ridicule, répond Lessing? Le ridicule est-il donc chose invraisemblable ? L'histoire d'ailleurs atteste que cette reine avait le désir de plaire, d'être aimée ] qu'elle ét^iit flattée qu'on louât sa beauté et ses charmes. Thomas Corneille avait pleinement le droit de lui attribuer lafaiblesse amoureuse, qui met aux prises dans une lutte si intéressante, la femme au cœur tendre et la reine à l'âme flère \ »
Autre reproche de Voltaire : le comte Essex n'a pas accompli en réaUté les actes d'héi*oïsme dont il se vante. Mais si Essex n'a pas été en réalité, et n'a pas fait tout« ce qu'il se vantait d'avoir été et d'avoir fait ; s'il n'a pas été le héros pour lequel il se donne, il croyait du moins rétre'. Cette prétention, cette illusion de son orgueil est attestée par des témoignages contemporains. Le poète l'a donc dépeint fidèlement, il en a fait, en tout cas, un portrait psychologiquement vrai.
Les mêmes raisons peuvent être données en faveur de la Rodogune du grand Corneille. Lessing la défend.