Voy. chapitre II
LBssuro.
34 LEaSlNG.
raire, maïs tout aussi intimes comme amitié, qu'avec ' Nicolal et Mendelssohn, ont été les rapports de Lessing avec Gleim, chef du groupe des anacréontiques de Halle. Poète facile et fécond dans les genres secondaires, Gleim doit sa réputation moins à ses fables et à ses chansons légères, qu'à ses Ctianls d'un grenadier pnuiietx, plus patriotiques que poétiques, mais fort populaires de 80D temps. Ils ont été publiés par les soius de Lessing, et hautement vantés par lui, à part certaines réserves sur la véhémence exagérée de la haine du Grenadier contre les ennemis de la Prusse'. Mais le vrai et dnrable mérite de Gleim, c'est l'infatigable sollicitude témoignée par lui aux jeunes auteurs, qu'il encourageait, protégeait, hébergeait, aidait de toutes les façons. En dehors de ce cercle, Lessing est en relation plus ou moins directe et fréquente avec plusieurs notabilités du monde littéraire et artistique de Berlin: Sulzer, l'esthéticien encore attaché aux théories alors déjà surannées des Suisses, ses compatriotes'} le graveur MeU, le flûtiste Grandt, les compositeurs Agricola et Marpurg, auquel Lessing a adi'easé une épttre en vers sur la poésie et la musique. A défaut de salons, que Berlin pas plus qu'aucune ville d'Allemagne ne possédait alors, les honmies de lettres, les philosophes, trouvaient un centre de réunion dans une société hebdoma-
I. Leltre i Oletm, décembra lias. Il e'agll d'un chanl Mmposd spràs 1> Tieloira de Zonidotr.
t. A propos do son ojvrage principal: Th«orl« der tcAdiM KûiuU, Gœllie, dans les Frantfiirter gtlelirte Amtijen, dit: • Co «ont les improsaioDi d'uQ homme qui a loyagâ daas le pajrs de l'trt, malt qui n'jest pas né, o'f a pet éié dlevt, o'y a pai viScu, n'y a ni joui □! souf- Tcil, qui a donné aet obeerrallona mais pia d'expértencea peraon-
daire, le Club du Lundi {Montagsklub)^ qui s'intitulait aussi la Société Aes rieurs {Die lachendeGesellschaft)^ fondée en 1748 et dont Nicolaï était le président et Lessing im des membres assidus \ Toutefois, dans ce Berlin si riche déjà en philosophes, en littérateurs, en critiques, une chose faisait défaut à Lessing : le théâtre. Le Roi ne protégeait que la comédie française et Topera. Aucune des troupes qui sillonnaient aloi*s TAUemagne en tous sens n'avait pu se fixer à Berlin, et c'est à Francfort-sur-l'Oder qu'avait été représentée la première œuvre dramatique importante de Lessing : Miss Sara Sampson. La seule ville qui offrait de sérieuses ressources dramatiques, c'était Leipzig. La Neuber n'y était plus. Mais elle avait trouvé dans un des meilleurs acteurs de sa troupe, dans Koch, un intelligent successeur.
Lessing, poussé aussi, je pense, pai: ce besoin de changement et de renouvellement qui le tourmentait périodiquement, se décide à quitter Berlin pour Leipzig (octobre 1755), d'où il était parti sept ans auparavant presque à la dérobée, en étudiant endetté et insolvable.
A Leipzig, où il retrouve son ancien ami et compagnon d'armes littéraires, Ghr. F. Weisse, en passe de devenir un des fournisseurs les plus féconds de la scène allemande, Lessing continue dans ce milieu plus favorable, ses études et ses expériences dramatiques' . Mais voici qu'une proposition bien tentante pour une nature mobile, amoureuse du changement comme l'était la sienne, vint le surprendre et l'arracher à ses occupations