‹ LessingChapitre 156 sur 233 · Voy. TavaDt-propos de Rodogune · texte numérisé non relu

Voy. TavaDt-propos de Rodogune

s. Dramaturgie, n^ 29.

s. Chapitre VIII, tragédie française : Corneille et Aristote.

moder aux conditions de la scène, aux exigences de Toptique et de la perspective théâtrales. Le théâtre n'est pas destiné à enseigner Thîstoire; à conserver et à célébrer le souvenir des grands hommes, ou d'en abuser, pour entretenir l'orgueil national. Le théârre n'est pas rhistoire mise en dialogue. Au théâtre nous voulons apprendre non pas ce qu'a fait tel ou tel individu, mais ce que chaque homme d'un caractère donné fera dans telles circonstances déterminées *.

« L'histoire pour la tragédie u'est qu'un répertoire de noms avec lesquels nous avons coutume d'associer certains caractères. Le poète trouve-t-il dans l'histoire plusieurs circonstances commodes, pour orner, pour individiutliser son sujet ; c'est bien; qu'il s'en serve ; seulement je ne veux pas qu'on lui en fasse un mérite, pas plus que, dans le cas contraire, on ne lui en fasse un crime.

« Combien de gens en définitive savent ce qui s'est passé. Si nous ne voulons admettre qu'une chose est possible par cette seule raison qu'elle est arrivée, qui nous empêche de considérer unehistoire inventée, comme ime histoire réelle dont nous n'aurions pas entendu parler? Ce qui nous fait croire à la réalité d'un événement, c'est sa vraisemblance intrinsèque. Si nous trouvons cette vraisemblance dans une histoire inventée, il importe peu que cette histoire vraisemblable n'ait été garantie par aucun témoignage, ou qu'elle le soit par des témoignages qui ne seraient pas parvenus jusqu'à nous. » Ce n'est donc pas pour eux-mêmes que les faits intéressent le poète. Les faits n'ont de valeur à ses yeux que parce qu'ils servent à mettre en lumière les carac-

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