Voy. ch. !•'. LoaslQg, Critique littéraire
CRITIQUE DRA.MATIOUE. 441
est pavtictiliàremeiit acrimonieuse et agressive. Son humeur batailleuse trouve ici un terrain favorable.
Ou sait d'ailleurs, et Lessing Tavoue, qu« pour trouver et développer ses idées sur une question quelconque, il a besoin d'un adversaire à combattre et à réfuter. La contradiction Tezcite, le met en verve ; le choc d'i^ie idée fausse ou discutable fait jaillir ses propres idées. Il adopte pour sa devise et sa règl& de critique, l'aphorisme attribué à Lactance : « Reconnaître le faux est le premier degré de la sagesse. » Il cherche donc quelqu'un avec qui il puisse discuter et) de son propre aveu, « il choisit de préférence les auteurs français, et particulièrement M. de Voltaire ' » . Voltaire est sa tête de Turc, le dynamomètre siu* lequel il exerce et mesure sa vigueur dialectique. Partout où l'occasion s'en présente, et si elle ne se présente pas, il sait la trouver, il signale et réfute avec un malin plaisir les errem*s historiques, les jugements contestables de Voltaire, en mêlant à ses critiques d'ironiques compliments', Il loue des auteurs qui ne lui sont pas particulièrement sympathiques, des auteurs français, quand ce ne sei*ait que pour avoir l'oc* casion jie critiquer Voltaire.
Ainsi pour ne citer que quelques exemples, il prend contre lui la défense de Molière q% de V École de femmes, mal jugée par V9I taire. Il prend parti pour Thomas Corneille et s^ médiocre tragédie i'Essex, à laquelle Voltaire reproche plusiem*s inexactitudes historiques et chronologiques. Lessing prouve que ces inexactitudes
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8. « J*ai tant de plaisir à cltor les jugements de M. de Voltaire. Il y « toujours profil à en tirer, même des plus insignifiants, sinon toujours do ce qu'il dit, mais du moins de ce qu'il aurait dû dire. » (N« 70.)